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C. — ICTÈRE GRAVE

1° Succède à un ictère d’allure bénigne;

. 2° Primitif, grave d'emblée (origine toxi-infectieuse) ;

3° Complications des accidents toxi-gravidiques.

L'ictère grave d'emblée s’observait beaucoup autrefois (caractères épidémiques).

L'ictère grave débute par des vomissements bilieux, puis une céphalalgie persistante, état particulier de prostration, température variable entre 39° et 40° ; après cinq ou six jours, ictère de coloration Jaune foncée, vert olive.

Il n’est pas rare d'observer en même temps :

des hémorragies sous-cutanées;

des épistaxis;

des hématémèses;

des hémorragies de tous les viscères;

des phénomènes nerveux consistant en :

agitation extrême,

mouvements désordonnés,

convulsions, puis période de prostration avec respiration dyspnéique ;

pupilles fortement dilatées (la lumière ne les fait plus contracter);

urines rares, chargées d’albumine, parfois de sang:

enfin installation du coma.

la maladie se termine par la mort de la mère.

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La mort de l'enfant in utéro ne semble s’observer que dans les cas d’ictères graves épidémiques.. Dans les autres cas, l’enfant naît vivant, mais meurt souvent quelques instants après la naïssance.

Dans les cas de toxémie gravidique, il semble que l'insuffisance hépatique ne se manifste que consécutivement à certains accidents de la toxémie et en particulier aux vomissements graves survenant parfois assez tôt, six mois et demi (obs. n° XIV).

Pathogénie

Au point de vue clinique, l’ictère tient une place importante dans la pathogénie, surtout par son pronostic, tant pour la mère que pour l'enfant.

Cette pathogénie varie avec l’étiologie de l’ictère; mais, comme nous l'avons déjà dit, la grossesse est à la base même de toute cette pathogénie puisque c'est elle qui crée l’ictère ou en favorise l’évolution.

L'organisme à l’état normal est une source continuelle de poisons (ptomaïnes); la plupart des produits de la fermentation intestinale sont toxiques, parmi ces derniers se trouvent le phénol, l’indol, le scatol, avec lesquels le foie forme des composés non toxiques qui sont éliminés par le rein. Les mêmes sources de toxines existent chez la femme enceinte et en plus grande quantité du fait même de sa grossesse.

En effet, pour des causes multiples, telles que la suppression des règles, la constipation habituelle chez les gestantes, la présence de l’œuf, l’augmentation des échanges, il résulte une surproduction des matériaux de déchet.

Cette surproduction est compensée à l’état normal par une suractivité fonctionnelle des émonctoires hépatique et rénal. Si l’un des deux est touché, il en résulte un déséquilibre qui amène une surproducton

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des éléments toxiques avec moindre élimination et les troubles d'intoxication apparaissent.

Pour que les accidents surviennent, il faut que les organes de défense soient insuffisants.

Le professeur Pinard a été conduit à penser, à la suite des travaux de Bouchard sur l’auto-intoxication, de Pawlow sur les fonctions du foie, des expériences de Royer, que cette glande avait une action prépondérante dans la transformation ou la fixation des poisons intestinaux, des poisons endogènes résultant de la vie cellulaire et enfin de certains poisons spéciaux à la femme enceinte (Bouffe et Saint Blaise).

Le foie manquera d'autant plus à sa tâche qu'il sera lésé par une hérédité ou une maladie antérieure, ou qu'il existera une déficience du rein.

Le professeur Pinard, en montrant ainsi l’importance du rôle fonctionnel si considérable du foie dans la lutte de l'organisme contre la toxémie gravidique, a employé. à juste titre l'expression d’ « hépatotoxémie » devenue maintenant classique.

Toutefois, cette hépato-toxémie diffère de la toxémie gravidique, dont le poison est fabriqué par l’œuf lui-même ou par son syncitium, et qui produit les graves désordres d'insuffisance hépatique que nous envisagerons dans la suite.

La biligénie est conditionnée par trois éléments :

— le globule rouge, qui fourit la matière dont est fait le pigment ;

— la cellule hépatique, qui sécrète ou seulement élimine le pigment (suivant la théorie admise) et excrète les sels biliaires et la cholestérine ;

— les voies biliaires qui déversent la bile dans l'intestin.

L'ictère peut résulter :

1° d’un trouble sanguin par hyperhémolyse; 2° d’une lésion de la cellule hépatique;

3° d’une imperméabilité des voies biliaires.

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