‹ Contribution a l'étude Des indications de la médication antipyrétique Dans le traitement De la fièvre typhoideChapitre 20 sur 32 · FRETA · texte numérisé non relu

FRETA

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ne peuvent servir à l’appui de l'opinion. de M, Hardy; pour

obtenir des troubles cardiaques graves chez les animaux il! faut employer des doses considérables relativement au poids de l'animal, doses qu’on n’administre jamais à l’homme; de,

plus la quinine est injectée directement dans les veines, c'està-dire l’absorption est totale et instantanée, ce qui n’est pas. non plus le fait de l'administration thérapeutique, . | *

Les cas d'empoisonnement chez l’homme montrent qu "il faut des doses énormes pour provoquer la mort. Chez deux individus, 25 grammes de sulfate de quinine ne provoquent. aucun malaise (Guersant (1), Hannon (2).), Delioux (3) rapporte 3 cas d'empoisonnement par la quinine, avec des doses. de 15 grammes, 40 grammes, 60 grammes; tous trois eurent du collapsus, le dernier seul mourut.

Notre collègue et ami, M. Condoléon, interne des hôpitaux, nous a communiqué une observation très intéressante qui montre qu'une hypothermie intense peut être produite par la quinine sans accidents fâcheux. Une malade du service de M. Gouraud, âgée de 29 ans, traitée d'abord par les lavements d’acide phénique, prit au seizième jour de sa maladie 2 grames de sulfate de quinine à 4 heures du soir. Le lendemain la température qui, la veille au soir, était de 40,4, était tombée à 33°, soit une chûte de 7° (on a observé avec l'acide salicylique des rémissions de 6,5 sans accidents); la malade était dans un état très satisfaisant, sans aucun signe de collapsus, se trouvant très soulagée ; le chiffre indiquée par le thermo-—

(1) Guersant, Dre en 30 vol. . ; :

(2) Hannon, Union méd. 1852.

(3) Delioux de Savignac, Art, quinine du Dre Dechambre.

Les ÉRRÉTIEnTES d M.Laborde (Se: de bols 9 déc. 1882)

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mètre parut si Shoes que M. Condoléon, et M. Gou hi Le "4 1 raud ensuite firent exploration à plusieurs reprises. Le soir

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la température était remontée ns 4, 8 à 34, 8, Je lendemain,

patin 38, F5 ls oir, CCE en tenant compte de toutes les ee £

% ‘chances d’e rreur, 1h n en persiste pas moins ce fait: c 'est que | A 4 l'abaissement | produit j par 1 quinine peut être très considéable, s sans produire aucun n phénomène g grave dans l'état géné-

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ral du malade, AP hé | EE.

ds + cine — La quinine ne coupe pas la fièvre typhoïde, __ elle n’enraye pas la maladie, maïs par son action sur. la tem- Fa pérature, sur le pouls, par son influence sur les phénomènes | HE ae. re Z : se ten de combustion qui se passent dans les éléments anatomiques, | pa elle répond d’une façon remarquable l'indication fournie par

1 le processus: fébrile; c’est l’agent antipyrétique par excel lence: elleest donc indiquée toutes les fois que la température ‘est élevée, la fièvre continue avec rémissions insuffisantes. Elle a sur les. bains cet incontestable avantage de produire une rémission beaucoup plus durable de la fièvre, et cela sans

4 grands inconvénients. L'action quelle exerce sur le cœur dont elle augmente l'énergie, la rend très utile dans tous les cas, si fréquents dans la fièvre typhoïde, où üy aun grand : degré de faiblesse cardiaque. 5

Doses. — Elles varient suivant es cas; mais toujours, sous

peine de ne pas voir se produire les effets antipyrétiques que l’on attend, il faut administrer la dose dans un espace de temps très COUÉTE - 40 à | ,

Liebermeister (1) recommande de commencer par 1,50 de

])Liebermeister. Path. de Ziemssen.

LOUE sulfate de quinine afin de tâter Ja susceptibilité des malades; puis on augmente si l'effet est insuffisant ; ce qu'il faut chercher c'est à amener la température au-dessous de 38° dans le rectum; si ce résultat n’est pas obtenu, la dose suivante doit être plus forte; si la température s’abaisse vers 37°, il faut diminuer la quantité du médicament. Liebermeister donne rarement la quinine deux jonrs de suite; il est rare qu'il porte la dose au delà de 3 gr. | =

M. le professeur Jaccoud (1) préfère les doses décroissantes, employées pendant deux et même trois jours de suite; ilne donne jamais plus de 2 grammes de bromhydrate de quinine à la fois; si cette quantité a été administrée, le lendemain soir il donne 1,50, le surlendemain gramme; puis on n'en recommence l'emploi qu'après un repos de quarante-huit heu-—

res au moins et si l'indication existe encore. Pour M. Jaccoud le problème thérapeutique doit être ainsi posé : « Obtenir

le maximum prudent d’effet antipyrétique avec le minimum possible de dose. » (Loc. cit. p. 16.)

Chez les enfants, les doses doivent être moindres. M. Barthez l’a administré cependant à dose élévée 1,20, et a obtenu de bons résultats, surtout dans le cas où la fièvre typhoïde revêt les allures de la méningite tuberculeuse (2).

Voici les doses indiquées par Hagenbach :

Au-dessous de 2 ans, 0 gr. 70 à 1 gr.

de 3ansà 5ans, 1 gr. 00 de 6 ans à 10 ans, 1 gr. 50 de 11 ans à 15 ans, 1 gr. 5 à 2 gr.(3).

(1) Jaccoud. Cours de 1882.

(2) Barthez. Acad. de méd., 5 déc. 1882.

(3) Hagenbach. Cité par Liebermeister.

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Beaucoup d'auteurs ont associé d'autres antipyrétiques au sulfate de quinine : c’est le traitement mixte, nous ne citerons que M. Hallopeau et Liebermeister. Ce dernier a cherché par

l'emploi simultané de la quinine et des bains froids à mainte-

nir la température au-dessous de 38° dans le rectum; il préfère cependant obtenir ce résultat plutôt avec la quinine

qu'avec les bains froïds, et forcé d'opter entre les deux médi-

cations il déclare qu’il n’hésiterait pas à avoir recours à la quinine seule et à proscrire la balnéation. Dans les cas graves où la quinine à la dose de 2 gr. 50 à 8 grammes est insuffisante, il prescrit la digitale sous forme de pilules, de poudre, de feuilles, 0 gr. 75 à 1 gr. 50, puis il revient à la quinine; le plus souvent une dose de digitale suffit à rendre la fièvre plus apte à céder à la quinine,; dans le cas contraire il emploie encore une fois la combinaison quinine, digitale, quinine, en mettant entre les deux doses de quinine un in-

tervalle de quarante-huit heures pendant lequel le malade

prend la digitale. Enfin, si la fièvre résiste à tous ces moyens, la vératrine intervient. C’est bien uñe véritable méthode, mé-

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thode antipyrétique avec laquelle Liebermeister cherche à

faire disparaître les accidents dus à l'élévation de la tempé-

rature. Quoi qu'il en soit de sa théorie, il a pu faire baisser, à Bâle, la mortalité dans la fièvre typhoïde de 27,3 pour cent à 8,2 pour cent ; ce dernier chiffre résulte d’une statistique portant sur 1.121 cas avec 92 décès, dans une période de temps s'étendant de la fin de 1867 à la fin de 1872; la différence sere-

trouve non-seulement dans le chiffre total mais dans celui de

chaque année (1).

(1) Liebermeister. Comp. de Siemssen, v..Il, p. 225 et suiv.

Rousseau, 11

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La méthode de traitement de la fièvre typhoïde par le sul-fate de quinine à haute dose (3, 4et 5 grammes par jour), a été instituée comme nous l’avons déjà dit en 1840, par Broqua de Mérande, et donna lieu à des recherches nombreuses dans les hôpitaux de Paris, en particulier à l’hôpital Saint-Antoine, à l’'Hôtel-Dieu et dans les hôpitaux d'enfants. Les thèses de Pereyra, celle de Boucher dela Ville-Jossy (1846), renferment la plupart des résultats obtenus à cette époque. \

Mais bientôt on attribua au sulfate de quinine les accidents graves et mortels qui survenaient chez quelques malades et, sans trop rechercher ce qu’il y avait de fondé dans ces accusations,cette méthode, toute française par son origine, fut complètement abandonné dans notre pays.

Eïle fut reprise en 1859, par Vogt à l'hôpital de Berne et plus tard par Liebermeister.

Mais pour bien montrer combien, en France, la méthode de l’admivistration du sulfate de quinine à doses élevées était complètement oubliée, nous rappellerons qu’en 1880, M. Hallopeau,dans son travail sur le traitement de la fièvre typhoïde, recommande lui aussi ce médicament et insiste particulièrement sur ce point, qu'il ne faut pas le donner aux doses employées généralement, celles-ci étant trop faibles, mais qu’il faut aller jusqu’à 1 gr. 50 centigrammes par jour.

C'est alors (en 1881) que M. Joffroy, ayant constaté que le sulfate de quinine, donné dans ces conditions, n’agissait que peu ou pas, on éleva successivement la dose jusqu’à 3, 4 et 5 grammes en vingt-quatre heures, reprenant ainsi l’ancienne méthode française. Il l’importa dans tous les services dont il fut chargé, soit comme médecin des hôpitaux, soit

comme professeur agrége. C’est dans le service de la

met

Clinique médicale de la Pitié (suppléance de M. le professeur Lasègue, 1881), à l'hôpital Tenon (1882), dans le service de la Clinique médicale de l'Hôtel-Dieu (suppléance de M. le professeur Germain Sée, juillet, août, septembre et octobre 1882), dans le service de M. Hérard à la même époque et depuis à l'hôpital Cochin,que M. Joffroy a appliqué ce traitement. Il a de la sorte traité environ deux cent cinquante malades avec des résultats qui lui paraissent aussi satisfaisants, sinon meilleurs, que ceux obtenus par les autres modes de traitement les plus vantés. “

. M. Hérard, s’est du reste fait l’écho de cette méthode dans sa communication à l'Académie de Médecine (7 novembre 1882), et malgréses réserves, on voit qu'il a été frappé des résaltats obtenus chez les malades qu'il a trouvés en traitement lorsqu'il a repris son service à l’'Hôtel-Dieu.

Enfin dans la séance du 30 janvier 4883, M. Germain Sée,

dans le service duquel M. Joffroy avait importé cette méthode,

fit aussi à l'Académie, une communication importante, où il

étudie l’action du sulfate de quinine, qu’il recommande par-

ticulièrement, ainsi que l'alcool.

Voulant nous rendre compte par nous-même des effets de cette médication, nous avons suivi le service de M. Joffroy, et nous avons pu constater les effets du médicament. Comme M. Hérard, nous avons constaté la tolérance des malades pour ces doses élevées (3 et 4 grammes par jour), et les bons effets tant au point de vue de l’état général que de labaissement de la fièvre et du pouls.

Disons de suite que l’examen des courbes thermiques ne

permet pas de douter de l’absorption du médicament, dont la

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