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IV. —— PATHOGÉNIE DANS LES CAS D'OBSTRUCTION

À. Lithiase biliaire. — La grossesse a, dans certains cas, un rôle indéniable dans la formation des calculs bilaires, rôle qui se manifeste cliniquement par l’apparition de coliques hépatiques où l'installation d’un ictère par rétention.

On a invoqué comme causes prédisposantes:

l’exagération des fonctions nutritives, qui amène une augmentation dans les matériaux de déchets, lesquels ne sont plus suffisamment brûlés ou éliminés,

l’entrave apportée au libre jeu du diaphragme par

Je développement de l'utérus,

le ralentissement du cours de la bile par pression mécanique et par compression des canaux excréteurs,

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la modification des moyens de fixité de la vésicule {Vinay) qui tend à basculer en arrière, le cholédoque étant tiraillé offre à l'écoulement de la bile un passage plus rétréct, d'où accumulation vésiculaire.

Toutes ces causes semblent néanmoins avoir peu d'importance. Favre admet que c'est l'intestin, conséquence de la colibacillose intestinale, qui, en lésant les parois des conduits, est la cause primordiale de la précipitation des sels biliaires.

Bouchard pense que c'est la destruction moindre des acides qui s'accumulent dans l'organisme et mettent en liberté la chaux des tissus, la conséquence serait la précipitation des sels biliaires.

Le Masson admet que la cholestérine existe dans les différents tissus et liquides de l'organisme et y est maintenue en dissolution grâce aux sels biliaires; que ceux-ci deviennent insuffisants et la cholestérine se précipite sous forme de calculs.

Ce qui semble plus rationnel, c'est que les colonies microbiennes, plus abondantes du fait de la constipation et de la stase biliaire, peuvent remonter jusque dans la vésicule et y créer un état infectieux léger, qui peut être le point de départ de formations lithiasiques. Ces calculs, par migration, peuvent créer une obstruction du cholédoque et consécutivement un ictère par rétention.

B. — Obstruction néoplasique. — La grossesse a-t-elle une action sur le cancer?

Nous l'ignorons. Peut-être peut-on invoquer comme cause adjuvante la compression vésiculaire par l'utérus.

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Action de l’ictère sur la grossesse

C'est ici qu'intervient tout particulièrement l’action des sels biliaires. La cholestérine ne paraît pas toxique. Les sels biliaires sont constitués par le glycocholate et le taurocholate de soude. Les acides glycocholique et taurocholique résultent de la combinaison d’un même acide: l'acide cholalique avec le glycocolle pour l’un, et avec la taurine pour l’autre.

Is procurent à la bile une certaine toxicité qui se manifeste cliniquement :

par une entrave à l’absorption des graisses,

par un ralentissement des battements cardiaques dû à une augmentation du tonus du cœur et une diminution de son expansion systolique,

par du prurit,

anatomiquement

par des altérations cellulaires du rein avec dégénérescence graisseuse des épitheliums capables de provoquer des symptômes graves : hématurie, albuminerie.

L'action intéressante qui nous préoccupe surtout est celle exercée sur le produit de conception.

D'après les expériences de Budge, Kukne, Legden, les sels biliaires exciteraient les fibres lisses de l’utérus et provoqueraient leurs contractions.

Généralement, le travail se déclare spontanément et a une marche rapide {Vallois et Delmas); on constate quelquefois des hémorragies foudroyantes au moment de la délivrance.

Cette action est particulièrement sensible dans les cas d’ictères bénins de la grossesse, bénins à juste titre, car l’enfant est indemne, et l’accouchement ordinairement prématuré et spontané ne porte pas atteinte à la vie de la mère.

Nous avons relevé sept observations sur quinze où l'accouchement a été spontané et prématuré ; et il s’agissait six fois d’ictère bénin.

L'action si manifeste des sels biliaires sur l’utérus ne paraît pas toucher l’enfant, nous y reviendrons dans un instant. |

Il est bien rare que l’enfant naïsse jaune.

Un cas cité dans la thèse de Le Masson.

Un cas dans l’observation N° IT.

Serait-ce causé par une intoxication profonde de l'organisme maternel ?

Nous allons relater les très intéressantes constatations faites par M. Brindeau au sujet de l’observation NX:

Après un ictère ayant duré huit mois et l’accouchement ayant été provoqué à cette époque, on a recueilli le sang de la mère, le sang et les urines de l’enfant. Les examens faits par M. Hinglais ont montré :

Dosage des pigments biliaires par la méthode de Van Den Berg la cholémie normale étant de 1/4 à une 1/2 unité, le sérum de la femme en question présentait :

Quinze jours avant l’accouchement : 8 unités.

-Six jours avant l’accouchement : 13 unités.

Le jour de l’accouchement : 18 unités (sérum de couleur émeraude).

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Le sérum du nouveau-né provenant du sang du cordon, contenait moins de une unité (couleur jaune d’or). Les urines du nouveau-né ne contenaient pas de pigments biliaires. Le placenta a été lavé au sérum physiologique, puis soumis aux vapeurs d’éther pendant 18 heures, le suc qui s’en est écoulé ne contenait pas de pigments biliaires.

Nous voyons que le placenta n’a pas laissé passer la bile sanguine de la mère et cependant le fœtus a été au contact avec un sang maternel chargé de bile pendant plus de sept mois.

Au point de vue vitalité de la mère et de l'enfant nous laisserons de côté les cas où la mère est morte sans accoucher (obs. n° X, 4° mois et XII 5° mois). D'ailleurs, dans la plupart de nos observations, lorsque le fœtus était viable, la mère avant de mourir a toujours accouché son enfant. Néanmoins, Le Masson relate dans sa thèse plusieurs cas de femmes enceintes près du terme qui seraient mortes sans avoir accouché.

Dans nos observations qui s’échelonnent de 1906 à 1929 nous n’en avons trouvé aucun cas ; nous ne pouvons signaler que les deux femmes qui sont mortes au quatrième ou cinquième mois de la grossesse, mais le fetus n'était pas viable. Dans tous les autres cas, l’accouchement s’est produit, et dans un seul cas (obs. n° [ d’ictère hémolytique )le fœtus est mort in

utéro.

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Observations

Observation d’ictère hémolytique

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