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En 1843 il fut présenté par Roustan à la Société anatomique l’observation de l’autopsie d’un homme présentant une hernie iutra-pectinéale. Cette hernie diffère complètement des précédentes qui sont toutes chez la femme ; celle-ci se rencontre chez un homme de quatre-vingt-trois ans ; les autres pénètrent sous les vaisseaux fémoraux dans le canal crural ; mais celle-ci prenant la place du ligament de Gimbernat détruit par une première opération de hernie crirale pénètre, dit Roustan, sous l’aponévrose pec-: tinéale détachée du ligament de Cooper. Cette hernie présentait deux sacs : un sac pectinéal très long de 7 centimètres environ, renfermant de l’épiploon et un sac crural. Nous avons là une hernie bien differente de la hernie de Cloquet. D’abord elle est située très en dedans des vaisseaux fémoraux et ne pénètre pas comme la précédente dans le canal crural, elle ne sort pas non plus par l’anneau crural mais tient la place du ligament de Gimbernat. Nous sommes en droit de penser que cette hernie n’a point passé par une éraillure de l'aponévrose mais par un orifice aponévrotique tel que nous en avons observé un sur le bord de la crête pectinéale,nous ne pouvons cependant rien affirmer à ce sujet.
Dans son traité d'anatomie médico-chirurgicale en 1857 Richet en expliquant le mécanisme des hernies crurales disait ce qui suit :
« Une fois installé dans la loge infundibuliftorme qu'il s’est créée, et qui ressemble assez bien à la
cavité d’un dé à coudre, l'intestin fait effort sur toutes
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les parois à la fois ; et si la force qui tend à le chasser au dehors est supérieure à la résistance de l’une d’elles, il sortira de l'entonnoir pour se porter dans une autre direction. Or c’est là précisément ce que lon observe et la paroi la plus faible, celle qui cède la première, c’est l’antérieure formée par la lame criblée qui tantôt se laisse déchirer, d’autre fois simplement refouler.
« On comprend cependant qu'à la rigueur ce soit la paroipostérieure qui faiblisse et j'ai disséqué une hernie crurale dans laquelle on voyait une portion de l’épiploon qui, après avoir traversé l’aponévrose pectinéale, s'était mise en rapport immédiat avec les fibres de ce muscle. »
Il était donné ainsi une explication à cette sorte de hernie. Nous verrons plus loin comment on peut l'expliquer d’une autre façon. |
En juillet de lamême année 1857, Legendre présentait à la Société de Biologie une forme de hernie crurale à travers l’aponévrose du muscle pectiné ; il l’intitulait hernie de J. Cloquet. Nous reproduisons plus loin cette observation avec les quelques détails que Legendre a donnés sur la hernie pectinéale.
Cette observation très intéressante diffère de l’observation de Cloquet, elle se rapproche plus de celle de Roustan.
Cette hernie comme celle de Roustan pénètre l’aponévrose immédiatement au-dessous de la branche transversale du pubis, elle est sous-aponévrotique :
CR
elle n’occupe pas la place du ligament de Gimbernat
comme là hernie de Roustan, mais elle passe immédiatementen dehors. Elle est sous-aponévrotique et siège au lieu même des hernies obturatrices, ce qui peut rendre le diagnostic différentiel très difficile.
L’année suivante en 1858, Legendre réunit les quatre observations de Callisen, de Cloquet, de Vidal (de Cassis) et de Richet auxquelles il ajoute la sienne et présente ces cinq observations à la Société de Biologie (1).
En 1862 Adams publie dans la Gazette des Hôpitaux l’observation d’une hernie étranglée qui avait traversé l’anneau crural en glissant en arrière et un peu en dedans dela veinefémorale dans la direction du muscle pectiné au milieu duquel la hernie s'était engagée. Cette hernie est bien celle de Cloquet mais au lieu d’être simplement sous-aponévrotique elle est intra-musculaire.
Ce fut en 1885 que Loumeau, de botenus, fit sa thèse de doctorat en médecine sur les « variétés rares de hernies crurales ». Il consacra quelques pages à la hernie de Cloquet avec les observations publiées jusqu’à ce jour.
En 1895 Alberti publie en Allemagne une observation intéressante de hernie intra-pectinéale étranglée dans laquelle en l’absence de toute tumeur siègeant au niveau des orifices herniaires on avait cru à
1. Observationsde hernies crurales à travers l’aponévrose dumuscle pectiné, hernie de J. Cloquet, Société de Biologie, Paris, 1858.
Couturier 3