‹ Contribution à l'Étude des Hémorragies digestives sans lésion apparente et, plus particulièrement, d'origine hypertensiveChapitre 20 sur 22 · LA NEUE · texte numérisé non relu

LA NEUE

fortement convexe, sans qu’on puisse parler d’anévrysme proprement dit.

Le malade est mis au régime hydrique et subit une grande purgation à l’eau-de-vie allemande. C'est à ce moment-là que nous constatons par nousmêmes une hémorragie intestinale de sang rouge liquide.

Le lendemain de cette purgation, le 28 septembre, nous faisons un toucher rectal, qui ne décèle rien d’anormal, mais il ne semble pas y avoir non plus d’hémorroïdes pouvant être incriminées dans l’'étiologie des melaenas. Une rectoscopie pratiquée le 2 octobre montre une muqueuse rectale absolument normale. Les résultats de l'examen radiologique du tube digestif restent également négatifs. L'estomac se montre hypertonique, mais sans aucune irrégularité du contour et s’évacuant bien. Il en est de même du côlon exploré par lavement baryté.

D'ailleurs le malade n’accuse aucun trouble digestif et son appétit est bon ; il se plaint même de la sévérité du régime et voudrait manger de la viande.

À la suite du repos et du régime, sa tension a baissé jusqu'à 23-16 ; maïs le 11 octobre, à la suite d’une poussée hypertensive brutale (28-20), il fait un ictus qui le plonge dans un coma profond. Il

meurt le lendemain au milieu de signes d'hémorragie cérébrale.

— L'autopsie pratiquée le 13 octobre est faite aussi complètement que possible. Nous n'insistons pas sur les lésions cérébrales, confirmant lc diagnostic d’hémorragie cérébrale. L’aorte est dure, dilatée, parsemée de plaques athéromateuses (aorte pavée). La plupart des artères périphériquse sont le siège de scléroses étendues. L’autopsie du tube digestif ne montre aucune ulcération gastrique ni intestinale. Pas de cancer. Pas de varices et pas d’hémorroïdes.

Tout ce qu’on peut trouver ce sont des artères mésentériques dures, dont les dernières ramifications sont entourées d’une gangue de périartérite scléreuse. Ces lésions sont les plus marquées à la fin du grêle et au niveau du cæcum.

L'examen histologique des pièces prélevées à tériolaires. Certains de ces vaisseaux paraissent mêtérillaires. Certains de ces vaisseaux paraissent même atteints de lésions oblitérantes. Au niveau des territoires auxquels aboutissent ces vaisseaux thrombosés, on a l'impression de cicatrices, avec hyperplasie fibreuse de la muqueuse et de la sous-muqueuse.

OBsERvATION N° 9

(Service de M. le Professeur Pozzi, Hôtel-Dieu de Reims)

Hémorragies intestinales abondantes avec hypertension artérielle, insuffisance véntriculaire gauche et claudication intermittente.

M. Dum..…., âgé de 55 ans, est hospitalisé à l’asile des vieillards de Saint-Marcou. Il vient consulter de temps en temps pour faire prendre sa tension artérielle. Il s’agit d’un malade qu’on connaît bien et qu'on suit depuis des années. Il présente depuis 6 ans, üne hypertension oscillant entre 19 et 22 pour le maxima et 14 et 12 pour le minima. Il a des accidents marqués d'insuffisance ventriculaire gauche : œdèmes pulmonaires subaigus, crises angineuses. Depuis un an environ ont apparu des phénomènes de claudications intermittente des membres inférieurs, survenant parfois en même temps qu'une angine de poitrine d'effort. La crainte de ces accidents l’a condamné à un repos à peu près complet et l’a déterminé, malgré son âge peu avancé, à entrer dans cet asile.

On n’a jamais trouvé chez ce malade ni de

Dern ee

syphilis, ni d'azotémie. Traces d’albumine dans les urines, pas de sucre.

La première hémorragie intestinale abondante apparaît en mars 1911, 8 ans après le début de sa maladie hypertensive. Le malade n’a pas éprouvé de douleurs, mais quelques coliques légères suivies d’un soulagement qu’il compare à ce qu'il éprouve après une saignée. Quelques minutes après, il va à la selle et évacue une assez grande quantité de sang rouge mélangé à des matières.

Nous l’avons vu à la suite d’une hémorragie assez abondante, ayant \déterminé une baisse de tension à 17-12. L’abdomen est légèrement douloureux, mais sans aucune contracture. Il n'existe d’ailleurs aucun trouble digestif. Foie un peu gros.

Sa formule sanguine examinée peu après l’hémorragie montrait une anémie à 3.000.000, mais la régénération fut rapide.

Jamais l'examen radiologique, endoscopique et clinique du tube digestif n’a pu montrer une affection gastrique ou intestinale.

Le malade à vécu encore trois ans après sa première hémorragie intestinale. Pendant cette période il aurait eu une dizaine d’accidents analogues, avec perles de sang abondantes, mais qui a été

presque saluée par le malade comme un événement favorable.

il est mort en Juillet 1914, à la suite d’un œdème aigu foudroyant : il n’avait pas eu d’hémorragie intestinale depuis plus de trois mois.

L’autopsie du tube digestif est resté absolument négatif, à part des lésions artérielles scléreuses avec périartérite et thrombose de quelques artérioles de l’angle sous-hépatique.

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