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se rallier à l'opinion pessimiste de BrocA pour qui « le traitement de cette malformation est surtout riche en déboires » ? Somme toute, le nombre des échecs enregistrés, quels que soient les traitements appliqués, paraît bien supérieur à celui des succès et puis, ajoute Nové- JossERAND, « on peut se demander si les résultats annoncés ont toujours été définitifs, si les os reconstitués sur ce terrain défavorable se développent aussi bien qu'après les greffes faites pour des lésions traumatiques et enfin si le membre n'est pas voué à une atrophie définitive incompatible avec son fonctionnement ».
M. Frœzicx attire lui aussi l'attention sur les modifications tardives que peuvent subir les greffes osseuses et cite l'observation suivante : « Une fillette, greffée à l’âge de 4 ans pour une pseudarthrose du tibia, eut à l’âge de 18 ans une sorte de maladie du cal avec douleur, impotence et gonflement. L’os se résorba partiellement, ce qui fit apparaître sur les radiographies des traïnées d’ostéite raréfiante ressemblant à des traits de fracture. S'agit-il d'une lésion du cal, spontanée ou provoquée par le greffon tibial, ou bien d’une insuffisance de l'ostéogénèse à mettre sur le compte de la lésion congénitale ? TI est difficile de le préciser. En tout état de cause, cette ostéite raréfiante du cal semble être après un an en voie de réparation grâce au repos et à une médication recalcifiante. » (Observation IV.)
Malgré tout, quelles que soient les conditions difficiles de la régénération osseuse dans une telle malformation, il y a des exemples de guérison incontestable et définitive, À ce point de vue, les deux succès de NovÉé-JossERAND présentent le plus grand intérêt : ils confirment nette-
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ment ‘la valeur de la méthode de ReicueL dirigée contre les fornres graves et établissent énfin que « la guérison des pseudarthroses congénitales par la greffe osseuse est possible, et qu'une fois la consolidation obtenue, le développement du membre se poursuit dans des conditions
tout à fait normales » (Nové-JossERAND),
Conclusions
1) Les incurvations et pseudarthroses congénitales de la jambe sont relativement fréquentes : elles constituent 76,30 % de toutes les pseudarthroses congénitales.
I L'incurvation seule apparaît à la naissance et peut persister longtemps sous cette forme, mais généralement à la suite d'un traumatisme ou d'une intervention, une pseudarthrose se constitue, rebelle à tous les ‘traitements ordinaires.
IH) La pseudarthrose est constituée à la naissance.
IV) Les principaux symptômes de la malformation sont : la pseudarthrose, la cicatrice, l’atrophie et le raccourcissement du membre, et d'une façon inconstante les malformations du pied.
V) On ne trouve presque jamais d'antécédents héréditaires.
VI) La théorie traumatique ne s'applique qu'à un très petit nombre de cas, sans qu'on puisse expliquer la cause de la non consolidation de la pseudarthrose. Les théories les plus communément admises actuellement sont celle de la compression amniotique (brides, capuchon amniotique), artérite oblitérante et celle de l'arrêt de développe-
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ment fœtal, sans qu'on puisse dans l'état actuel de la science prendre parti pour l’une ou pour l'autre.
VIP) Le pronostic est très grave. L'immobilisation, l’ostéotomie, l’avivement des fragments, la suture osseuse ne donnent aucun résultat.
VIII) Le traitement par la greffe osseuse est le seul qui ait des chances de réussir : il utilisera soit la greffe libre, soit la greffe pédiculée. Sur la première sont basées les méthodes de CopiviLLa, de M. FRoLICH et de DELAGE- NIÈRE ; la seconde est la méthode de REICHEL.
IX) C'est la greffe pédiculée qui a donné jusqu'à présent les meilleurs résultats.
X) Malgré les échecs nombreux du traitement, la guérison de la lésion est possible.
Vu : Vu:
Nancy, le 6 mars 1923. Nancy, le 8 mars 1923. Le Président de la thèse, Le Doyen, FROELICH. E. MEYER.
Vu et permis d'imprimer :
Nancy, le 8 mars 1923.
Le Recteur de l'Académie, Ch. ADam, Membre de l'Institut.
Observations
OBSERVATION TI (inédite)
(Service de M. FRœŒLICH, 1922)
Incurvalion el pseudarthrose congénilale de la jambe, convexilé postérieure,
Léon H..., 3 mois. Pas d’antécédents héréditaires ; la mère. âgée de 22 ans, primipare, ne présente aucun signe de rachitisme ou de spécificité. Flle a marché à 13 mois, a été réglée à 13 ans. La grossesse a évolué normalement : la mère se plaignait seulement d’une douleur sourde mais constante dans l’'hypocondre gauche. Elle signale d'autre part qu'à 7 mois et demi elle s’est trébuchée dans une chaise et s’est heurté le côté droit contre une table ; mais ce léger traumatisme ne l’a pas empèchée de continuer à vaquer aux soins de son ménage. Les mouvements fœtaux ont été perçus à 3 mois et demi, La durée de l’accouchement a été de 36 heures : pas d’oligamnios, présentation du sommet, délivrance normale.
L'enfant né 15 jours avant terme pesait 3 kg..5oo à sa naissance ; il pèse actuellement 4 kg. 900, donc développement normal, Il ne présente pas de signes de rachitisme ni de spécificité.
La sage-femme remarque de suite la déformation de la jambe : la lésion est si prononcée que le pied se trouve complètement rejeté en arrière et que les orteils arrivent presque au creux poplité. Le docteur X... pose de suite un appareil redresseur en carton ; les jambes ont alors une longueur égale,