‹ Contribution a l'étude Des indications de la médication antipyrétique Dans le traitement De la fièvre typhoideChapitre 7 sur 32 · I. La fièvre peut être très intense sans être fatalement ac · texte numérisé non relu

I. La fièvre peut être très intense sans être fatalement ac

servations de ce genre, il n’est pas un clinicien qui n’en ait

observé. Une température élevée pendant le premier septé-

naire se rencontre souvent dans les formes légères (typhus levissimus). à

Pour Bernheim une température élevée, matin et soir, 406 et au-dessus pendant plusieurs jours, durant Le cours # : la deuxième semaine ou au début de la troisième, n'indique | pas sûrement une forme grave et prolongée(i). À l'appui de cette opinion il cite un certain nombre d'observations. M. le professeur Peter a rapporté des cas analogues; de deux malades qu'il cite, l’un, avec une température de 41°, en plateau, ne présentait aucun trouble m partiel ni total du système nerveux, le somineil était bon, le pouls peu fréquent (2). |

Dans la discussion de 1876, à la Société médicale des hôpi-

taux, M. Peter a rapporté un fait qui montre bien que l'hyperthermie peut exister sans autres symptômes graves, et que le malade peut aisément supporter pendant plusieurs jours une élévation considérable de la température. Un malade amputé de la cuisse eut pendant huit jours une température atteignant le soir 42° et même 42,5 avec rémission matinale de 4°, sans délire, ni le moindre symptôme d’ataxie (3).

(1) Bernheim. Lecons de clinique méd., 1877.

(2) Discussion à l’Académie de médecine, 1883. (3) Discussion sur les bains froids. Société mél. des hôp., 1816.

On trouve dans la thèse de M. Liégeois(1) trois observations très démonstratives à cet égard. Les malades ont présenté une fièvre intense, avec une température très élevée, et d'autre part des accidents cérébraux graves, mais il n’y avait aucun parallélisme entre ces phénomènes. Dans une deces observations, les symptômes ataxo-adynamiques se sont montrés quand la température s’est abaissée, pour cesser au moment où elle a remonté. Dans une autre, la situation a été des plus alarmantes au moment où, au seizième jour de la maladie, le thermomètre était descendu à 37°4; ; quelques jours après, le thermomètre était à 40° et les accidents avaient disparu.

L'observation suivante, que notre maître M. le professeur press a bien voulu nous communiquer et qu il a rapportée dans son cours de l’année 1882, nous montre qu’avec une même élévation de la température un malade peut présenter des symptômes généraux graves, ou au contraire rester avec un état général satisfaisant ; et que cette différence tient plus à lanature de la fièvre, qu’au degré de l’élévation thermique

à la qualité plus qu’à la quantité, | «J'aiété appelé ces jours-ci à donner mes soins à un confrère américain, robuste et bien portant d'habitude, et qui était atteint d’une pleuro-pneumonie franchement aiguë accompagnée d’une réaction fébrile intense avec température axillaire variant de 39°,5 le matin à 40°,5 Le soir. Au bout d’une huitaine de jours, la pneumonie était en voie de résolution, lorsqu’à la suite d’une imprudence la phlegmasie pulmonaire reprit une certaine intensité. Cependant trois ou qua-

(1) Liégeois. Thèse de Nancy, 1877

tre jours après, cette deuxième poussée inflammatoire entrait

en voie de résolution. J

« Je revins le lendemain espérant constater une déferves-

cence franche, et je fus tout surpris de trouver l’état du ma- . lade complètement changé. Jusque-là, malgré ces deux poussées phlegmasiques, accompagnées d’une fièvre vive, le moral

était resté excellent, le malade était plein de force et le cou

rage; la langue avait été très saburrale pendant les jours de fièvre, mais elle n'avait pas été sèche un seul instant; iln 7 avait pas eu le moindre symptôme d'adynamie. Apeine était-

je entré que mon confrère me dit : « cela va mal, je me sens

perdu »; ilavait eu des vomissements répétés, la langue était

sèche, la soif vive ; les forces étaient prostrées, le visage était

abattu et inquiet. Cependant la fièvre était relativementmodé-

rée.La température axillaire n’était guère au-dessus de40°. Je cherchais quelle pouvait être lacause d’an si brusque change. ment; à l’auscultation, la respiration commençait à s'entendre dans le poumon primitivement hépatisé, il n'y avait pas de nouvelle poussée phlegmasique. Ce jour-là, je quittai le

malade, inquiet et sans avoir pu trouver la cause des phéno-

mènes qui assombrissaient tout à coup le pronostic.

« Le lendemain, l’état général, était encore plus grave, l’a-

dynamie s'était prononcée, et cette fois, mes recherches ne furent pas vaines. Pour obtenir un peu de repos, et un soulagement de son point de côté, mon confrère s'était fait faire, pendant le cours de sa pneumonie de nombreuses piqûres de de morphine. Une de ces piqûres avait été le point de départ d'un vaste érysipèletraumatique qui avait envahi la plus grande partie du dos. Quelques jours après, malgré tous mes efforts et ceux des confrères qui le voyaient avec moi, le malade succombait.

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«N'’est-il pas absolument évident, ajoute notre savani maitre, ici comme dans bien d’autres cas analogues, que les accidents graves et mortels ont été imputables, non pas à l’élévation fébrile, qui n’a pas été plus forte pendant l’érysipèle que pendant la pneumonie, mais à la cause morbide ellemême. C’est qu’il [n’est pas indifférend d’avoir une fièvre pneumonique ou une fièvre érysipélateuse, surtout s’il s’agit d’un érysipèle traumatique (1). »

Enfin, dans les rechutes de la dothiénentérie, la témpérature est quelquefois très élevée, et l’état général reste bon. M. Bernheim(2) cite des cas de fièvre de convalescence de la fièvre typhoïde où, sans aucun phénomène inquiétant, la température s’est élevée à 40° ou au-dessus.

IT. Les phénomènes nerveux graves, ataxiques ou adynamiques peuvent exister chez un malade sans que la fièvre soit très vive, et lorsque la température reste normale.

Graves rapporte déjà que, dans l'épidémie de typhus en Irlande (1817-1818), le D' de Limérick observa que l'élévation de la température fit souvent défaut. Cette absence de chaleur fébrile ne fut observée que dans les formes les plus sévères de la maladie.

La fièvre typhoïde peut évoluer sans fièvre, c’est un fait connu de tous, de nombreuses observations en ont été signalées par Billard, Guilbert de Périgueux, Skoda et Opolzer, Roger, Sevestre, Vallin, Walh, etc. Malgré cette absence d'é-

lévation thermique on peut rencontrer dans ces cas les symptômes graves, les accidents circulatoires et nerveux

(1) Hayem. Cours de thérapeutique, 1882.

(2) Bernheim. Loc. cit.

Rousseau. 8

de É: si A 5

ne ue . 2 CRorns 55 ' É as —8— ee que l’on observe habituellement. ie Les. formes Jes plus

pyrétiques, Écrontèon sédétthir D PET AT EME TEE ee … Strube a vu, pendant a siège de Dore en 1870-71 beauco coup Fe cas de ce genre, et voici, d’après Brand, PS RrA de son

mémoire (es NS ER is HE fsonten

= Chez la plupart des: Los nd par At la température était peu élevée, le thermomètredépassaitrarement, le soir, 39°5. Dans 14 cas sur 163, on. trouva constamment, pendant toute l'évolution de la maladie, 1 une température: normale et quelquefois subnormale, descendant chez des mala- £: des à 3672. La roséole, la diarrhée, la bronchite, Ja céphalalgie, É délire, mettaient hors de doute l’ existence dela dothié— nentérie. Dans un cas, qui évolua avec une température subnormale, et fut compliqué d'érysipèle gangreneux, on trouva à l’autopsie, une infiltration considérable de l'intestin, comme on n’en rencontre, dit Brand, que dans les cas les plus graves, à marche orageuse, et à température RIDER

« L'intensité des phénomènes cérébraux était en raison inverse de l'intensité de la fièvre; la plupart des malades étaient plongés dans un état apathique. Cette adynamie se montrait dès le début, malgré le peu d’élévation de la température. Les malades étaient dans la stupeur;. les selles etles urines étaient

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involontaires ; et le soir ils étaient en proie à un délire vio—

lent. Le délire ne manqua jamais, et dans deux cas, avec température basse, subnormale, il prit un caractère fu-

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rieux (2). > Sur 414 cas, il y eut 23 morts, soit 20,17 0/0.

(1) Srube in Brand, Die Wasserbeh des typhe feb., 1877. (2) Brand. Loc. cit.

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