C. Infections secondaires et l’expérimentation
Pour prouver la réalité du processus infectieux mixte certains auteurs se sont adressés à l’expérimentation; ainsi Babès montre que le bacille de Koch se développe bien sur une culture de streptocoques et de pneumocoques, mais non sur celle de staphylocoques. Au contraire, ces derniers prospèrent lorsqu’on les ensemence sur une culture de bacilles tuberculeux. Le bacille de Koch qui poussait sur
les cultures de steptocoques ne possédait pas une virulence
particulière. |
Roncali recherche s’il existe vraiment un antagonisme entre le bacille tubereuleux et d’autres microbes. Il constate que le bacille pousse mal sur un milieu ou ont déjà poussé la plupart des microbes pathogènes. D'autre part ces derniers après un contact avec le bacille de Koch ne se développent plus lorsqu'on les transporte sur un milieu nouveau. Des produits solubles du bacille de la tuberculose ont peu d’effet sur la croissance des microbes, sauf sur le Streptocoque et le staphylocoque. qu'il affaiblissent légèrement.
Koch et Petrouchky ont pratiqué chez deux tuberculeux présentant du streptocoque dans leurs crachats des nombreuses inoculations des cultures de streptocoques et ceci à des doses bien supérieures à la dose mortelle pour le lapin. Ils n’eurent aucun signe d’infection. Kerchensteiner n’a pas craint d’expérimenter sur un homme sain à qui il a injecté des cultures de streptocoques isolées des crachats des phtisiques. Il à obtenu une légère infection rappelant un érysipèle bénin.
Prudden ensemence simultanément sur bouillon glycériné des streptocoques et des bacilles de Koch. Le streptocoque se développe aussi abondamment que sur les cultures où il est seul, tandis que le bacille tuberculeux ne pousse pas du tout. De même ce dernier est incapable de développement sur du bouillon glycériné dans lequel le streptocoque a poussé pendant cinq jours et qui a été stérilisé ensuite. Quant au streptoéoque il ne pousse pas davantage quand il est ensemencé sur du bouillon stérile, mais dans lequel se développait autrefois le bacille. Des
recherches de Ramond et Ravaud il semble résulter que le développement du bacille tuberculeux n’est pas favo-
risé par l’adjonetion d’autres microbes et que d’autre part le bacille et ses produits n’exercent pas plus d’action sur le microbe ordinaire.
Teissier étudie les effets de l’adjonction de tuberculine aux microbes pyogénes. Il a comparé des lapins ayant recu des doses répétées de tuberculine avec des lapins inoculés de la même facon, mais avec des cultures virulentes des streptocoques en plus ; ces derniers mouraient rapidement, les lapins inoculés avec la tubereuline seule n’éprouvaient rien. Un troisième lot des lapins qui recevaient la même dose des streptocoques sans avoir eu antérieurement l’injection de tuberculine avaient une survie assez longue. ; Les recherches conduites dans ce sens ont été nombreuses. Deux faits peuvent s’y dégager : on n°4 pas pu établir in vitro la symbiose du bacille tuberculeux et d’autres microbes, par contre on a constaté l’action favorable de la tuberculine sur la croissance et la virulence des microbes pathogènes.
Les recherches expérimentales proprement dites ou l’on
rimes
sé proposait d'étudier l'influence des infections associées sur le développement de la tuberculose expérimentale ont été également nombreuses. On peut diviser ces expériences en deux séries : dans les unes on recherchait le développement de la tubereulose chez un animal déjà porteur d’une infection, dans les autres, les auteurs étudiaient l’action d’une infection survenant secondairement au cours d’une tuberculose expérimentale. L’énumération de tous ces travaux nous conduirait trop loin et nous nous contenterons de citer les conclusions de Halbron dont les recherches ont été incontestablement les plus complêtes parmi celles qui étaient faites dans ce sens là. Des diverses voies d’infection ont été utilisées par cet auteur pour'inoculer des cultures de stapyolocoques (les plus maniables), aux cobayes et aux lapins préalablement ou postérieurement tuberculisés :
1° Injection d’un mélange de bacilles de Koch et de staphylocoques dans la veine porte du cobaye. L'association de ces deux éléments ne semble pas augmenter l’action pathogène ni de l’un ni de l’autre.
2° Injection d’un mélange de bacilles et de staphylocoques dans la veine auriculaire du lapin. Les altérations produites sont les lésions propres au bacille et les lésions propres au staphylocoque. Les unes et les autres évoluent pour leur compte se localisant comme lors d’une infection simple et indépendamment les unes des autres.
3° Inoculation des staphylocoques secondairement à une inoculation intra-péritonéale de tuberculose. L’infection secondaire exerce son action en créant des lésions tubercu-
leuses. Quand les lésions bacillaires et staphylococciques -
coexistent dans un organe, elles évoluent indépendamment les unes des autres sans qu’il y ait combinaison des lésions.
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4° L'injection intra-trachéale des staphylocoques chez un lapin tuberculeux peut ne produire aucune lésion, soit aigue soit chronique. Elle peut au contraire tuer l'animal très rapidement, mais l’extension et l'intensité de ces lésions les rendent différentes des lésions dites d'infection secondaire observées chez les phtisiques.
5° Des injections répétées des staphylocoques dans le péritoine des cobayes tuberculeux n’ont pas une action défavorable sur l’évolution de la tuberculose.
6° Des injections répétées par voie sous-cutanée de staphylocoques chez des lapins tuberculeux sont sans effet sur la marche de la maladie, sans influence sur la formation des lésions.
Nous signalerons encore les recherches de Duhot de 1914, lequel utilise les nouveaux procédés de tuberculisation des cobayes. Le permier lot est tuberculisé avec 0 m. 001 de bacilles bovins par injection sous cutanée ; six semaines après est faite une inoculation de culture sur gelose des microbes variés retirés des crachats des phtisiques. Le deuxième lot est tuberculisé par instillations intraoculaires de 0 m. 005 des bacilles et subit au bout de six semaines une inhalation des particules liquides pulvérisées provenant d’une émulsion de la culture sur gelose. Enfin un troisième lot est tuberculisé par inhalation pendant 15 minutes des bacilles bovins en raison de 0.05 par 50 cc. d’eau salée. Six semaines plus tard ces mêmes cabayes font huit inhalations dans les mêmes conditions que ceux de second lot.
Ces divers cobayes ont présenté une évolution semblable et à l’autopsie les lésions constatées, variables suivant les divers modes d'infection tuberculeuse, n’étaient pas
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différentes chez les animaux infectés secondairement et chez les témoins tuberculisés, mais qui n’ont pas subi d’inhalation de culture des: microbes pathogènes variés.
En résumé, les principaux faits apportés par l'expérimentalion ne sont pas en: faveur du rôle pathogène des microbes pyogènes sur la marche de la tuberculose. En pratiquant l’adjonction d’une infection secondaire on peul obtenir dans certains cas une superposition de lésions, mais non pas une combinaison ; et celte adjonction n'amène pas une extension plus grande ni une marche plus rapide de la tuberculose.
D. Infections secondaires et la clinique
Les recherches entreprises sur les infections secondaires ont porté, comme nous l’avons essayé de le montrer, non seulement sur les crachats, sur le contenu de cavernes et sur l’expérimentation, mais aussi sur la clinique et en particulier sur le signe, un de plus constant, de plus marquant de la phtisie, la fièvre. Tout naturellement, les au-
teurs comparaient les courbes de la fièvre élevée, surtout -
celle à grandes oscillations, dite hectique, aux tracés thermiques observés dans les grandes septicémies ; on à établi une relation entre la présence. des microbés pyogènes dans les crächats et dans les cavernes et l’apparition de la fièvre chez les tuberculeux. C’est en particulier l’école de Koch avec les travaux de Petruséky qui défendit cette idée. Cet auteur considérant comme fréquente la présence
de streptocoques dans le sang de phtisiques rattache à cette septécimie la fièvre hectique : la courbe est considérée comme caractéristique et reçoit même le nom de
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