CHAPITRE IV
Accidents immédiats
Nous avons déjà parlé de la possibilité de hémorrhagie, nous n’y reviendrons pas. |
Le choc opératoire est un accident surtout fréquent dans des tayroïdectomies (otales nous. n’insisterons donc pas.
Un accident particulièrement grave et qui peut survenir au cours de l'opération par suite des déplacements de la tumeur qui comprime la trachée est la suffocation.
D’'aprés Rose, il pourrait se produire dans les anneaux de la trachée adjacente au goitre des modilications de struc ture qui rendraient ses parois flasques, pour obvier à cet inconvénient le médecin anglais conseille d'introduire dans. le canal aérien une longue canule qui dépasse la limite inférieure de la tumeur.
D’après Kocher l'intérprélalion que Rose donne de l'a-
platissement en fourreau de sabre, de la trachée est erro- Moricet. U 6
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née; d’après lui un simple phénomène atmosphérique est en jeu; il conseille pour obvier à cet inconvénient de fixer la paroi antérieure de la trachée à l'aide d’un fil de catgut.
Les conclusions de Kocher ont élé confirmées par l’examen histologique de vingt-deux trachées provenant de goitreux pratiqué par Bruns et où jamäis 1l n’a constaté une modification quelconque des anneaux de la trachée.
La toux post opératoire est fréquente.
La dyspnée est grave d'autant qu’elle est fréquemment l'indice d’une invasion pulmonaire en médiaste.
L’aphonie post opératoire a donné lieu à bien des discussions; en effet Lüke (centrablatt für chir. 1880) dit qu'il avait à extirper plusieurs tumeurs cancéreuses de la région latérale du cou chez une femme de 28 ans et qu'au cours de l'opération il excisa la jugulaire et le pneumogastrique sur une longueur de 12 cent. La malade n’éprouva ni troubles respiratoires n1 troubles circulatoires.
D'une paït, Lambrecht de Liège sur 322 opérations on a trouvé que des blessures du laryngé inférieur ; et d'autre part Julliard a démontré que ces nerfs étaient dans un état d’intégrité absolue chez des opérés complètement aphones. Si nous récapitulons les faits nous voyons 4° qué de graves lésions nerveuses (uni latérales ii est vrai) ne produisent pas j’aphonie ; 2 qu’en sorte les lésions nerveuses sont rares dans la thyroiïdectomie ; 3° Que le phénomène se produit en dehors de ces lésions, nous sommes conduits à admettre que le phénomène est probablement dù à l’action
prolongée des liquides antiseptiques dans la plaie : ils ont probablement pour effet de détériorer la gaîne protectrice des nerfs et d'amener une diffusion de l’influx nerveux. La voix revient d’ailleurs souvent au bout d'ün certain temps.
Il va sans dire toutefois que si par malheur les deux recarrents se trouvaient sectionnés, l’aphonie serait irrémédiable.
La tétanie est un accident fréquent dela thyroïdectomie. totale; il est exceptionnel chez l’homme, presque tous les cas ont été relevés chez des femmes et surtout chez des jeunes filles. Reverdin en a réuni trois cas, Billroth douze, Schram vingt. Le tétanin peut débuter le jour même «le l'opération, le plus souvent ie lendemain ou au bout de : cinq à six jours. Elle est caractérisée par des crampes dou- : loureuses dans les extrémités, inférieures surtout ; il y a une sorte de contraction, et par des spasmes tétanoïdes. Les muscles de la face peuvent être intéressés aussi; les accidents peuvent atteindre l'importance d’une attaque épileptiforme.
La crise est généralement de une heure environ, et plus ou moins espacés on voit généralement des phénomènes de tétanie, durer de huit à quinze jours mais ils peuvent se prolonger durant des mois, et même trois ans dans une observation de Billroth.
Dans un cas de Weiss les accès prirent une forme pour ainsi dire subintrante jusqu'au moment de la mort.
Il n’est pas possible pour l'instant de donner l’explica-
AE ni in
tion de ces faits ; il est cependant au moins plausible d’admettre qu'ils sont dans la dépendance de la brusque cessation fonctionnelle de la glande enlevée.
Nous pourrions toutefois faire remarquer qu'il existe un
certain rapport entre ces faits et les accidents du système :
nerveux provoqués par des intoxications aigues (morphine, nicotine, alcoo!, oxyde de carbone). Ce n’est là bien entendu qu’une simple comparaison car il est encore au moins prématuré dessayer de démontrer que l'organisme privé de la thyroïde est soumis à une auto-intoxication,