‹ Contribution à l'étude des Hémorrhagies MéningéesChapitre 7 sur 28 · LU TRE · texte numérisé non relu

LU TRE

il en est d’autres, plus simples, dont l'étude peut permettre d'arriver à la solution du problème. C'est cette étude que nous allons entreprendre.

1° Période prodromique. — Et d'abord le médecin n’a-t-il à intervenir que lorsque le mal est déjà fait? Lui est-il impossible de le prévoir? En un mot, avant même que l’hémorrhagie soit produite, nest il pas des signes qui permettent de reconnaître Île danger plus ou moins imminent?

Lorsque l'épanchement sanguin est dû à une altération vasculaire, il se manifeste brusquement et sans que rien ait pu l'annoncer. De même qu'une digue peu à peu minée et fissurée n'occasionne de dégâts que le jour où elle vient à se rompre sous l'effort des eaux, de même le vaisseau sanguin rendu moins résistant par l'anévrysme ou la dégénérescence ne laisse rien prévoir jusqu'au moment où il se brise pour donner l’épanchement. On a bien noté, dans quelques cas, des signes de compression des nerfs crâniens par l'anévrysme, de la céphalée, des fourmillements, des troubles respiratoires, de la somnolence, mais ces faits sont trop exceptionnels et trop insignifiants pour mériter l'attention.

Il n’en est pas de même dans les cas où l'hémorrhagie est due à la pachyméningite. L’hématome a été précédé de la formation des néo-membranes, qui lorsqu'elles arrivent à un degré de développement suffisant se manifestent par des signes particuliers. Ce sont ces signes qui constituent les prodromes de l'hémorrhagie. Ils s'observent assez fréquemment

RTE et quelquefois assez longtemps avant la crise finale. C'est ainsi que, pendant des mois, les malades se plaignent de malaises. d'étourdissements, de céphalaloie. Ils ont la migraine, 118$ Sont apités, et ne dorment plus la nuit. Leur mémoire et leur intelligence s'affaiblissent graduellement. Plus tard, leur démarche devient hésitante par suite de la faiblesse musculaire plus marquée dans les membres inférieurs. [ls éprouvent de la difficulté pour parler. Leur caractère change quelquefois; ils sont acariâtres et taciturnes. L’agitation fait place à la somnolence et à l’apathie. Ils sont sujets à des vertiges suivis d'obnubilation et de paralysies incomplètes et passagères.

Ce tableau est rarement reproduit au complet, on n'en trouve d'ordinaire que des ébauches. Tous les signes qui le composent n'ont d’ailleurs pas la même importance. La plupart sont dus aux altérations du cerveau plutôt qu'aux lésions des méninges. Ils sont aussi beaucoup plus fréquents les uns que les autres. Dans les cinq observations de pachyméningite que nous publions, les vertiges sont notés trois fois, la céphalalgie trois fois, la faiblesse musculaire deux fois, les troubles psychiques deux fois, les troubles de la parole une fois. Quant aux convulsions caractérisées par des accès très courts, se succédant rapidement sous forme de contractures plutôt que de convulsions cloniques n'intéressant jamais les globes oculaires et siégeant dans un membre ou dans un côté du corps, dont Voisin (Bull. de la Soc. de biologie, 1851) a voulu faire un desprinci-

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