DIAGNOSTIC
Le début de Paffection qui nous occupe est généralement lent. Elle se développe insidieusement, sans causer de grandes douleurs, quelquefois même les malades ne s’en apercoivent que quand la tumeur à acquis un certain volume ou quand leur attention est attirée par un certain degré d'impotence fonctionnelle. A ce point de vue, la localisation de l'hygroma sur telle ou telle bourse séreuse n’est pas sans importance, el il est cerlaines régions où il pourra passer très longtemps inaperçu, tandis qu'en d’autres points il sera perceptible presque dès son origine. E& tout d’abord quelles sont les localisations les plus fréquentes des bursites à grains? Il est assez difficile d'établir une statistique bien rigoureuse : il résulte cependant de l'examen des observalions que nous avons eues entre les mains que certaines bourses séreuses y sont plus prédisposées que d’autres. Parmi celles-ci ce sont les bourses prérotuliennes qui sont le plus souvent atteintes. Nous avons pu en relever sept cas sur dixneuf : il élait du reste à peu près impossible de déterminer dans laquelle des bourses qui siègent au devant
de la rotule s'était développée l'affection. La localisation prédominante à cette région n’a rien qui doive surprendre si l’on considère les données éliologiques que nous avons énoncées précédemment et sur lesquelles nous n'avons pas à revenir ici.
Nous avons trouvé cinq cas d'hygroma sous-del- Loïdien ; trois fois il siégeait au niveau de la bourse de la patte d'oie; dans le cas de Nicaise, il était situé à la partie postéro-externe de la cuisse, dans celui de M. Ruotte, au niveau de la bourse sous-quadricipitale, enfin dans le cas de Cabon et dans celui de M. Vialle, les grains s'étaient développés au sein de bourses anormales, Pune professionnelle située à la partie supéro-externe de la cuisse et due chez un laboureur à l'appui du manche de la charrue en ce point, l'autre siégeant en dedans et en arrière de la malléole interne et causée par le port de chaussures inappropriées.
Les éléments du diagnostic varieront donc naturellement avec le siège de l'hygroma, mais il est pourtant toute une série de symptômes communs et ce sont ceux là que nous allons envisager maintenant.
Les signes du début, comme nous l'avons déjà dit, sont souvent inappréciables et la tumeur ne commence à être perceptible que lorsqu'elle à acquis un certain volume. Elle se présente alors à l'examen sous forme d’une masse plus ou moins considérable, ayant dans les cas moyens le volume d’une orange, faisant sous la peau un relief plus ou moins accusé suivant qu'il y à ou non interposition d’un plan musculaire, plus ou moins régulier suivant que l’on à affaire à une poche
unique ou à une poche bilobée où accompagnée de diverticules.
Les téguments sont le plus souvent sains et ne présentent rien de particulier : dans certains cas (Gabon) on aurait observé une légère dilatation des veines sous-cutanées.
L'aspect bilobé de la tumeur peut être très apparent même à l'inspection : on voit alors deux renflements séparés par une sorte d'isthme rétréci, et le cas de Rollet rapporté par Duvernay en estun exemple frappant. (Voir la photographie.)
La palpalion permet de constater que les plans superficiels sont libres, que la peau glisse facilement sur la tumeur, et que celle-ci saisie à pleine main est tantôt mobile elle aussi, tantôt rattachée aux couches sous-jacentes par des tractus fibreux làäches, où par de véritables adhérences très serrées. Gette recherche nécessite pour être pratiquée avec fruit un relàchement complet des muscles, tout particulièrement lorsque l'hygroma siège dans la bourse sous-delloïdienne, voire même au niveau des tendons de la patte d'oie. La délimitation de la tumeur généralement facile lorsqu'elle est superficielle, peut devenir absolument impossible dans les cas où elle siège sous d’épaisses couches musculaires.
La fluctualion, qu'il ne faut pas confondre avec cetle sensation particulière dite par Dupuylren « bruit de chainons » est à peu près constante : dans les cas rares où elle peut manquer, ceci s'explique soit par la tension du liquide (comparaison avec la disparition du choc rotulien dans les hydarthroses trop tendues)
HYGROMA A GRAINS RIZIFORMES DE LA BOURSE PRÉROTULIENNE
(Observation XVII)
Le" Ur