ART
présence à été constatée du reste qualitativement et quantitativement dans l’urine par M. Joffroy.
Quant au grand reproche qu’on adresse aujourd’hui comme autrefois au sulfate de quinine, celui de produire la mort subite, il ne serait nullement fondé d’après les renseignements qui nous ontété fournis par les élèves du service, et M. Joffroy nous a autorisé à dire qu’il ne croyait pas que le sulfate de quinine administré, seul à la dose de 3 grammes par jour, puisse amener la mort subite. Quelle est du reste la méthode de traitement qui mette à l’abri de la mort subite?
Nous devons également signaler les recherches de M. le professeur Bouchard qui remontent déjà à trois années. C’est une méthode mixte dans laquelle l’acide phénique est administré régulièrement et le sulfate de quinine au moment seulement des exaspérations fébriles. Les résultats sont anologues à ceux de la méthode précédente.
Nous ne nous étendrons pas plus longuement sur ce point, les recherches de M, Bouchard et celles de M. Joffroy devant faire prochainement l’objet de publications personnelles.
Nous pouvons cependant dire que les observations de ces médecins confirment, dans leurs points principaux, les conclusions des observateurs de la première période, de sorte qu’à quarante ans de distance des recherches sérieuses aboutissent aux mêmesrésultats. Noustranscrivonsici les conclusions suivantes que nous empruntons à la thèse inaugurale de M. Pereira (1842, pages 64 et 65). |
4° La circulation est profondément modifiée, et les pulsations artérielles ralenties par l'usage du sulfate de quinine à haute dose.
RES Ru
2° La température de la peau s'abaisse quelquefois d’une manière notable.
3° Des sueurs abondantes sont souvent provoquées, et suivies ordinairement d’une grande amélioration.
4° L'influence exercée sur le développement des différentes éruptions typhoïdes est douteuse,
5° Les congestions pulmonaires tendent quelquefois à une résolution rapide,
- 6° La céphalalgie sus-orbitaire est souvent remplacée par une pesanteur de tête général.
7° Les bruissements, les tintements, les bourdonnements d'oreilles et la surdité sont, à des degrés variables, des phénomènes presque constants, mais temporaires.
8 La fonction visuelle est souvent troublée ; ce trouble qui consiste en vertiges, en éblouissements, et rarement en cécité complète, se dissipe bientôt spontanément.
9 Les convulsions épileptiformes constituent un accident rare, mais des plus graves.
10° Le sulfate de quinine à haute dose n’exerce aucune influence fâcheuse sur la membrane muqueuse des voies digestives.
11° La rougeur, la sécheresse et l’enduit saburral de la langue sont quelquefois heureusement modifiés.
12° Les vomissements sont un des phénomènes les plus constants; surtout pendant les premiers jours.
43° La diarrhée cesse le plus souvent et est même quelquefois remplacée par une constipation opiniâtre.
44 La convalescence se décide de bonne heure, mais la guérison définitive est souvent tardive.
Ajoutons enfin que, contrairement à ce qui a été dit dans
une thèse récente (1), que M. Joffroy et de même M. Bouchard n’administrent pas le sulfate de quinine à doses fractionnées reparties sur les vingt-quatre heures, mais le donnent à la fin de la journée par prises de 1 gramme toutes les deux heures, jusqu’à concurrence de 3 grammes le plus souvent, rarement
2 gr. et quelquefois 4 grammes.