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II. — PATHOGÉNIE DE L’ICTÈRE BÉNIN PAR LÉSION DE LA CELLULE HÉPATIQUE

‘Pour Brulé, les rétentions biliaires observées chez la plupart des femmes enceintes seraient dues à une lésion de la cellule hépatique, lésion décelée par l'examen des urines et d’autres preuves plus sensibles, comme l'hémoclasie digestive, qui révèlent l'existence d’une certaine insuffisance hépatique.

Toutefois, ces lésions hépatiques ne se traduisent anatomiquement que par une simple congestion hépatique et histologiquement par des lésions minimes ne donnant lieu qu'à des troubles fonctionnels peu importants.

Serait-ce simplement un catarrhe gastro-intestinal

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influent sur les voies biliaires? mais il est difficile de comprendre la génèse de ce brusque catarrhe, l'existence du bouchon muqueux restant très hypothétique aujourd'hui.

La disparition rapide de l’ictère ne cadre guère avec l’idée d’un obstacle sur les voies biliaires; quant au spasme des voies biliaires, il reste, lui aussi, d’une pathogénie bien douteuse, pourtant la déficience du foie semble réelle, attestée par les épreuves fonctionnelles.

La rétention biliaire paraît plutôt liée à une atteinte de la cellule hépatique, atteinte superficielle puisqu'elle est si vite effacée. L'origine hépatique de l’ictère étant ainsi reconnue, quelle est la nature de ce trouble glandulaire ?

On a invoqué l’inanition, les dépenses exagérées de la mère devant être doubles, d’où une suractivité sécrétoire de la cellule hépatique, qui, fragile, peut être altérée par les pertes en graisse et glycogène et l’état toxi-infectieux de la constipation habituelle.

On a invoqué également un trouble sécrétoire d’origine nerveux:

« Le foie souffre toujours quand l'estomac est atteint; l’altération hépatique varie à l'infini, selon la durée, la gravité de la dyspepsie, selon l’importance des troubles sécrétoires et moteurs », a dit Levent.

La multiplicité des actions morbides intervenant ici, il faut incriminer les toxines, les auto-intoxications, les troubles de la nutrition générale et de simples réflexes agissant sur la circulation de la glande et sur les fonctions glycogéniques et biligéniques.

DE S'ieer

Peut-on invoquer également le rôle du terrain névropathique et l’exagération des troubles sympathiques si fréquents au cours de la grossesse.

Si le foie présente une susceptibilité particulière, héréditaire ou acquise, le retentissement de ces accidents sur le foie paraît donc bien naturel par une sorte d’inhibition.

Ainsi l’ictère apparaissant quand les troubles gastriques moteurs et sécrétoires se prolongent et sont plus intenses, va s’accuser, s’atténuer et disparaître avec eux.

Toutefois, l'influence exercée par le système nerveux sur la sécrétion biliaire reste hypothétique, l'anatomie et la physiologie restant obscures sur ce point.

Ce ne sont pas des phénomènes d’hémolyse comme le pensait Bar, car chez les malades il n’y a pas d’anémie, leur urine contient des sels biliaires. Ce ne sont pas non plus des phénomènes d’obstruction des voies biliaires, car on trouve des sels biliaires sans urobiline, ce qui ne peut être dû qu’à une lésion de la cellule hépatique.

Donc, en réalité, c’est cet ensemble de causes: état congestif du foie, catarrhe gastro-intestinal, qui engendre cet état particulier d'hépatisme latent et consécutivement, ces ictères bénins qualifiés quelquefois d’émotifs, car dans les deux cas on assiste à une régression rapide des symptômes, surtout après l’accouchement, car les causes d'intoxication sont alors supprimées.

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