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monaire, enexcitant les centres respiratoires et en diminuant le travail du cœur dont il empêche la dégénérescence. Tous
les auteurs s’accordent sur ce point.
Maïs si la balnéation prévient ou améliore l’hypostase pulmonaire, elle peut amener l’éclosion de pneumonies lobaires.
Le fait est admis par Liebmeister qui le regarde comme excep-
tionnel.
M. Peter accuse la méthode des bains froids de produire des complications thoraciques, M. Raynaud est moins affirmatif, ilcite cependant un cas de pneumonie lobaire où le bain peut être incriminé. En 1874 à Lyon, M. Alix (1) traite trois
. malades par la méthode de Brand appliquée avec rigueur, ses trois malades meurent de pneumonie; sur les 60 décès de M.Cayla, il y a 4 morts dont 3sont causées par la pneumonie. MM.Mayetet Weill(2) ont observé sur52 obs. 10 fois des complications pulmonaires; l'influence nuisible du bain froid dans la pathogénie de ces accidents est évidente, leurs observations sont concluantes à cet égard; 5 fois la pneumonie est occasionnée ou aggravée par l'emploi des bains; dans 3 autres cas, il suffit d'interrompre le traitement pour voir les accidents thoraciques s’améliorer. :
M. Widal(3) médecin de l'hôpital a communiqué à M.Laba-
die-Lagrave une observation dans laquelle une pneumonie lobaire franche aiguë est la conséquence évidente du traitement hydrothérapique. M. Peter a cité un cas analogue, également mortel. (Acad. méd. 20 fév. 1883).
(1) Discuss. à la Soc, de méd. de Lyon, 1874. (2) Mayet et Weill. Loc. cit., obs. XL à XLVI. (3) Widal. In Labadie-Lagrave,
Bts
Betke établit sur une statistique de 1,420 cas, que la fréquence de la pneumonie dans la fièvre typhoïde qui était de 2,9 0/0 avant le traitement par l’eau froide, s'élève à 3.5 0/0
par ce traitement; mais la proportion de la mortalité est en
sens inverse ; elle est des 2/3 dansle premier cas, de la moitié
seulement dans le second.
Des inflammations du larynx et de l’arrière gorge ont aussi été signalées. Sur 5 malades traités par M. Libermann, 3 sont morts de complications laryngées (1). Les bains froids peuvent amener l’œdème de la glotte et la diphthérie laryngienne. MM. Mayet et H. Mollière signalent la fréquence des angines diphthériques chez les malades soumis au traitement de Brand, alors qu’il n’y avait pas d’épidémie de diphthérie, et que les malades traités par d’autres moyens n’ont pas présenté les mêmes accidents.
Dans le cas ou l’adynamie est très prononcée le bain froid prédispose au collapsus (Boeck, Fiedler, Stohr, V. Wunderlich). É
Signalons enfin comme complications de la méthode des bains froids, les convulsions, les contractures, les arthralgies (Cayia, Mayet et Weill, Humbert Mollière) et surtout les douleurs intolérables qui apparaissent, au bout d’un certain nombre de bains, le plus souvent au début de la convalescence. Ces douleurs acrodyniques sont très fréquentes (Cayla, Mayet et Weill); sur 36 malades baignés, 18 en ont souffert (Julliard Lyon méd. 1878); on les a rencontrées 5 fois sur 29 cas (Duchamp, Lyon méd. 1879).
(1) Belke. Die complic. d. aled. typh, in Constatt, 1870. (à) Liebermann. Soc. méd. hôp., 22 déc, 1876. Rousseau. 8
Cayla signale un cas de rhumatisme articulaire aigu sur- ; venu dans le cours d’une fièvre typhoï oïde, chez un malade ;
baigné et n’hésite pas à mettre cette complication sur Je compte des bains froids. AE 1 4 re
On a encore signalés d’autres a per mais leur fréquence n’est pas assez grande pour nous Die de les attribuer à lemploi de l’eau froide.
Nous n’insisterons pas sur les difficultés pratiques, qu’on rencontre soit à l'hôpital, soit dans la clientèle privée, quand on veut avoir recours à la méthode deBrand. 1: 1":
Résultats généraux. Statistiques. — Nous n’avons pas l’in- tention de reproduire ou de grouper toutes les statistiques qu'on a présentées en faveur de la méthode de Brand ni celles qu'on lui a opposées; cela nous entraînerait trop loin et ne nous permettrait pas de tirer de conclusions rigoureuses. Les statistiques, en effet, comme on l’adit, prouvent ce qu’on veut, cela tient à la manière dont elles sont construites. Nous donnerons pour exemple le rapport de M. Humbert-Mollière, qui a été l’objet d'une longue discussion à la Société des sciences médicales de Lyon en 1876, et a été si différemment interprété. Le défaut de toutes les statistiques est de ne tenir aucun ‘compte des conditions dans lesquelles le traitement intervient, et d’additionner des unités différentes en englobant à la fois les cas graves, moyens ou légers, les enfants et les vieillards; sans noter |’ état antérieur des malades, ni la nature des épidémies; celles-ci diffèrent entre elles de gravité, et, dans une même épidémie, selon que celle-ci est à son début ou à son déclin. De plus, les partisans de la balnéation métho-
dique, en appliquant le traitement dès le début de l'affection,
avant que le diagnostic soit bien établi, bénéficient de toutes
les erreurs, et sous la rubrique de fièvre typhoïde traitent et guérissent des maladies qui n’ont de commun avec elle que la similitude des symptômes du début.
Certaines statistiques sont vraiment merveilleuses, mais on en a signalé de non moins belles, et le traitement était bien
différent; les résultats de Piedagnel, Delarroque, Leroy, de Béthune, Jacques de Lure, etc., valent ceux que Brand a obtenus. D'autre part, les statistiques où, malgré l’emploi rigoureux de la méthode du médecin de Stettin, les résultats sont peu satisfaisants, sont nombreuses : Mayet, à Lyon, 18 p. 100; Duchamp, 24 p. 100; Julliard, 16,4 p. 100; Goetz, à Vienne, 45,4 p. 100, etc.
M. Bundet a fait un relevé de tous les cas de fièvre typhoïde
traités dans les hôpitaux de Lyon depuis 1874, il les divise en
deux séries ; d’un côté, les cas soumis dans les hôpitaux civils à un traitément hydrothérapique rigoureux; de l’autre, ceux observés dans les hôpitaux militaires où l'application de la méthode de Brand est exceptionnelle; et il arrive aux résultats suivants. Dans une même période de neuf ans, de 1874 à à 1883; 2,609 cas de fièvre typhoïde avec 396 décès, dans les hôpitaux civils; mortalité 15 p. 100; dans les hôpitaux militaires 3,471 fièvres typhoïdes, 465 décès, mortalité 13,39 p. 100. La conclusion n’est donc pas en faveur de la méthode des bains froids.
Examinée de près, la statistique de Brand n’est pas aussi belle qu’elle le paraît; l'ensemble donne une mortalité générale de 7,4 p. 100 sur 8,141 cas; mais il est intéressant de dé-
(1) Acad. de méd., séance du 13 fév. 1883:
composer cette statistique; on y voit que suivant les circon—
stances les résultats diffèrent dans une proportion énorme, et
qu’en somme le pronostic varie suivant les conditions parti-:
culières du malade; et que l'hydrothérapie ne justifie pas la prétention de Brand, d'imposer à la fièvre typhoïde un pronostic bénin. On peut se convaincre de ce fait en jetant les yeux sur les chiffres suivants : |
La mortalité est sensiblement égale dans la pratique privée
et chez les enfants, 2 et 2,5 p. 100. Dans les hôpitaux civils elle s'élève à 6,7 p. 100 en moyenne; dans les hôpitaux militaires, où cependant le traitement peut être appliqué dès le début et dans toute sa rigreur, elle devient 9,4 p. 100 sur 1,214 cas; ce chiffre 9,4 p. 100 n’exprime que la moyenne, car à côté d’une mortalité de 9,4 p. 100, on en voit de 12,5, 15,8, 16, 18, 20 et même 23 p. 100. En temps de guerre, la mortalité moyenne est encore plus forte, 11,4 p. 100, et on trouve en se reportant aux statistiques détaillés des chiffres très élevés (Friedrich et Strube, 12,9 p. 100; Leube, 18,5 p. 1090; as 23,7 p. 100; Von Krafft, 25,7) (1).
- Nous n’insisterons pas sur ces chiffres; de l'étude de toutes les statistiques résulte deux choses : 1° que le traitement n'est pas spécifique de la fièvre typhoïde; que, commetout autre, il a ses revers ; et qu’on est encore loin de l’axiome: toute fièvre typhoïde, traitée régulièrement par les bains froids sera exempte de complications et guérira ; 2° que la mortalité générale s’est abaissée par le traitement de Brand, et cela parce que les bains froids ont permis de sauver des malades, qu’au-
cun autre moyen n’aurait pu guérir.
(1) Braud. Die Wasserbehaudlung d. typh.fieb., 4877.
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bo tous — L'élévation de la température n’est pas à. elle seule une indication suffisante des bains froids; nous
avons montré leurs dangers, nous avons vu que leur action était passagère et qu’il fallait, pour obtenir un abaissement persistant, y recourir plusieurs fois par jour. Aussi devons-
nous préférer à ce moyen antipyrétique, fugace et si pénible
pour le patient et ceux qui le soignent, des agents médicamen-
teux qui, comme le sulfate de quinine, produisent un effet aussi marqué sur la fièvre, mais bien plus durable, sont faciles à administrer, et ne font courir aucun danger au malade. Le bain froid a d’autres indications; l’ataxie en première ligne; l’'adynamie quand elle n’est pas trop intense, l'hyperthermie exagérée et persistante, surtout si elle résiste aux agents médicamenteux. |
M. le professeur Peter « considère les bains froids comme
une suprême ressource à opposer à un suprême péril qui est indiqué pour lui par l'intensité des phénomènes nerveux (1). »
Contre-indications. — La menace de syncope, ou une première syncope dans un baïn, les hémorrhagies intestinales, la perforation et la péritonite, sont les considérations admises
par tous les auteurs. La congestion hypostatique n’en est pas une, elle est améliorée par l’emploi des bains froids; il n’en
est pas de même de la pneumonie lobaire aiguë, les cas de M. Mayet montre qu’elle peut être aggravée par la continuation du traitement, et qu’il suffit quelquefois de suspendre celui-ci pour voir la complication guérir rapidement. L’affaiblissement cardiaque, l’adynamie extrême doivent encore
(1) Acad. de méd., 20 fév. 1883.
faire rejeter l'emploi des bains froids qui peuvent danses =. a amener le;coflapsuss ::/; 0520 ( 42 not ie ae ‘a
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