‹ Contribution à l'étude des ictères de la gestationChapitre 9 sur 27 · RES · texte numérisé non relu

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l’urobilinurie positive dans 88 % des cas à terme.

D'après cet auteur, on observerait, chez 40 % de femmes enceintes normales, quelques symptômes d'insuffisance hépatique, et cela plus particulièrement au cours de la deuxième moitié de la grossesse.

Résultats de la clinique obstétricale de la Faculté de Lyon en 1929 et portant sur des femmes enceintes normales :

Grossesse Pigments Sels biliaires Ürobiline LRO MOU EUR 0 87 % 25 % entre 6 et 7 mois.. 0 TO 25 %

LÉ TE ER RE Ee 0 75 % DANS 7 mois et demi...... 0 83 % 33 % * DANONE ER RTE 0 81 % 5 1 M 8 mois et demi..... 0 1929, 37 % ALLETINE RE nemeree 0 tr 66 %

On remarque dans ce tableau l'absence de pigments biliaires à toutes les époques de la grossesse et la présence simultanée d’urobiline et de sels biliaires.

Nous venons de voir, dans l’étude qui précède, qu'il existe chez un grand nombre de femmes enceintes un certain degré d'hépatisme latent et cela plus spécialement au cours de la seconde moitié de la grossesse.

Cela est dû à la plus grande intensité des fonctions hémolytiques et biligéniques, la reconstitution des graisses est plus active, les combustions plus intenses; ces phénomènes constituent autant de prduves de l’exagération fonctionnelle de l'organe.

Or, les besoins de l'organisme maternel ne sont

pas les mêmes aux différentes époques de la grossesse.

Au début, celui-ci crée et édifie seulement et les matériaux nécessaires à l'élaboration de l’embryon sont obtenus sans effort parce que inférieurs aux réserves de la mère.

Mais, au cours de la deuxième moitié de la grossesse, les besoins du fœtus augmentent considérablement et l'organisme maternel cesse de créer pour développer, ce qui signifie qu'il a besoin d'augmenter ses efforts pour sortir vainqueur de la tâche que la maternité lui impose, et c’est pourquoi il est logique que ce soit à cette période de la gestation que la femme soit exposée au danger permanent de l’insuffisance de ses organes les plus importants, parmi lesquels le foie occupe incontestablement la première place.

Aïnsi, chez la femme enceinte, il n'existe pas un véritable processus d'insuffisance hépatique, mais il n’en est pas moins vrai que le foie se trouve placé dans un état de suffisance limitée, d'équilibre instable si l’on peut dire, lequel peut facilement être rompu par l'intermédiaire d’un facteur quelconque infectieux ou toxique. Ce facteur, dont les effets seraient nuls chez une femme non enceinte, détermine plus facilement l'insuffisance hépatique chez celle qui l’est. Nous avons vu dans cette physiologie du foie gravide que cet organe est modifié au point de vue fonctionnement et anatomique; dans 80 % des cas, il manifeste son insuffisance relative, tandis que dans 20 % il ne la manifeste d'aucune manière,

Le foie, avec sa fonction antitoxique, joue un grand rôle dans la désintoxication permanente de l’organisme, mais le rein marche de pair avec lui, car il est chargé d'éliminer au dehors tous les déchets du sang, en particulier l’urée; grâce à lui l'organisme peut lutter dans une certaine mesure contre l’intoxication qui le menace, et peut même suppléer en partie au foie. insuffisant.

Donc, il peut se faire que chez les 80 % des femmes considérées, il y ait un léger degré de déficience rénale causée par une atteinte minime antérieure, et ne se manifestant par aucun signe clinique.

Etiologie

Nous avons en vue l’étiologie de l’ictère apparaissant au cours de la gestation. L’hépatisme latent, qui se rencontre comme nous venons de le voir, chez 80 % de femmes enceintes et qui correspond à une rétention de sels biliaires sans teinte jaune des téguments, constitue autant d’ictères latents, qui passent le plus souvent inaperçus, faute d'examen d’urines.

Ces rétentions biliaires si fréquentes, qui seraient dûes à une lésion de la cellule hépatique (Brulé), signent déjà une déficience fonctionnelle du foie.

C’est donc sur l'organisme dont le foie est déjà altéré que va se développer l'ictère.

Le facteur étiologique le plus important à considérer serait de prime abord la grossesse elle-même, qui va, quelque soit l’origine de l'ictère, en favoriser l'installation et l’évolution.

En effet, la grossesse dans certains cas sera la cause directe de l’ictère par les poisons venus de l'œuf luimême.

Dans d’autres cas, elle en favorisera l'installation par des lésions hépatiques préexistantes à la grossesse

De

(lthiase cholédocienne, cholémie familiale) ou par l'apparition des causes infectieuses, toxiques ou mécaniques survenues au cours de cette gestation.

Quelles sont les causes qui favorisent l'apparition de l’ictère au cours de la grossesse ?

La toxémie gravidique est capable, à elle seule, comme nous l’avons rencontré dans plusieurs de nos observations, de léser le foie et de produire un processus d'insuffisance hépatique. Nous y reviendrons à propos de l’ictère grave.

Envisageons rapidement les ictères émotifs si souvent observés à l’occasion d’un choc violent.

Ces ictères, considérés autrefois comme relevant d’une cause nerveuse, sont plus justement placés aujourd’hui sous le compte d’une cholémie familiale, car chez la plupart de ces malades on retrouve des antécédents hépatiques, et c’est à l’occasion d’une grossesse, par exemple, que se déclare l’ictère.

Signalons l’ictère hémolytique ; d’après le docteur CHaLtER, la grossesse avancée avec albuminurie en serait une des causes étiologiques.

L'extrême rareté d'observations d’ictères hémolytiques de la grossesse et par suite, l'insuffisance d'étude de cette question, n’a pas permis de suivre le mécanisme dans lequel la grossesse interviendrait.

Néanmoins, il semble que la grossesse a une certaine part étiologique en créant l’état de fragilité globulaire déjà étudié en physiologie.

nos

Les ictères infectieux sont :

1° Mrcromiens : ictères survenant au cours d’une affection déjà diagnostiquée et concomittante à la gestation. (Cas de l’Algérienne enceinte de cinq mois environ qui contracte une typhoïde à la suite de laquelle se déclare un ictère dont elle succombe.)

Ictères résultant de pratiques abortives par absorption de toxines auxquelles se surajoutent des manœuvres directes sur l’utérus.

Ictères consécutifs à la grippe (observations n° XI) où l’hémoculture révèle la présence d’un gros bacille anaérobie à Gram positif.

2° À Sprrocaètes. Nous n’avons aucune observation.

3° Dus A UNE INTOXICATION GASTRO-INTESTINALE D'ORIGINE ALIMENTAIRE (observation n° XHI). La femme et le mari intoxiqués par une alimentation douteuse font chacun un ictère; celui du mari est bénin, tandis que sa femme, enceinte, fait un ictère grave qui l'emporte.

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