PRONOSTIC ET TRAITEMENT
Nous avons vu dans le chapitre précédent quels étaient les différents symptômes qui conduisaient au diagnostic d'hyeroma à grains riziformes.
Ilimporte-de se demander maintenant quelle doit être la conduite à tenir en présence d'un cas analogue, quelles thérapeutiques peuvent êlre proposées au malade, et parmi ces interventions quelle est la meil- IOuTe:
Avant d'en arriver à celle discussion, il nous parait nécessaire de dire quelques mots du pronostic. Le pronostic de l'affection non traitée ne nous arrélera pas longuement : en effet les malades ne viennent guère consuller le chirurgien que lorsque la lésion dont ils sont porteurs les gêne, soit par les douleurs qui l'accompagnent, soil par son volume croissant, soit enfin par l’impotence fonctionnelle qu'elleentraine. Tant que la tumeur est minime el ne donne lieu à aucun trouble, le malade vil pour ainsi dire en bonne intelligence avec elle et ne s’en préoccupe pas. nous paraît pourtant logique de supposer qu’une telle affection abandonnée à elle-même n'aurait aucune tendance à la cicatrisation spontanée : elle ne ferait qu'augmenter de volume, finirait par ulcérer la peau, s'ou-
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vrir au dehors, et présenterait alors une tendance invincible à lasuppuralion prolongée par destrajels fistuleux. Cette évolution, häâtons nous de le dire, n’a jamais été observée.
Tout autre est le pronostic de l'affection convenablement traitée : mais ici il y à pourtant encore à faire certaines réserves suivant l'état général du sujet. Alors que chez certains d'entre eux l’hygroma à grains est une lésion nettement localisée et que c’est la seule tare bacillaire qu’ils présentent, chez d'autres au contraire, le processus tuberculeux n'est pas aussi isolé, et ces malades présentent des localisations viscérales plus ou moins étendues.
Dans la première catégorie le pronostic opératoire sera franchement bon el l'on pourra espérer débarrasser complètement le malade de son affection. Dans la seconde calégorie, on ne saurait être aussi affirmatif, car on à toujours lieu de redouter une généralisation qui peut devenir rapidement mortelle commedans le cas cité par Demars dans le livre de Verneuil Zfudes sur la tuberculose. Ges faits sont fort heureusement tres rares, cependant certains auteurs admettent, avec quelque raison, semble-t-il, que l'intervention chirurgicale, dans certaines observations de tuberculose locale, a donné à l'infection par le bacille de Koch un vérilable coup de fouet et provoqué la généralisation.
Une telle interprélalion de ces cas malheureux estelle suffisante à faire rejeler systématiquement toute intervention : certes non. Nous ne croyons pas que la simple expeclation soit de mise lorsque les douleurs et les troubles fonctionnels réclament impérieusement
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une opération et la crainte un peu illusoire d'assister àa une extension rapide de la bacillose ne doit pas empêcher le chirurgien de débarrasser son malade d'une lésion génante et douloureuse.
Du reste dans l'état actuel de la chirurgie, maintenant que l'on pratique, comme nous allons le voir tout à l'heure, une véritable cure radicale, la tumeur peut être extirpée d'un bloc sans même avoir besoin d'être incisée dans les cas heureux, et cette circonstance met à peu près à l'abri de toute crainte au sujet d’une généralisation. Les hygromas les plus favorables au point de vue du pronostic seront donc ceux présentant une poche unique, facilement accessible et facilement décorticable : ceux à poches multiples et à diverticules profonds seront d'un pronostic plus réservé à cause même des difficultés opératoires qu'ils entrainent.
Les premiers traitements qui furent proposés dans les cas de bursites à grains sont bien différents de ceux qui sont actuellement en vigueur. On considérait en effet ces collections un peu comme on considère actuellement les abcès froids et l'indication qui s'imposait alors était de vider la poche au moyen de trocarts, d'aiguilles aspiratrices el d'en modifier la paroi par des injections de liquides caustiques, éther iodoformé, chlorure de calcium, teinture d’iode.
On ne peut pas dire que les résultats de ce lrailement furent franchement mauvais, cependant dans la majorité des cas ils laissèrent à désirer soil par les complications suppuratives qu'ils entrainèrent, soil par la longueur relative de la guérison, soit par l'ab-
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sence d’un retour ad intégrum absolument complet. Si nous analysons à ce sujet les observationsque nous citons ci-après, nous arrivons aux conclusions suivantes :
Un cas d'injection de teinture d'iode après ponction, suivi de suppuralions étendues ayant nécessité l'ampu- {ation de la cuisse (Forget, obs. D.
Deux cas de ponction avec injection iodée ayant présenté de la suppuralion, l'un guéri au bout d’un mois (Regnaull, obs. IV), l'autre au bout de quinze jours (A. Robert, obs. XI).
Un cas de ponction avec injection iodée sans suppuralion, avec guérison tardive (Gosselin, obs. T1).
Un cas de ponction avec injection d’éther iodoformé, n'ayant produit aucun résultat (Gabon, obs. IX).
Un cas d'injection de chlorure de calcium sans pone- Lion avec guérison au bout d'un mois (Favardin, obs. V).
D’autres tentatives furent faites qui consistaient en incisions suivies où non de curettages : cette méthode semble avoir donné d'assez bons résultats : cependant la guérison était longue et l'on observa dans quelques cas de la suppuration, el même un décès par généralisation ; du reste voici ces observations résumées :
Un cas d’incision suivi de curetlage digital de la poche, suppuration prolongée, guérison lente au bout de deux mois (Sidney Jones, obs. ID.
Deux cas d'incision suivis de grattage de la poche à la curette.
Dans lun de ces cas, généralisation, mort au vingtième jour (Demars, obs. VID).