‹ Contribution à l'Étude des Imperforations Ano-RectalesChapitre 20 sur 31 · SOINS POST-OPÉRATOIRES — RÉSULTATS OBTENUS · texte numérisé non relu

SOINS POST-OPÉRATOIRES — RÉSULTATS OBTENUS

$ 1 — Soins post-opératoires

1° Sorns imMÉDraTs. — Les soins immédiats sont assez simples : un pansement (gazes stérilisées et coton aseptique) est maintenu sur la plaie opératoire ; il doit être fréquemment renouvelé, aussi souvent que l'enfant vient à se souiller ; la plaie est alors lavée avec une solution saturée d’acide borique, ou, plus simplement, avec de l’eau filtrée bouillie.

Une bonne précaution, si l’état général de l’enfant laisse à désirer, consiste en l’usage d’injections hypodermiques de sérum physiologique (10 à 20 centimètres cubes).

Une grande amélioration, qu’elle soit durable ou momentanée, survient en général chez tous les enfants, dès que, d’une façon ou d’une autre, le cours des matières se trouve rétabli. L’abdomen tend à prendre un volume normal, les vomissements cessent ou diminuent, le facies perd son expression d'angoisse; l’enfant prend le sein, et tette avec plus ou moins d’avidité.

20 Soins CONSÉGUTIFS. — Ils sont nécessités par l’apparition d’une des complications que nous avons énumérées ; ils varient naturellement selon la nature de la complication elle-même.

DS RS Deux sont particulièrement fréquentes : elles sont dues aux causes que nous avons signalées dans le chapitre précédent. Ce sont :

19 La remontée du rectum ; 20 La sténose consécutive.

19 La remontée du rectum. — Quelle conduite tenir ? Laisser les choses en l’état, c’est évidemment faire Courir de grands risques à l’enfant ; C'est un danger d'infection, les matières se trouvant directement en contact avec le tissu cellulaire peri-rectal, et c’est de plus l’assurance d’une nouvelle sténose à plus ou moins brève échéance. Le mieux est donc, PenSons-nous, d’avoir recours à une nouvelle intervention au cours de laquelle le rectum sera descendu de nouveau et suturé au périnée,

29 La sténose consécutive. — Cette complication apparaît en général dans les mois qui suivent l'opération ; nous Ja croyons très fréquente : elle est due, outre les causes déjà signalées, à la rétraction cicatricielle et à l’'élongation parfois un peu forcée que l’on fait subir au rectum. La seule arme que nous possédions contre elle, lorsque nous avons lieu de craindre son apparition, consiste dans la dilatation progressive et journalière, Celle-ci est pratiquée au moyen de sondes en gomme ou à défaut, au moyen des doigts.

$ 2. Résultats obtenus

Les enfants atteints d’imperforation ano-rectale, avonsnous dit plus haut, s’ils ne sont Pas opérés, meurent infailliblement ; l'intervention est donc parfaitement justifiée et indiquée, mais quelle est sa valeur Pronostique ? Boyer pensait que les secours de l’art ne Pouvaient sauver qu'un petit nombre d'enfants. Nous Jugeons cette Opinion trop

HS OUR pessimiste à l’heure actuelle ; l'opinion la plus accréditée aujourd’hui nous semble par contre trop optimiste : « Les enfants, est-il dit par la majorité des auteurs, supportent, en général, assez bien l’opération à condition qu’ils perdent très peu de sang» Il est vrai que l’on est parfois surpris de la résistance de certains enfants, mais nous croyons que ces cas ne prouvent rien relativement à la valeur de l'opération elle-même.

. Les statistiques seules peuvent nous donner une idée juste

de la question. |

Nous avons trouvé dans la thèse inaugurale de M. Butaud (Paris, 1900), 61 observations relatant diverses méthodes de traitement employées pour obvier à l’imperforation ou à l’absence de rectum, avec anus bien conformé.

Sur ces 61 cas, nous trouvons 25 guérisons et 36 morts.

M. Butaud fait remarquer, non sans quelque apparence de raison, que ces chiffres bruts ne signifient rien, qu’il faut examiner les méthodes employées et les résultats qu’elles ont donnés. Nous nous rangeons à cette manière de voir, et nous trouvons :

19 Pour la ponction au trocart, au bistouri et à la lancette : 27 cas, donnant : guérisons 6 et morts 21.

Ces chiffres sont assez éloquents par eux-mêmes, pensonsnous : nous avons d’ailleurs rejeté la méthode.

20 Pour la Colotomie iliaque et lombaire: 14 cas, donnant: guérisons 7 et morts 7.

Soit, par conséquent, une mortalité de 50 %.

Nous ne saurions, en outre, compter comme guérisons réelles celles obtenues par ces méthodes : rappelons lhorrible infirmité qui leur est inhérente ; d’autre part, si l’on juge l’anus iliaque (ou lombaire, M. Butaud les réunit dans

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