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CHAPITRE ESSVI ET

Traitement

Le traitement découle de l'étude anatomique des diverses formes d'hémorrhagies méningées et des conditions étiologiques propres à chacune d'elles. Il est en effet évident que la médication doit être différente, selon qu'il s'agit de la pachyméningite ou de i’hémorrhagie pie-mérienne. Dans le premier cas, le but à obtenir est l’arrêt de développement et la résorption des fausses membranes ; dans le second, l’'épanchement sanguin est le seul phénomène à combattre. « Poursuivre le traitement curatif de la pachyméningite, disent MM. Charcot et Vulpian, ce sera instituer du même coup le traitement prophylactique de l'hémorrhagie méningée intra-arachnoïdienne. » On peut dire également, traiter l’artério-sclérose, le brightisme, la syphilis c'est prévenir l’hémorrhagie sous-arachnoïdienne. Un point important est donc la conna ssance des

AUTRE causes susceptibles d'amener une hémorrhagie méningée. Suivant le cas. on emploiera alors l'acide salicylique, l’antipyrine, l’iodure de potassium, le mercure, la liqueur de Fowler, les diurétiques, les alcalins, la suppression, des liqueurs alcooliques, etc.

Mais une notion non moins importante que la connaissance des causes est l'appréciation du degré d'évolution plus ou moins avancée de la lésion méningée. L'action thérapeutique a pu être plus ou moins efficace pendant un certain temps ; mais vient un moment où Ja congestion et la fluxion encéphaliques ayant augmenté, de nouvelles indications surgissent ; il faut alors avoir recours aux révulsifs, aux dérivatifs, aux émissions sanguines locales, etc.

Enfin l’hémorrhagie s’est produite, donnant lie: à un épanchement quicomprime le cerveau. Tout l’art du médecin est impuissant. Son rôle ne consiste plus qu'à soutenir l’état général du malade. Mais c'est maintenant que peut devenir nécessaire l'intervention du chirurgien. Les effets morbides résultant de la présence d’une sorte de corps étranger dans l’encéphale ne peuvent plus être palliés. Il faut recourir à la trépanation. On comprend que celle-ci ne puisse être pratiquée que lorsqu'on a diagnostiqué exactement le siège de la lésion. Aussi les cas où une pareille intervention a été tentée ne sont-ils pas trop nombreux. Is 5e comptent surtout dans les formes de méningorrhagies sous-osseuses d’origine traumatique dont le diagnostic est en général plus facile. Nous rapportons une observation de M. Boïinet dans la-

Tee

quelle latrépanation fut pratiquée parle Dr Pluyette; le caillot fut en partie enlevé mais on ne pût découvrir le point de départ de l'hémorrhagie. Ransohoff en présence de la rupture de la méningée moyenne a trépané le temporal, évacué le foyer sanguin et lié sans succès la carotide primitive. La même opération a été aussi pratiqnée par Bentlee, Alexander, et Gaingee. Malgré qu’elle n’ait pas donné jusqu'ici de grands résultats, il est indiscutable que cette opération est absolument légitime surtout sil'on considère les résultats fournis par l’abstention.

La trépanation a été aussi pratiquée quelquefois dans les pachyméningites et dans les hémorrhagies sous-arachnoïdiennes en particulier par Armstrong, Krænlein, Golding-Bird, Grainger-Stewart, etc. I] ne paraît pas douteux que les résultats qu’elle a fournis soient de beaucoup supérieurs à ceux que procure la simple expectation. D'ailleurs il n’est pas toujours nécessaire d'évacuer complètement le caillot et les fausses membranes. La chose serait presque toujours impossible, soit que la pachyméningite ait une étendue trop considérable, soit que l’hémorrhagie se soit faite en nappe et sans limites précises. Mais la trépanation et la simpleincision de la dure-mère suffisent, quand on ne peut faire plus, à diminuer la tension intra-crânienne et à améliorer l’état du malade. Weismann a rapporté en 1882-1885 dans la Deutsch. Zeit. f. Chirurg. une statistique basée sur 257 cas de trépanations faites dans des circonstancesdiverses, et d’après laquelle l’intervention aurait donné 67 p. o/o de succès, tandis que l’expectation aurait été

crue suivie d’une mortalité de 900/0. Ces chiffres sont encourageants. Ils le seront encore davantage lorsqu’on saura mieux établir le diagnostic de la lésion et de son siège et que la chirurgie intra-crânienne

aura fait plus de progres.

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