‹ Contribution a L'étude des Hémoglobinuries du PaludismeChapitre 9 sur 14 · À, QE · texte numérisé non relu

À, QE

Rapatrié en décembre 1917, il continue, mème une fois rentré en France, à Nice, sa série d'accès du même type, à raison de un, tous les huit ou quinze jours. En février 1918, on en observe un, avec hémoglobinurie franche. Comme cet accès n'a pas différé des précédents, il est légitime de penser que tous ont dû Fac haener au moins d'hémoglobinémie légère.

La série des accès continue sur le même rythme ; mais c’est seulement à la fin de février 1918 que nous commençons à

observer le malade.Il a des accès de fièvre à peu près hebdomadaires avec poussée de subictère sans hémoglobinurie (l’hémoglobinémie n'a pas été recherchée à ce moment).

Dans l'intervalle des accès, le foie, la rate sont légèrement augmentés de volume et l'on perçoit au sommet gauche des signes de bronchite difluse et des frottements à la base du même poumon.

Le dernier accès a débuté le 1°" mai. Dans l'après-midi la température monte à 4o degrés, le malade n'est pas encore jaune, il a un teint terreux ; son foie est un peu plus gros, douloureux, sa rate augmente brusquement de volume jusqu'à déborder les côtes de 8 centimètres.

Le 2 mai, la température retournée le matin au voisinage de la normale, remonte dans l'après-midi.

L'ictère apparait, avec douleur précordiale, et vomissements. Le malade n'urine pas de la journée, eten le sondant vers le soir, on lui retire 6o centimètres cubes d'urines rouges, chargées d'hémoglobine.

Le 3 mai, il reste hypothermique toute la journée à 36°6. On ne peut lui retirer r d 25 centimètres cubes d'urine par

cathétérisme. Il est agité, anxieux, la respiration prend le

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= rss 20 —— type de Cheyne-Stokes ; il y a diarrhée persistante, abondante, des selles claires, bilieuses, sans odeur. Le foie est

moins gros.

Les deux jours suivants la température tombe à 35°3, les urines restent aussi peu abondantes, et le malade meurt

avant la fin du cinquième jour de sa poussée.

Pendant cet ultime accès, la température a présenté un aspect particulier, elle est montée à 40 degrés les après-midi des deux premiers jours. Puis à partir du troisième jour, elle est devenue franchement et progressivement hypothermique

jusqu’à la mort.

Les hématozoaires du sang ont subi une évolution parallèle ; nous les avons suivis sur des lames prises quatre fois par jour. Extrêmement nombreux et d’aspects les plus variés (sans sortir du cycle du Plasmodium Vivax) pendant les quarante-huit premières heures,ils ont complètement disparu dès le matin du troisième jour. Ils paraissent avoir disparu non seulement de la circulation, mais aussi de l'organisme tout entier, car on n’en trouve pas à l’autopsie, sur des frottis multiples de rate, et de moelle osseuse. Nous n'avons rencontré en tout et pour tout qu'un petit schizonte sur un frottis de foie. On peut se demander s’ils n’ont pas été victimes du processus d'histolyse auquel ont succombé, d’après nos

numérations, 50 p. 100 des globules rouges du sang.

Notre malade est mort, semble-t-il, d'anurie et d’urémie. La veille de sa mort, son taux d'urée sanguine était de 6 gr. 57 après avoir passé par les chiffres de 2 gr. 60 et 4 grammes. Sans doute on a pu lui retirer quelques centimètres cubes

d'urine par cathétérisme urétral, mais pratiquement il est

resté anurique malgré de copieuses injections de sérum adrénaliné. ;

Un certain nombre des symptômes qu'il a présentés appartiennent à la série urémique : les vomissements et la diarrhée, les sueurs protuses, la céphalée, l’agitation et l'angoisse, le rythme respiratoire de Cheyne-Stokes. Il a gardé presque

jusqu'au dernier moment sa pleine connaissance.

Son anurie rappelle assez les anuries d’origine mécanique, en fait elle y est nettement rattachable, car sur les coupes histologiques du rein, les glomérules se montrent absolument normaux, les tubes sont très bien conservés et ne présentent d'autres lésions qu'un peu de dilatation de leur lumière et la présence d'un peu de pigment ferrugineux dans les cellules pariétales.

L'oblitération porte sur les tubes de Bellini qui sont tous oblitérés par des blocs ocreux, ne donnant pas les réactions du fer ; il s’agit probablement de dérivés peu solubles de l’'hémoglobine. On en avait une idée par l'examen de l'urine vésicale, très chargée en hémoglobine et déposant rapidement une substance rougeûtre distincte de l'acide urique et des urates, probablement elle aussi dérivé hémoglobinique

peu soluble.

Le liquide contenu dans la vessie ne portait pas de traces de l'action rénale, en ce sens que les éléments autres que l’hémoglobine s’y trouvaient à très faible concentration. Si l'on réfléchit que pendant Les derniers jours l’urée du sang était au taux de 4 à 6 grammes, que les selles en éliminaient à la concentration d'environ 2 gr. 30, et que dans l'urine, urée et chlorures se sont maintenus à une concentration de

2 à 4 grammes, on voit que l'urine ne contenait guère plus

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le d'éléments salins que les selles, qu’elle en contenait moins que le sang, et qu'elle a été éliminée, non pas après que le rein eut agi en concentrant ses éléments, mais comme si elle avait filtré péniblement à travers une membrane à peine

perméable, comme elle l’a fait à travers la paroi intestinale.

L'étude des modifications sanguines a donné dans ce cas les résultats suivants :

Hémoglobinémie intense au début, qui a baissé ultérieurement d'une manière appréciable. L'origine de cette hémoglobinémie est une hémolyse massive comme l'out montré les numérations sanguines.

Le sang ne contenait ni auto, ni isolysines.

La résistance globulaire aux solutions salines à donné des résultats paradoxaux. L’hémolyse se faisait entre 0,34 et 0,28 pour 100. Elle était donc augmentée vis-à-vis des solutions salines.

Mais avec des sérums hémolytiques il fallait environ huit fois moins d’hémolysine, pour hémolyser les globules rouges de ce malade, que pour une quantité égale de globules rouges de trois sujets normaux qui avaient été pris comme témoins.

En résumé l’étude des modifications sanguines a montré que l’on se trouvait en présence d’un processus hémolytique brutal, aboutissant à une hémoglobinémie précoce,bientôt suivie d’hémoglobiuurie ; on observe une baisse marquée des globules rouges. Dans le sang persistent des hématies résistantes et seul l'examen de la résistance globulaire pratiqué avec des sérums hémolyliques spécifiques a donné à

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