APE
ee SE
$ “ae Gi h «1 F
ik Br and, pas DS. que Strubene pense pas queces faitssoient de nature à faire rejeter cette. idée que l'élévation dela tempé- rature est, dans la fièvre typhoïde, le danger principal et ia
source de tous les accidents. Il. attribue cette allure insolite du typhus aux privations, aux fatigues et au surmenage. M. Liégeois rapporte aussi plusieurs observations dans lesquelles, la température étant très basse, l’hyperthermie n’a pu jouer aucun rôle dans la production des accidents généraux observés. Dans l’une deses observations, les symptômes nerveux prirent une telle intensité qu’ on crut à une méningite ; l’apyrexie était complète; l’autopsie révéla une fièvre -typhoïde à la première période; il n’y avait pas traces d’in- DA neion des méningites(1).
Dans la dernière épidémie, 1882, 1 cas de ere apy=
| Ne n'ont pas été rares ; M. Dujardin-Baumetz a signalé ce fait; M. Brothier en a fait le sujet de sa thèse inaugurale.
Ces cas ont eu généralement une allure assez bénigne; ilya
eu peu d'accidents du système nerveux (2).
En résumé, accidents graves sans hyperthermie, hyperthermie sans accidents graves, voilà les faits. Ilest vrai qu'ils ne sont pas les plus fréquents, maisils suffisent à démontrer que ces deux ordres de symptômes hyperpyrexie et état général grave, ne sont pas forcémentconnexeset que, si on les rencontre assez souvent à la fois chez le malade, c’est qu’il faut les attribuer tous les deux à une seule et même cause, et qu'il
y a hyperthermie parce qu'il y a état général grave, et non état général grave parce qu'il y a hyperthermie. Nous reviendrons bientôt sur ce point.
(4) Laégeoïs. Loc, cit.
(2) Brothier.iThèse de Paris, 1883. 2
D. Le bénéfice qu'on retire du traitement antithermiqueou antipyrétique ne prouve pas que les accidents graves aient leur source dans l'hyperthermie. — Fréquemment, en effet, soit aprèsun bain froid,soit après l'administration d’un médicament antithermique, alors que la température s’est abaissée, l’état général reste le même qu'avant. Bien souvent, dans le tableau de Brand (1), on voit dans lescauses de décès, malgréla réfrigération continue, que la mort a été due à l'intensité du processus pyrétique, Fiebertod, Riess (2), Strickler constatent que souvent les médicaments antipyrétiques, tout en faisant baisser considérablement la température, ne font pas disparaître l’état typhoïde et en tirent cette conclusion qu’il faut chercher ailleurs que dans l’élévation thermique la genèse de ces accidents. Le plus souvent, nous le verronsen étudiant la médicaa tion réfrigérante, les bains froids restent impuissants dans les formes adynamiques ‘ils abaissent cependant la température; et l’adynamie est un des symptômes qui, d’après Liebermeister, sont les plus immédiatement sous Ë dépendance de
l’exaspération de la chaleur. ;
De ce qui précède, nous pouvons conclure avec nos maîtres que l'élévation de la température n’est pas le fait dominant dans la fièvre typhoïde, que ce n’est pas de la chaleur que dérivent les phénomènes graves des appareils circulatcire et nerveux. Si souvent la marche de ces accidents est parallèle à l'élévation du thermomètre, souvent aussi il y a indépendance. Dans les cas où existe ce parallélisme invoqué par
(1) Brand, Loco citato.
(2) Riess, Berl. klin. Wosch., 1876, 613-690.
Liebermeister, n'est-il pas plus-vrai de dire qu'à la même cause sont dus et cette hyperthermie, et ces phénomènes graves ? c'est l'opinion de la majorité des cliniciens français.
Cette théorie était bien certainement séduisante, et plus séduisantes encore ses conséquences thérapeutiques. Il est peu de symptômes que nous puissions enregistrer d’une façon plus précise, plus mathématique, que la température des malades : aussi les études ont-elles été minutieuses ; de là à en faire l'élément principal, parce qu’on pouvait mieux apprécier, il n'y avait qu'un pas. « Car, dit Graves, c'est une erreur fréquente en pathologie que de confondre les effets avec les causes; lorsque la cause d’une maladie nous est inconnue, nous concentrons notre attenlion sur l’un des symptômes les plus importants, et nous le regardons comme l’origine et le point de départ de tous les autres. Mais il est illogique de dire qu’un symptôme est la cause d’un autre ou de prétendre que l’antériorité suffit pour assigner à un phénomène morbide le rang de phénomène générateur (1).
Nous dirons donc, avec M. le professeur Peter (2), « l’hyperthermie n’est qu’un des éléments du syndrome qu'on appelle état général grave; c'est parce que l'état général est grave qu’il y a hyperthermie (comme il y a du délire, de l’ataxie..….) et non parce qu’il y a hyperthermie que l’état général est grave ». É
La cause de to sces phénomènes est unique; elle réside dans l'altération du sang; cette altération nous est encore
(1) Graves.
(2) Peter.
ger, on peut “aise! que cette altération gel: une eee La fièvre typhoïde estune maladie infectieuse, c’est à cet élément infectieux que nous devons rapporter et 1 élévation de la tèmpérature et l’altération du sang, les dégénérescences viscérales qui en sont la ARE et la pie des phénomènes généraux graves. : :
Mais si tous ces phénomènes doivent se rapporter à une cause unique, à l'infection de l'organisme, si nous refusons à la température élevée le rôle de phénomène générateur des autres accidents, faut-il en conclure que le processus fébrile n’exerce sur l’organisme aucuné action nuisible, qu'il ne faut pas chercher à l’ enrayer, mais le regarder comme une réaction nécessaire et salutaire, nous ne le croyons pas. Nous pensons, au contraire, que la fièvre (c’est-à-dire le processus fébrile, et non l'élévation thermique, qui n’en est qu’un des éléments) ajoute aux dangers de l'infection, qu’elle use les organes et encombre le sang de matériaux de déchets, et qu’elle peut devenir la source de troubles fonctionnels et d’altérations secondaires. | |
On ne croit plus aujourd'hui que l'atemettséon de la température chez le fébricitant soit due à une diminution de la perte du calorique, c'était l'opinion de Traube. Liebermeister a prouvé que cette élévation était due à une production exagérée de chaleur. Dans la fièvre la production de caloriqueest deux fois et demie la production normale. Il y a là une véritable exagération de combustion, et les faits paraissent établir que le processus d’oxydation porte sur tous les éléments.
L'oxydation exagérée des matières albuminoïdes « pour
Te
Produits de désassimilation. L'urée est en. plus grande quanne résultats ne dans la fièvre typhoïde sont très
iquent . une augmentation d'autres se noté une > diminution. Mais pour appré- % cier les chiffres, il faut tenir compte de. la diète: on sait en.effet ee la quantité durée est en rapport avec l'alimentation. Si la ue moyenne d’urée que renferme l'urine des vingt-
quatre heures chez un ‘homme sain et dans les conditions pteres ET de 28 à 30. gr., cette quantité n’est plus, que de
es ‘énorme,
A7 g grammes chez l'homme à jeun qui consomme comme le fébricitant ses propres substances albuminoïdes. (Unruh) (L). Aussi. doit-on prendre pour moyenne, chez le fébricitant ce
chiffre de 17 grammes. La quantité d'acide urique augmente, | il en est de même des matières extractives. La proportion de ces | dernières est presque toujours, dans la fièvre typhoïde, en rapport inverse avec la quantité d'urée, Si, dans la période d'état, ou au,moment où apparaissent des phénomènes graves, on voit l’urée diminuer, par contre le poids des matières | extractives s 'éléve notablement (Robin, Hirtz) (2). L’atrophie rapide du. tissu adipeux dans la fièvre permet également de supposer une augmentation de consommation des. substances grasses, ce que confirme directement l'excès d’ acide carbonique dans l’air expiré. ER ETS Ureber coul “La fièvre est donc bien, comme le dit Hirtz, une dénurition rapide, une consommation d'autant plus destructive ‘que la nôurriture. ne vient pas réparer, les pertes (3):
Cette dénatrition, est. continuelle,, CAT chez le fiévreux il 7 à
CREELE
( Uoruk, Virchow's Ark., 1869. :
(2) Lereboullet. Rev. des sc. méd., 1877. OS (3) Hirtz. Dict. de méd. et de cab prat. Art, Fièvre, Chaleur.
| conséquence l'augmentation considérable, dans l'urine, des
exagération de déperdition de calorique (Liebermeister); comme l’homme sain, il règle sa chaleur, mais la règle à un
degré supérieur. es l #
Aux effets de la dénutrition rapide, s'ajoute l’action nuisible ‘des matériaux de désassimilation contenus dansle sang. Les produits de la destruction des tissus, incomplètement comburés, s'accumulent dans l'organisme; leur élimination se fait mal, par des émonctoires intéressés au même titre que les autres appareils, et c'est la rétention de ces déchets qui produit l’état typhoïde, l’anéantissement des forces, les troubles cérébraux (A. Robin, thèse de Paris, 1877, cité par : Homolle) (1). | “ee
Voilà comment s'exprime à ce sujet M. le professeur Hayem, Ce qui doit préoccuper, c'est que le fébricitant produit plus de chaleur, aux dépens de ses tissus, sans en em- | prunter au monde extérieur; — que cette production détermine une usure rapide, une inanition plus ou moins aiguë ; que le sang des fébricitants est le siège, d’une double lésion : a. Celle que détermine la cause pyrétogène; b. Celle que déterminent les produits de désassimilation, d'autant plus abondants que la fièvreest plus vive, et qui, difficilement éliminés, deviennent des causes d’intoxication et de lésions secondaires (2).
Toutes réserves faites on peut dire avec Hirtz que la chaleur constitue un danger pour le malade, mais non le principal; on est conduit à rechercher les moyens de la diminuer; c'est là le but de la médication antipyrétique. « Le caractère capital de la médication antipyrétique
(1) Homolle.
(2) Hayem ; cours de 188],
est d'agir contre la chaleur morbide. Cette action comprend une double indication : 4° agir contre la cause productive de la chaleur, c’est-à-dire diminuer la production ; 2° augmenter et favoriser la déperdition. La première représente la médication rationnelle, l’autre la médication symptomatique, et les deux ont leur indication simultanée. Quelle que soit en définitive la conclusion théorique à laquelle on s’arrête sur la cause première de la fièvre, et même ense refusant, dans l’état d’obscurité où se trouve encore le problème, à adopter .une opinion quelconque, il faut reconnaitre expérimentalement qu’il existe un certain nombre d’agents qui ontla propriété de diminuer directement la température du corps. Nous ne voulons pas parler de ces agents toxiques qui,en annulaunt les fonctions, s’attaquent finalement à la chaleur vitale, mais des médicaments dont l’action générale et primitive conduit à ce résultat. Nous ajoutons que la plupart d’entre eux sem-— blent agir directement sur les centres nerveux et ont en même temps la propriété de ralentir les pulsations du cœur. D’autres paraissent porter leur action primitive sur le processus nutritif et agircommemoyen chimique sur la combustion d’autres enfin présentent un caractère purement physique. (1) » L'emploi de cette médication est donc indiqué d’une façon précise dans la fièvretyphoïde en raison de l’intensité habituelle de l'élévation thermique et surtout de la longue durée et de la continuité de la fièvre. Le thermomètre peut ici nous fournir de précieuses indications, en nous donnant la mesure exacte del’intensitédu processus fébrile; il nous indiquera quand nous devrons chercher à le diminuer. Sansdoute,
(1) Hirtz. Art. Fièvre. Dictionnaire de méd. et chir. prat. Rousseau. 4
cette indication est toute symptomatique, mais C ’est tout. ce
que nous pouvons faire de mieux; l'indication causale. sue échappe; nous ne pouvons rien contre la cause même du processus pyrétique ; l’agent infectieux est au-dessus des atteintes de la thérapeutique, du moins dans l’état actuel de la science ; les essais basés sur les découvertes scientifiques ré— centes n’ont pas donné les résultats espérés: antiputrides,créosote, acide salicylique et acide phénique à petites doses, salicylate de bismuth(Vulpian), phénate de soude (id.) etc.
Mais si nous ne pouvons atteindre la cause, il nous est heureusement possible d’en atténuer les effets ; nous pouvons, en diminuant l'intensité de la fièvre, amoindrir les pertes que subit le malade, suspenâre les phénomènes de dénutrition exagérée dont l'organisme du typhoïsant est le siège, et empêcher l’accumulation dans le sarg de matériaux nuisibles de désassimilation ; c’est là le but de la médication antipyrétique, considérée dans le sens le plus large; chaque médica— ment antipyrétique ayant une action particulière qui répond à des indications diverses.
Envisagée de cette façon générale, la médication antipyrétique ressortit à cette médication que,dans son cours de 1882, notre savant maître, M. le professeur Hayem, a désigné sous le nom de médication sthénique et qu’il oppose à ce syndrome dominant toute la symptomatologie des pyrexies, la fièvre typhoïde surtout, l’adynamie. Les phénomènes généraux graves, qui, dans les pyrexies prennent si souvent le premier rang, plus inquiétants que la fièvre elle-même, et qui paraissent dus à une perturbation profonde de toutes les grandes fonctions, à une altération de l’acti-
vité des éléments les plus importants, et qui ont pour
2 se TR
ee résultat l’anéantissement de la force de résistance qu'offre ni l'organisme aux causes morbides, ont été désignés par différents termes : adynamie, ataxie, malignité, putridité. Le mot adynamie considéré dans son sens clinique, s'applique à l’en-
semble de ces éléments morbides ; putridité, désigne la cause,
malignité la marche insidieuse des accidents. L’ataxie est un TRS mode de l’adynamie. Par adynamie ont doit donc entendre l’affaissement de toutes les fonctions, et particulièrement des fonctions dites de la vie organique le plus immédiatement nécessaires au maintien de la vie. ;
Outre cette adynamie générale portant sur l’ensemble des
* éléments, existe, comme le fait remarquer M. Hayem, une
adynamie locale ; celle-ci peut exister seule ou combinée avec
À l’adynamie générale.Lorsquelesystèmenerveux est fortement
touché, apparaît l’ataxie ; la réunion de cette perturbation des fonctions du sytème nerveux avec l’adynamie générale constitue l’état ataxo-adynamique. L’adynamie cardiaque peut aussi exister seule; très fréquente dans la fièvre typhoïde, elle a pour terme le plus élevé le collapsus et la syncope.
- Cetétat adynamique, partiel ou total, ne dérive pas de l’exagération du calorique, mais comme celle-ci, de l’infection du sang et aussi, comme le fait remarquer M. le professeur Jaccoud (1), dela consomption fébrile. Comme nous ne pouvons atteindre l’agent infectieux il faut nous préoccuper des effets et non de la cause, et, pour cela, soutenir et réveiller les forces del’organisme par des stimulants, des toniques, des antifébriles ; c’est le but de la médication sthénique, ainsi opposée à l’élément morbide adynamie (2).
(1) Jaccoud. Traitement de la fièvre typhoïde, Paris, 1883. (2) Hayem. Cours de 1882.
OS
Les médicaments antipyrétiques, les moyens réfrigérants eux-mêmes appartiennent à cette médication. Si, d’une part, les toniques, les analeptiques, les stimulants tendent à augmenter les forces du malade, réveillent l’activité;les antipyrétiques d'autre part, en modérant le processus fébrile, empèchent les déperditions, arrêtent les phénomènes de dénutrition ont l’organisme du fébricitant est le siège, et concou— rent ainsi à remplir l'indication thérapeutique fournie par l'adynamie. Cette action sthénique des antipyrétiques est prouvée surtout par l'amélioration consécutive à leur administration, par la moindre durée de la convalescence, et par une diminution considérable de la mortalité.