‹ Contribution à l'Étude des Imperforations Ano-RectalesChapitre 9 sur 31 · SON · texte numérisé non relu

SON

Les rétrécissements valvulaires consistent en la présence en un point de la lumière de l'intestin, d’une ou de plusieurs valvules transversalement dirigées et perforées au centre d’un orifice. « Les inconvénients qu'ils présentent, dit M. Kirmisson, sont en général très peu marqués.La majorité

- des malades qui en sont atteints avaient tous déjà un certain âge quand ils se sont présentés pour la première fois au chirurgien : le diagnostic en est à faire avec les autres formes de rétrécissements du rectum.» Ils ne créent donc pas en général un obstacle absolu au cours des matières ; ils ne rentrent donc pas dans le cadre de notre sujet ; nous nous contenterons de les avoir signalés.

- Ilenest tout autrement des rétrécissements cylindriques; anatomiquement, 1ls sont tapissés par la muqueuse rectale entière avec son épithélium (Lannelongue) ou bien se présentent sous la forme d’un cordon fibro-musculaire canaliculé, sans aucune trace de muqueuse (Marchand). Ils représentent donc une forme plus complète de ce cordon plein, fibreux, que nous venons de mentionner comme reliant l’un à l’autre le rectum à l’anus, ou, si l’on veut, un intestin moins atrophié. Leur longueur peut atteindre plusieurs centimètres ; quant au degré de coarctation, il peut être tel qu’il est difficile de passer à travers un stylet ; ils créent donc un véritable obstacle au passage du méconium et, de ce fait, rentrent dans notre étude.

70 [MPERFORATION SIMULTANÉE DE L’ANUS ET DU REC- TuM. — L’embryogenèse de cette malformation est évidemment la même que dans les cas où seul l’anus ou le rectum est imperforé. L'arrêt de développement a porté ici, à la fois, sur le dernier segment du tube intestinal et sur son orifice terminal.

Pour résumer ces notions, nous dirons que presque toutes

Bel CA”

les malformations de l’anus et du rectum peuvent s’expliquer par une évolution embryologique, nulle, insuffisante ou intempestive de ces organes. Telle est l'opinion de Trélat et nous nous rangeons à sa théorie plutôt qu’à celle de Lannelongue et Verneuil (Soc. de Chir., 1884) qui voient dans ces vices de conformation des conséquences éloignées d’altérations pathologiques intra-utérines. Faisons toutefois remarquer que les imperforations ano-rectales coexistent souvent avec d’autres difformités : pieds-bots, hydrencéphalie, spina bifida, ete. (Voir obs. IX.)

Seules les « fistules externes » de Rudolf-Franck font exception : aucune explication embryogénique ne peut en être donnée : nous acceptons la pathogénie proposée par Stieda.

Quant aux causes directes de ces anomalies, il nous faut convenir qu’elles sont encore peu connues : La syphilis a été incriminée, l'alcoolisme semble jouer un rôle important (expériences de Feré), de même l’hérédité, et citons à ce propos le cas connu, rapporté par Hadra (1), d’une famille dans laquelle six sujets furent atteints d’imperforation.

Quant à la proportion d’enfants frappés, celle donnée par Trélat est de 1 sur 11,000. On ne saurait se fier positivement à ce chiffre : Giraldès rapporte que dans une seule année il opéra 10 enfants imperforés.

Les deux sexes paraissent également prédisposés.

(1) Société de ‘médecine de Berlin, 25 mars 1885.

Page 1