‹ Contribution à l'étude des Hypertrophies Thyroïdiennes de la Valeur des ThyroïdectomiesChapitre 8 sur 14 · PRET AE · texte numérisé non relu

PRET AE

le cas d’un cultivateur âgé de 46 ans atteint de goitre exophtalmique, chez qui l’ingestion quotidienne d’un quart de lobe de corps thyroïde amena la guérison. Jeafferson a observé des cas dans lesquels l’injection thyroïdienne amena de-bons résultats.

Jules Voisin applique la même méthode à deux malades, et s’en trouve bien, non seulement l’exophtalmie et la tachycardie diminuêrent, mais encore les phénomènes psychiques (irritabilité, colères, pleurs) s’amendèrent tout à fait. Pour ces auteurs, l'injection ou l’ingestion (cette dernière pratique semble préférable contrairement, à ce qu’on pourrait penser.) viendrait évidemment suppléer l'insuffisance fonctionnelle de la glande. Marie ne partage pas cette opinion et selon lui les accidents sont dus à une hyperthyroïdation « L'administration » du sue thyroïdien me semble tout à fait contre indiquée. D'ailleurs Horsley et Canter (société médico chirurgicale de Liège, janvier 189%, ) ont récemment insisté sur l’inutilité de ce traitement et le dernier, à propos d’une intéressante observation de myxædème guéri par l’ingestion de corps thyroïde dit dans un cas de maladie de Basedow le traitement thyroidien exagére considérablement la plupart des symptômes

de celte affection. l’insomnie, et l'agitation, la sudation | exagérée, la diarrhée qui peuvent surveair au cours du traitement thyroïdien sont fort analogues aux phénomènes du même genre si fréquemment constatés dans la maladie

de Basedow.

Moricet.

Sans qu’il nous soit possible, pour le moment, de trancher la question, la théorie thyroïdienne nous parait — de quelque façon qu’on la comprenne, beaucoup plus suffisarite que toutes les autres.

Elle jette une clarté absolue dans tous ces faits de maladies de Grave secondaires,succédant à un goître resté long temps sans manifestations, sans qu'il soit possible d’incriminer la compression. On conçoit parfaitement, en effet, que dans ces cas les modifications de structure de la glande évoluant petit à petit, il arrive un nioment où la fonction de, la glande est complétement modifiée et amène les accidents déjà décrits. Mais, s'il nous était permis d'émettre une idée personnelle dans cette questiohi, nous ferions remarquer qu'il est peu probable que dans 18 goitre exophtalmique oOfi Soit Simplement én présence d’une hyperthyroïdation, cdr, dans ce Cas, il serait parfaitément incompréhensible que d'énormes goitres folliculaires dans lesquels l’hypérsécrétion physiologique est âu moins probable, restassent si longtemps et parfois toujours dans un muütisme symptomatique absolu, Il nous semble plus logique d'admettre que la glande pour amienér cetté sorte d'mtoxication de l'organisme doit prodüire un liquide pathologique dont la production est liée à des modifications histologiques plus ou moins précoces selon les cas. Il y à d’ailleurs probablement dans cette question des éléments incOHnus encore que l'anatomie pathologique mettra sas doute un jour en lumière.

En résumé nous nous sommes proposé par ja longue citation que nous avons faite et par les considérations dont nous l'avons fait suivre, de montrer quels liens unissent toutes les hypertrophies de la thyroïdes. Que nous soyons en face d’un goître simple, d’un Basedow dit «chirurgical » ou d’un basedow vrai, nous avons toujours à faire à une maladie du corps thyroïde. On a vu que les statistiques des opérations pratiquées sur des goîtres Baseodwiens Sont encourageantes, et én somme, si réservant la discussion de l’opportunité desinterventions chirurgicales dela thyroïde,

nous les admet{ons pour le moment, nous estimons qu'il

n’y à pas lieu d'établir de distinction entre les diverses

tumeurs de cet organe, et que si les faits connexes con-. duisent le chirurgien à croire à l'utilité d’une opération, elle: est également légitime dans tous les cas puisque dans tous

les cas c’est bien la thyroïde qui est malade.

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