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CHAPITRE IV

Conséquences pratiques de la notion d'infection focale

C'est sans aucun doute sur le terrain pratique que l'infection focale présente ses preuves les plus indiscutables. En admettant que le domaine de cette infection soit, au point de vue théorique, des plus restreints (ce qui n’est pas le cas, comme nous venons de le voir), il n’en reste pas moins que, pratiquement, cette notion permet de guérir les malades dans un nombre important des cas.

C’est donc, avant tout, au point de vue pratique que cette question présente un très grand intérêt. Si l'épreuve thérapeutique ne présente pas une valeur absolue pour prouver quil s’agit bien d’une infection focale, cette épreuve correspond cependant au but même de la médecine qui est de guérir le malade.

Or, si l’on en croit les auteurs anglais et américains, l’ablation d’un foyer septique guérit un grand nombre de malades. Ici, une distinction s'impose : il y a des ablations de foyer septique qui sont faciles à pratiquer en ne mettant pas la vie du malade en danger ; ce sont les avulsions dentaires, les amygdalectomies, les petites suppurations cutanées, etc. L’ablation du foyer ou son drainage, dans ces cas, ne présente aucun inconvénient, même

en admettant que l'affection en question ne vienne pas du foyer

incriminé. Il n’en est pas de même quand il s’agit de cholécysteclomies, en un mot d'un foyer septique profond. Dans ces cas, il devient indispensable d’avoir une certitude avant de laparotomiser un malade qui souffre de rhumatisme ou de névralgies rebelles.

I1 ne fait pas de doute actuellement que dans tous phénomènes infectieux, on doit rechercher le foyer latent qui alimente le processus ; quant aux sanctions thérapeutiques, on ne saurait assez conseiller la prudence. Coïncidence ne veut pas toujours dire relation de cause à effet.

Le foyer septique persistant est une culture qui se draine mal. Le traitement de ces foyers doit donc se faire par l’ablation ; ils doivent être détruits. Mais pour extirpation, on doit prendre les précautions les plus minutieuses, car même après avulsion dentaire ou tonsillectomie, on peut voir des complications septiques graves.

Quand une affection relève incontestablement d’une infection focale, il n’est pas absolument certain que la suppression du foyer en amène la guérison ; un exemple typique en est fourni par les gangrènes du poumon. Nombre de ces gangrènes sont dues aux anaérobies du milieu buccal et cependant la désinfection de celui-ci ou même l’ablation des foyers dentaires n’en amène pas toujours la guérison.

Il nous semble donc que, si la notion d'infection focale peut rendre de très grands services en thérapeutique, il convient d’être extrêmement circonspect quand la cure de ces infections exige des grands moyens.

Pour ces cas difficiles, on a préconisé des moyens de théra- .peutique médicaux. Ceux-ci consistent avant tout en vaccination, surtout au moyen d'autovaccins et dans l’immuno-transfusion de WRIGHT, qui, pour WILCOX, est le traitement de choix des

infections focales.

DD

L'emploi des vaccins semble se limiter dans les cas où le foyer enlevé ne suffit pas pour supprimer les manifestations de Ia maladie. OACKLAND pense que quand le foyer persiste, le vaccin est plus nuisible qu’utile.

Là où la connaissance des foyers bucco-pharyngés rend les plus grands services est certainement dans la prophylaxie des maladies infectieuses. Le problème a été vu dans toute son ampleur par WORMS. Nous ne reviendrons pas sur ce ‘que nous avons dit à ce propos au début de notre travail. Il nous semble capital au point de vue de l'hygiène, qui est une des plus belles conquêtes de la médecine moderne, d'envisager ce problème très sérieusement. Ce qui a été fait pour les porteurs de germe pourrait êire fait pour tous ceux qui craignent les maladies infectieuses dont jun grand nombre nous vient certainement du milieu buccal, le plus septique de toute notre économie.

Par conséquent, on peut conclure que l'infection focale a nettement fait ses preuves. Il serait peut-être un peu osé, dans l’état actuel de la question, de maintenir le tableau établi par la Métropolitain Life Assurance Company, qui impute à l'infection focale :

14 0/0 des cas de rhumatlisme.

8,4 0/0 des cas d’endocardite.

8 0/0 des cas de myocardite.

7,2 0/0 des cas d’anémie pernicieuse.

7,2 0/0 des cas d’ulcère d’estomac.

Mais il n’en est pas moins vrai que le praticien qui se trouve en présence d’une de ces affections, et d’autres qui s’ajouteront par la suite, devra toujours penser à cette source focale et la rechercher avec minutie.

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