‹ Contribution à l'Étude des Imperforations Ano-RectalesChapitre 24 sur 31 · OBSERVATION V · texte numérisé non relu

OBSERVATION V

(Due à l’obligeance de M. le Docteur MELCHIOR-ROBERT, chirurgien en chef

à la Conception, Marseille).

Vires Marius, né le 28 avril 1905. Cet enfant entre à l’hôpital le 1er maï 1905 ; il est donc à ce moment âgé de 3 jours. Il est atteint d’imperforation dé l’anus (ballonnement du ventre, absence de matières fécales et de gaz, vomissements, agitation). Il est opéré le 1.7 mai 1905, à 5 heures du soir. L'orifice anal existe mais se termine à 1, centimètre en culde-sac. - ‘

Opération. — Incision allant de l’anus au coccyx sur la ligne médiane. Résection de la pointe du coccyx. Recherches

de l’ampoule intestinale par une brèche ano-coceygienne de 7 centimètres de profondeur environ. Aucune partie intes-

RS tinale n’est découverte, et malgré la profondeur de l’incision je ne puis découvrir l ampoule bleuâtre, caractéristique du rectum terminé en cul-de-sac, ampoule qui doit faire saillie au fond de la plaie pendant les efforts de l'enfant.

Je décide donc de pratiquer un anus iliaque pour donner issue aux matières intestinales retenues depuis trois Jours.

Opération. — Incision dans la fosse iliaque gauche. A mon grand étonnement, c’est le cæcum qui se présente. Je cherche en vain, et vers la fosse iliaque droite, une autre partie du gros intestin qui, par inversion, pourrait se trouver du côté opposé au cæcum ; ne trouvant rien que le petit intestin, j'abouche le cæcum à la peau. Un anus iliaque est ainsi créé aux dépens du cæcum.

A 0 Nous

Suites opératoires. — Les matières intestinales sont évacuées, les vomissements cessent et le ballonnement diminue. L'état général s'améliore, l’enfant se met à téter, il y a peu d'élévation de la température.

Le 7 mai, sept jours par conséquent après l'opération,

“Venfant, qui s’alimentait bien et allait régulièrement à la selle, meurt de consomption.

Autopsie. — A l’autopsie on constate :

19 L'absence des 3/4 du gros intestin. Le cæcum, qui se trouvait dans la fosse iliaque gauche, remontait vers l’hypocondre gauche et se terminait en cul-de-sac sous le foie, vers la vésicule biliaire.

Absence de côlon transverse et de côlon descendant.

2° Intestin grêle réduit à quelques anses réfugiées dans le flanc droit et recouvertes d’une mince lame uniforme de mésentère et d’épiploon atrophiés.

30 Au niveau des dernières vertèbres lombaires commençait une portion intestinale fermée, sans communication avec le reste de l’intestin et qui représentait une partie du côlon descendant, l’S iliaque. Cette partie intestinale se terminait en cul-de-sac atrophié vers la concavité du sacrum. Elle ne contenait aucune matière intestinale.

L'enfant n’était donc pas viable.

Il était impossible d’après les particularités anatomiques constatées à l’autopsie :

19 De trouver une partie rectale quelconque à aboucher dans la région de l’anus ;

20 De pratiquer lanus iliaque autrement qu’au dépens du cæcum.

Nous joignons à cette intéressante observation, une planche représentant fidèlement la disposition intestinale découverte à l’autopsie (p: 58). Ce dessin, qui nous est communiqué par M.Melchior-Robert, est dû à la plume de notre ami le docteur Winckler.

OBsERvVATION VI

(Communication faite par M. le Professeur DELANGLADE, de Marseille, à la Société de Chirurgie, le 7 juin 1899. Gazette des Hôpitaux du 7 juin 1899).

Le 16 juillet 1897, on apporte à M. le Dr Delanglade, au Dispensaire des enfants malades, un garçon de cinquante jours, né avec l’anus imperforé. On ne s’occupa pas tout d’abord de l'absence de méconium, et au quatrième jour seulement, comme étaient survenus des vomissements et du météorisme, comme l’enfant avait toujours refusé de téter, le médecin se décida à intervenir. Il employa le procédé du trocart. Au coup de trocart s'échappe une grande quantité de méconium et le jour même l’enfant se met à téter. Mais, dès le jour suivant, les matières ne passent plus, et cela dure ainsi vingt-deux jours, les évacuations se reproduisant seulement sous forme de vomissements fécaloïdes répétés plusieurs fois par jour. Au niveau de l'anus, de temps à autre, une tache jaune, mais c’est du pus et pas autre chose. Au bout de vingt-deux jours, le trajet redevient spontanément perméable, et, pendant quatre jours, les matières passent et les vomissements diminuent. Ce fut passager : depuis dixneuf jours l’oblitération s'était reproduite complète ; les vomissements étaient incessants, l’état général s’agoravait de jour en jour, lorsque l’enfant fut présenté à M. Delanglade,

L'enfant paraissait mourant : Tête, cou, thorax et membres étaient dans un état de maigreur effrayant : seul le ventre était énorme et tendu à éclater. Les fausses côtes étaient extrêmement soulevées ; la respiration anxieuse et précipitée ; les extrémitées froides et bleues ; le pouls imperceptible. L’orifice anal est tout petit. En arrière de lui et en

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