ON) CH CH -CH-CH-CH-CH- (CH); - CO,H
soit C18 H30 O2, correspondant à la constitution admise par Maquenne.
Cette formule a été démontrée par des travaux ultérieurs.
Tout d’abord, en 1926, Kaufmann (23) réussit à pratiquer l'absorption de six atomes de brome sur chaque molécule d’acide B élaeostéarique. Steger et Van Loon (24), puis Bauer et Rohrbach (25)
isolèrent, par la suite, l’hexabromure formé par action du brome sur l’acide « élaeostéarique.
Boëseken, en collaboration avec Smit, Hoogland, et Van der Broek (26) réussit à pratiquer la réduction de l” x élaeostéarate d’éthyle par trois molécules d'hydrogène. Il identifia les produits intermédiaires de cette réduction, ce qui permit de confirmer la position des doubles liaisons. En outre, il montra que le dibromure de l'acide « élaeostéarique possède deux liaisons éthyléniques conjuguées et le tétrabromure, une liaison éthylénique.
Enfin, l’anomalie dans la mesure de l'indice d'iode a été expliquée par Boëseken et Gelber (27). Ces auteurs ont montré que les substances à liaisons éthyléniques conjuguées fixent les halogènes en deux phases, l’une rapide, correspondant à la saturation de une ou deux liaisons éthyléniques, selon que la substance en contient deux ou trois, l’autre lente, correspondant à la dernière liaison éthylénique. En faisant agir le chlorure d’iode (solution de Wijs) en grand excès sur les acides élaeostéariques, Boëseken et Gelber réussirent à pratiquer l’halogénation des trois doubles liaisons, après 8 Jours de contact.
Autres constituants des huiles d’aleurites fordii et montana. — La composition de l'huile d’aleurites fordii a été déterminée successivement par Nonaka (28), Kaufmann (23), Steger et Van Loon (24), Bolton et Williams (29) et celle des huiles d’aleurites fordii et montana par fordan (30).
Voici, en particulier, la composition des échantillons d’huiles examinées par ce dernier auteur.
Aleurites Aleurites fordii montana Triélaeostéarine % . .. AE ETES oelerae V | Trioléine %,.......... 10,1 à 14,2 12,8 à 17,0 Glycérides saturés %.. 2,1 à. 8,9 6,9, à 28,2
(14) MayimaA. Berichte, 1912, t. 45, p. 2730.
(15) Von SCHRAPINGER. Thèse, Karlsruhe, 1912.
(16) Foxin. J. Russ. Phys. Chem. Soc., 1913, p. 285.
(17) MoRREzLL. J. Chem. Soc., 1912, t. 101, p. 2082 T.
(18) VERCRUYSSE. Bull. Soc. Chim. Belg., 1923, t. 32, p. 161.
(19) MayimaA. Berichte, 1909, t. 42, p. 674.
(20) WALKER et WARBURTON. Analyst, 1902, t. 27, p. 237.
(21) KAMETAKA/"J. Chem. Soc, 1903, t 83; p. 1042 T:
22) J. BoEsekEN et Mlle H.-J. RAVENSWAAY. Rec. trav. chim., 1925, t. 44, p. 241.
(23) KAUFMANN. Berichte, 1926, t. 59, p. 1390,
(24) STEGER et VAN LoonN. J. Soc. D Énen Ind., 1928, t.
AT, p. 361 T.
(25) BAUER et RoHRBACH. Chem. Umschau, 1928, t. 35, p.93:
(26) J. BOESEKEN (en collaboration avec SMIT, HOOGLAND et VAN DER BROEK). Rec, trav. chim., 1927, t. AG, p. 619,
(27) BoEsEKEN et GELBER. Rec. trav. chim., 1927, t. 46, p. 158.
(28) NonaKaA. J. Chem. Ind. Japan, 1921, t, 24, p. 1272.
(29) BoLToN et Wizcrams. Analyst, 1930, t. 55, p. 360.
(30) Jorpan. J. Soc. Chem. Ind., 1934, t. 53, p. 1 T.
no Re
Selon Steger et Van Loon, les glycérides saturés seraient constitués par de la tripalmitine et de la tristéarine.
— Propriétés des huiles d’aleurites fordii et montana.
Ce sont des liquides visqueux dont la couleur varie du jaune paille très pâle au brun, selon leur origine et le traitement qu’elles ont subi. L'huile de bois de Chine industrielle a une odeur forte et caractéristique que ne présentent pas les huiles extraites avec soin, à partir de graines sélectionnées.
À l’état naturel, elles sont solubles dans les solvants usuels des huiles : les dérivés du pétrole, les carbures aromatiques et terpéniques, notamment l’essence de térébenthine, l’éther, l’acétone, l’acide acétique cristallisable, les dérivés halogénés des carbures, le sulfure de carbone, les alcools supérieurs. Elles sont très peu solubles, à froid, dans l’alcool éthylique.
Séchage. — Lorsqu'on étale ces huiles, en couche mince, sur une surface exposée à l’air et à la lumière, elles durcissent en quelques heures.
La pellicule ainsi formée n’est pas lisse et transparente comme celles des autres huiles siccatives ; elle est au contraire mate et présente un aspect rappelant grossièrement celui de cristaux de givre enchevêtrés. Cet aspect, connu pour cette raison sous le nom de « givrage », est dû en réalité, à la formation de sillons et de plissements microscopiques.
En raison de cette propriété, les peintures à base d’huile de tung ou d’abrasin ne peuvent pas être préparées, comme avec l'huile de lin, par simple broyage des pigments avec l'huile crue. Il est indispensable de préparer, auparavant, un vernis ne présentant pas le phénomène de « givrage », en soumettant l’huile de tung ou d’abrasin à l’action de la chaleur et en la mélangeant, soit au cours de la cuisson, soit ultérieurement, avec d’autres substances telles que l’huile de lin ou des résines naturelles ou artificielles. Les pigments sont alors broyés avec les vernis ainsi obtenus.
Action de la chaleur. — Le chauffage des huiles de tung et d’abrasin est, cependant, une opération très délicate. II se produit à un certain moment, généralement lorsque la température est comprise entre 280° et 300°, un accroissement très rapide de la viscosité apparente, accompagné d’un vif dégagement de bulles, suivi presque immédiatement par la transformation de l’huile en un gel ferme et élastique.
Cette transformation, décrite pour la première fois par Cloëz, est irréversible. Le gel obtenu ne se dissout dans aucun solvant connu et ne peut pas être employé dans la préparation de vernis.
La gélification constitue donc un risque à éviter lors du chauffage des huiles.
Cette transformation ne se produit pas à une température fixe. C’est un phénomène dont la vitesse croit avec la température. À 280° le temps de gélification est de l’ordre de 9 à 12 minutes pour l’huile de tung, de 15 à 20 minutes pour l’huile d’abrasin. À 260°, le temps de gélification est de l’ordre d’une demi-heure. Au-dessus de 300, il est de quelques secondes.
Si l’on interrompt le chauffage avant la gélification, l’huile est cependant transformée, car sa viscosité à froid est sensiblement augmentée, sa densité s’est accrue, son indice de réfraction et son indice d’iode apparent ont diminué. C’est précisément cette transformation que l’on utilise lors de la préparation des vernis, pour former des pellicules peu perméables et ne produisant pas le « givrage » lorsque les huiles d’aleurites sont additionnées d’autres substances.
Isomérisation. — Nous avons vu, d’après les travaux de Cloëz et de Maquenne, que les huiles d’aleurites soumises à l’action de la lumière ou de certaines substances telles que l’iode, le soufre, le sulfure de carbone, cristallisent partiellement par transformation de l” x élaeostéarine en & élaeostéarine.
Ces deux variétés sont des isomères géométriques.
Les cristaux obtenus par Cloëz fondaient vers 34°, mais la B élaeostéarine, purifiée soigneusement, fond à 61°-620 (17). Les cristaux obtenus sont solubles à froid dans l’éther, la benzine, le chloroforme, à chaud dans l’acide acétique cristallisable, peu solubles dans l’alcool éthylique.
Propriétés chimiques. — Les huiles d’aleurites fordii et montana possèdent les propriétés générales des glycérides et celles des substances non saturées.
Elles sont saponifiables par les alcalis, fixent l'oxygène et les halogènes par leurs doubles liaisons, sont réductibles par l'hydrogène en présence de catalyseurs.
Elles contiennent, comme la plupart des huiles végétales, une très légère proportion d’acides libres et de matières insaponifiables.
La gélification des huiles d’aleurites fordii et montana peut se produire, non seulement par l’action de la chaleur, mais aussi à froid par l’addition de certains réactifs tels que le chlorure de
soufre (31), l’iode (32), (33), (34), (85), l'acide
(17) MoREzLL, loc. cit.
(31) JENKINS. J. Soc. Chem. Ind., 1897, t. 16, p. 195.
A PARKER et MAC ILHINEY. J. Ind. Eng. Chem. 1912, t. 4, p. 496.
(33) MarCussoN. Z. angew. Chem., 1926, t. 39, p. 476 (34) REIBNITZ. Farben Zte., 1928, t. 33, p. 266. (3
5) Marcusson. Farben Ztg., 1930, t. 35, p. 1203.