OBSERVATIONS
Observation I.
(In thèse Birier, Bordeaux, 1934.)
Décollement épiphysaire du calcanéum compliqué d’ostéile.
(Communication faite à la Société de médecine et chirurgie de Bordeaux, par le professeur Guyot et le D' Courriades, 4 octobre 1934.)
Jean J..., enfant de sexe masculin, âgé de 12 ans, au cours d’une chute de bicyclette, subit un traumatisme du talon.
En effet, le 2? septembre 1934, ce garçon fait une chute de bicyclette, le pied droit ayant glissé sur la pédale en flexion forcée et ayant heurté violemment le sol dur, avec le talon, donc, chute sur le talon, pied relevé.
Pas de signes subjectifs précoces ni de troubles fonctionnels immédiats, en effet, il n’y a pas de douleur immédiate d'intensité réelle ; il n’y a pas non plus de gène à la marche; aucune sorte d’impotence fonctionnelle.
Cependant, deux jours après la chute, se manifestent des douleurs à la marche et provoquées par la palpation ; ces douleurs sont d’ailleurs calmées par le repos. Elles disparaîtront, après atténuation progressive, quinze jours après leur apparition.
En même temps que ces douleurs, accusées par le blessé, on voit apparaître un gonflement progressif du talon droit. L’impotence est alors évidente.
En présence de ces symptômes, on fait faire le 6 septembre 1934, une radiographie, que nous publions, et que nous interpréterons plus loin, cette radiographie du talon droit a été prise de profil, la
EN te
radiographie de face ne nous donnant aucun renseignement en l'occurence, Grâce aux rayons X, nous portons le diagnostic de décollement épiphysaire du calcanéum droit (6 sept. 1934).
Ce diagnostic établi, un traitement est institué, consistant avant tout dans l’immobilisation et le repos au lit.
Mais, dans le cas particulier, ce traitement pourtant classique, s’avère comme inopérant et insuffisant; car une petite tuméfaction s’est constituée, trois semaines après l’accident; elle est apparue daps la région du canal calcanéen ; et cela sans douleur et sans fièvre. Une petite fistule se constitue rapidement, laissant s’écouler bientôt un mélange de pus et sang, par un orifice en cul-de-poule rappelant l’orifice d'une fistule tuberculeuse avec ses bords décollés.
Point douloureux à la pression du squelette. Les choses ne subiront dès lors plus de modifications jusqu’à l’entrée du malade à la maison de santé (clinique Saint-Sernin). L'examen montre alors un talon tuméfié et élargi dans son ensemble. Pas d’ecchymose. L’exploration de la fistule donne accès sur le foyer osseux.
L'intervention chirurgicale est alors décidée, l'opération a eu lieu le 2 octobre (opérateur Pr Guyot; aide Dr Courriades)
Elle consiste à pratiquer, sous anesthésie générale à l’éther (Ombredane), une incision des parties molles, large, verticale, dans le canal calcanéen, en arrière de la malléole interne, et débordant sur la région plantaire; on trouve des tissus mous, épaissis et lardacés, présentant çà et là des fongosités. On a accès rapidement sur le foyer, où l’on distingue l’épiphyse décollée divisée en plusieurs petits fragments blanchâtres, on observe des lésions très nettes d’ostéite. On procède à l’ablation du noyau épiphysaire, décollé et fragmenté qui formait séquestre et entretenait la suppuration. La face postérieure du calcanéum est aussi blanchâtre et éburnée, on résèque toute la partie malade (curetage calcanéen). Ce curetage permet un nettoyage attentif et un ébarbage soigneux de la face postérieure du calcanéum. On referme ensuite par une suture partielle, pour permettre le drainage, celui-ci est obtenu par la mise en place d’une mèche iodoformée. Pansement.
La question se posant de savoir si l’on avait affaire à une ostéite
froide, de nature tuberculeuse ou bien à une ostéite banale, on envoie