‹ Contribution a l'étude Des indications de la médication antipyrétique Dans le traitement De la fièvre typhoideChapitre 10 sur 32 · A ORNE TUE · texte numérisé non relu

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débuter avec fracas, puis évoluer très vite vers Ja guérison. Au contraire, une ascension traînante durant un septénaire fera présager une forme grave. Malgré ces considérations, il est bien difficile de dire, au début, ce que sera plus tard une fièvre typhoïde

L’indicetion capitale de la médication antipyrétique est la continuité de la fièvre. C’est moins du degré de l’exaspération vespérale que de la continuitéde la fièvre qu’on doit tirer cette indication (Jaccoud). Ce que l’on doit surveiller, ce sont les rémissions matinales ; sont-elles fortes, la fièvre est moins grave, même si le chiffre de la température du soir est très élevé. Sont-elles au contraires très faibles, il y a danger, d'autant plus grand que les rémissions diminuent davantage

et que la température du matin tend à égaler celle du soir (courbe en plateau).

« La fièvre est grave par elle-même lorsque, dans la période d’état, les rémissions sont inférieures à l’oscillation diurne dela température normale. Cette formule est absolue, et pour l'utiliser dans la pratique, il suffit d’un thermomètre et de la connaissance du chiffre moyen qui exprime l’oscillation normale ; ce chiffre est de huit dixièmes de degré à un degré. » (Jaccoud) (1).

Pour M. le professeur Jaccoud, l’écart entre la rémission fébrile et la rémission physiologique donne la mesure de la gravité de la fièvre. Les rémissions insuffisantes constituent une situation inquiétante, surtout siles maxima sont élevés.

Au contraire, les rémissions suffisantes excluent toute gravité

(1) Jaccoud loc. cit,

Sr intrinsèque de la fièvre, et impliquent une ténacité moindre du processus fébrile.

Voilà l’indication générale tirée de la fièvre. L'intervention devient plus pressante, si à cette fièvre se joignent d’autres phénomènes graves ; le malade est en danger.

| Les autres indications sont fournies par l’état des grandes fonctions, du système nerveux, des appareils circulatoires et respiratoires. | |

Le pouls et le cœur surtout ne doivent pas ‘être négligés. L'examen du pouls donne de précieux renseignements. Il est plus lent d'ordinaire dans la fièvre typhoïde que dans les autres affections fébriles etsa fréquence n’est pas proportionnée à l'élévation de la température (Griésinger (1), Murchison (2), Liebermeister (3), Hardy, Malherbe {(4) ; s’il reste à 80 ou 90, malgré une fièvre vive à 40°, 41°, on ne doit pas, la plupart du temps, porter un pronostic fâcheux ; l’accélération doit, au contraire, inspirer les plus grandes inquiétudes: chez les adultes, on doit toujours regarder comme un présage de mort, un pouls à A4 (Hardy). L’auscultation du cœur nous renseigne sur l'énergie des contractions et sur l’état d’altération ou d’intégrité du myocarde.

Chaque élément morbide fournit ainsi des indications particulières. Outre la fièvre qu’il doit combattre, le médecin

doit remplir ces indications. C’est alors qu'il faut faire un

(1) Griesinger., Traité des maladies infectieuses. (2) Murchison. La fièvre typhoïde, traduction française, - (3) Liebermeister, Ziemssen’s Handbuch IT, p. 87 et suiv.

(4) Hardy, cité par Malherbe. Rapports du pouls et de la température dans Ia fièvre typhoïde. Thèse 1882.

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