‹ Contribution a l'étude Des indications de la médication antipyrétique Dans le traitement De la fièvre typhoideChapitre 5 sur 32 · DE DIMINUER L’INTENSITÉ DU PROCESSUS FÉBRILE · texte numérisé non relu

DE DIMINUER L’INTENSITÉ DU PROCESSUS FÉBRILE

Il serait aisé d'établir les indications de la médication anti-

pyrétique dans la fièvre typhoïde, s’il était prouvé, comme ont cherché à le faire quelques auteurs, surtout en Allemagne, que l'élévation de la température est l’unique source aes dangers que présentent les pyrexies. Maladie essentiellement fébrile, à part de rares exceptions, et ces exceptions, nous le verrons, ne sont pas un des moindres arguments contre cette théorie, maladie fébrile où l'élévation de température est considérable et persistante, la fièvre typhoïde demanderait toujours un traitement antithermique, Il suffirait de fixer le

chiffre où l'élévation thermique cesse d’être innocente pour:

devenir nuisible, et le médecin, le thermomètre en main, n'aurait plus d'autre préoccupation que de chercher par diffé-

rents moyens à ramener la température du malade au-dessous

du point dangereux. La formule serait facile à poser d’une façon mathématique : refroidir le malade aussitôt qu'il s’échauffe.

Malheureusement il n’en est pas ainsi: les faits sont là qui prouvent que le médecin a autre chose à faire qu'à se borner à -

ce rôle de refroidisseur, Aussi, devons-nous, avant de chercher les indications générales de la médication antipyrétique

Pa dés la fièvre typhoï ide, discuter ces théories, et montrer de l'élévation thermique est insuffisante pour expliquer la patho- | génie des phénomènes graves et des accidents si SL dans le cours de cette pyrexie. ROBE ner E £ Lac « La chaleur, voilà l'ennemi », tel est en peu de mots le | résumé de cette thèse défendue avec beaucoup de talent par Liebermeister, en Allemagne, S. Ringer, en Angleterre, et adoptée par Hirtz, Charcot, Lorrain, etc., en France, mais repoussée par la plupart des cliniciens français. C’est à l’élévation thermique qu’on doit attribuer les accidents graves qui ss se produisent dans beaucoup de maladies, C’est la chaleur qui cause la mort dans les cas où, la température ayant été très élevée, on ne trouve rien à l’autopsie qui puisse expliquer la terminaison fatale. La chaleur explique aussi les accidents qu’on ne peut mettre, dit Liebermeister (1), ni sur le compte de l'intoxication, ni sur l’anoxémie, ni sur la consomption fébrile. Sont aussi sous la dépendance de la chaleur les dégéérescences graisseuses du foie, du cœur, des reins, de la rate et des muscles volontaires, Il en est de même des accidents | circulatoires et nerveux (2). Le cœur, d’abord accéléré par

l'action excitante de la chaleur, s’affaiblit plus tard par suite

de la dégénérescence produite par la température élevée.

| Cette influence sur la production des accidents du côté du ‘système nerveux n'en est pas moins évidente pour Liebermeister, bien qu’elle ne puisse être démontrée par des dégénérescences anatomiques. Cette théorie, Liebermeister l’ap-

puie sur les faits suivants :

(1) Liebermeister, Deutsch. Arch. Bd. I, 1866. (2) Du Castel. Thèse d'agrég., 1875.

Rousseau.

mire

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