V.…, 51 ans
Antécédents en 1936. À la suite d’un violent traumatisme, enfoncement cotyloïdien droit avec fracture du bassin.
La guérison est obtenue sans séquelles importantes. Pas de radio digestive pratiquée à cette époque.
12-51 : Nouveau traumatisme grave avec enfoncement cotyloïdien gauche cette fois-ci et de plus fracture du bassin et fracture de côte.
Depuis cette époque, le malade a de la peine à respirer surtout en iñspiration et expiration forcée. Il présente de la dyspnée d’effort. Loré$qu’il s'alimente, sensation de ballonnement et de plénitude gastrique qui lui font écourter ses repas.
Numération globulaire.
PÉTER LaCie;
prothrombine : 76 %.
Radio : hernie diaphragmatique gauche très probablement d’origine traumatique.
26-9-52 : Intervention (MicHAUD) : thoracotomie par résection de la 7° côte gauche.
On trouve dans le thorax la totalité de l'estomac, la rate, le colon transvers et le tablier épiploïque, une grosse masse d’anses grêles, ainsi que l'extrémité du lobe gauche du foie.
Les adhérences viscérales au péricarde et poumon sont de libération très facile. Le diaphragme présente une brèche antéro-postérieure considérable allant du bord costale antéro-latéral en avant jusqu’au niveau du hiatus en arrière; il ne reste de celui-ci qu’une petite bande fibro-musculaire autour de l’œsophage.
Au prime abord, on a l'impression d’une véritable perte de substance de la presque totalité de la coupole diaphragmatique.
C’est qu’en réalité, les deux valves de cette brèche sont rabattues l’une à gauche contre la plèvre pariétale, l’autre à droite contre le péricarde, Ces deux valves sont intimément fusionnées avec ces éléments. On les clive sans trop de peine. La dissection du diaphragme au contact du hiatus et de la face postérieure du lobe gauche du foie en- ‘traîne une hémorragie veineuse importante; son hémostase est difficile. Pensant d’abord qu’il s’agit d’une plaie latérale de la veine cave, on s’efforce d’en faire la suture latérale; il s’agit en réalité d’une grosse veine diaphragmatique inférieure.
Les viscères sont refoulés en masse dans l'abdomen où ils sont maintenus par un petit champ.
Sutures diaphragmatiques d’arrière en avant par des points séparés très rapprochés au gros nylon tressé. On arrive à affronter très correctement les deux lambeaux diaphragmatiques jusqu’au contact de la paroi thoracique antérieure.
Fermeture du thorax, drain dans le 10° espace.
Petite laparotomie sus-ombilicale pour vérifier que tous les viscères refoulés sont en bonne position.
J... Henri, 85 ans.
3-7-52 : Entre à l'hôpital parce qu’il tousse beaucoup, a maigri et éprouve une grande lassitude.
Antécédents : En 1947, accident à Saïgon où il se trouve pris entre deux automobiles : fracture d’une vertèbre de la colonne lombaire.
Six mois plus tard alors qu’il venait à peine de sortir d’une gouttière plâtrée dans laquelle il avait été placé, nouvel accident de voiture avec fractures de côtes multiples et paraît-il, lésions pulmonaires concomittantes.
Appartenant à la Marine, il rentre à l’hôpital militaire de Toulon. Une pleurésie purulente est drainée chirurgicalement et guérie dans de | bonnes conditions. Depuis cette époque, état général moyen, toux persistante, expectoration légère. |
3-7-52 : Il entre à l’hôpital en raison de cette toux persistante, de cet amaigrissement. A la radio, on pense alors qu’il existe une atélectasie du lobe inférieur droit. Quelle en est son origine ? Une bronchoscopie, une biopsie, une ponction n’apporte aucun indice étiologique. Pensant à une néo-formation responsable de cette atélectasie, on décide une exploration chirurgicale.
17-7-52 : Intervention (Dr SOoURNIA) : thoracotomie réséquant la 6° côte droite; plèvre symphysée. Celle-ci ouverte, on découvre une masse dense, violacée que l’on prend tout d’abord pour une atélectasie du lobe inférieur droit. Mais à la dissection, on a la surprise de constater qu’il s’agit de tissu hépatique. Libération du foie, du poumon;
ponction du foie qui ne ramène pas de liquide ni d'éléments suspects d'infection microbienne ou amibienne. On retrouve les éléments d’une déchirure diaphragmatique, on parvient à refaire une cloison qui paraît solide. Drain dans le 10° espace. Il s’agit donc là d’une hernie diaphragmatique droite à contenu hépatique causée par son second accident,
Dans les suites opératoires, le malade a fait une complication pulmonaire à type d’atélectasie vraie cette fois du lobe inférieur droit.
Progressivement, les signes généraux et locaux se sont amendés et il sort du service en parfait état clinique et radiologique.