bactéries, et 421.000 (dimanche
À Versailles les jours de grandes eaux :
Avenue de Saint-Cloud, partie non goudronnée : 23 millions de bactéries. ù
Dans certains ateliers, les poussières se chiffrent par des millions.
Dans les grands magasins, les jours d’exposition favorisent la dispersion des germes. Ces auteurs ont relevé, dans le hall central d’un de ces établissements, plus de 4 mil- Hons de bactéries. Et pour les musées, les salles de bal, ils fournissent des nombres de même ordre de grandeur (x).
(1) BonpIER. — L’atmosphère des grandes agglomérations, Paris Médical, 6 décembre 1930.
du. de pour. Tone de à à
‘14 | de 160.000 à 210.000’; et dans une ville très oies Rat on a
pu en trouver Re à 3.500.000.
Après avoir étudié le nombre brut des poussières on a recherché leur nature. Les constituants les plus importants sont le charbon et la silice; en général on trouve 60 à 80 p. 100 de ces deux corps. La silice est d’origine naturelle, le charbon est dù au chauffage et à l’industrie.
Ces poussières ont une triple origine, ménagère, urbaine, industrielle.
A. Ménagère. Elles sont dues à la Et mauvaise des charbons dans les cheminées. Les appareils de chauffage,
. poêles perfectionnés et le chauffage central remédient à ces inconvénients.
Elles sont dues encore aux soins du ménage. Elles ont diminué dans de fortes proportions. On secoue de moins en moins les tapis par les fenêtres, de plus en plus on use des aspirateurs électriques qui, dans cet ordre d'idées, constituent un grand progrès.
B. Urbaine. Elles sont engendrées par la circulation des véhicules. Le pavage des rues, si résistant qu'il paraisse s’use sous le défilé ininterrompu des automobiles. Dès que le temps devient sec, la poussière ainsi produite est projetée sur les gens, sur les objets, dans l’atmosphère. Ce sont des particules siliceuses.
Les mauvaises habitudes des citadins aggravent le mal ; ils jettent dans les rues les prospectus, les papiers, les bouts de cigarettes.
Les commerçants, bouchers, charcutiers, vendeurs de lé-
nie particules solides par mètre cube d’ air, pour Paris à À
gumes, épiciers, poissonniers, exposent devant leurs magasins les denrées alimentaires aux poussières de la rue. Seuls
les boulangers et pâtissiers s’abstiennent. Quant aux denrées protégées par un papier ou par une boîte, comme le sucre, elles restent à l’état d'exception (Léon Azouray, Presse Médicale, 1915, n. 41, p. 310). Les aliments devraient rester en magasin à l’abri des poussières, la viande et le poisson qui se gâtent plus vite quand ils sont enfermés, devraient être gardés dans un frigorifique.
Enfin les gens boivent sur la terrasse des cafés, mangent sur les trottoirs, en pleine rue ; et même l'hiver les cafés
chauffent leurs terrasses pour y garder leurs clients.
Les conséquences ont été reconnues par les anatomopathologistes.
Les poussières siliceuses, de même que celles métalliques et de charbon, se fixent dans les ganglions du médiastin. On les retrouve avec une extrême fréquence chez les citadins à la salle d’autopsie. A forte dose elles produisent des maladies bien connues, la pneumokoniose, la sidérose, la silicose. Elles peuvent être déjà nocives à faible dose, et seraient alors pour certains médecins une cause de fréquence de la tuberculose dans les taudis.
Les poussières atmosphériques causent la brume qui, à un degré léger, est constante dans nos grandes villes. Seul un violent orage l’abat pour peu de temps. Il suffit pour la constater de contempler Paris des hauteurs de Montmartre ou de Saint-Cloud par un beau jour d'été.
Il ne faut pas assimiler la brume due aux fumées des villes avec le brouillard dû à l’humidité qui survient dans les campagnes, voire en pleine mer. Mais le brouillard
humide qui se produit dans les villes comme Lyon, s'associe avec les fumées de la ville et se combine avec elles.
Cette brume peut s’épaissir, tomber, et assombrir les rues au point de rendre la circulation difficile. C’est ce qui arrive à Londres quand cette ville est envahie par le « fog » c’est alors une calamité pour la ville, la circulation devient à peu près impossible, les affaires sont arrêtées. Une journée
de ce brouillard intense, coûte environ quatre mille livres
aux compagnies des chemins de fer, et quatre ou cinq mille livres aux compagnies de transports urbains ; autant aux théâtres ; autant aux restaurants.
On a fait à Londres, depuis une vingtaine d’années, les plus grands efforts pour le combattre, et on a promulgué les lois sévères contre les poussières industrielles et contre les cheminées qui fument. Mais, dès qu'arrive novembre, le « fog » n’en reste pas moins épais.
Pour empêcher ce « plankton atmosphérique », suivant l’heureuse expression de Bonnier, de souiller l’air des villes, on recommande un arrosage très fréquent des rues par le service municipal. Enfin on prescrit des appareils fumivores qui évitent la combustion incomplète de la houille et sont économiques. Aussi les usiniers les emploient-ils généralement.
Elever les cheminées a été longtemps considéré comme une garantie. Mais les fumées, pour être projetées dans les couches supérieures de l’air, n’en jouent pas moins le rôle d'écran des rayons solaires, et elles tendent à descendre. Quand les usines sont nombreuses, l’aire de dissémination de chaque cheminée empiète sur celle des autres et le résultat souhaité n’est plus obtenu.
Malgré tout, le nombre des jours de brume qui était à Paris de 50 avant la guerre, est aujourd’hui de 85.
Et les jours nuageux la perte de lumière va jusqu'à dépasser le matin 50 p. 100, elle se relève l’après-midi.