‹ Contribution à l'étude des injections hypodermiques et parenchymateuses d'acide phénique: Expérimentation et CliniqueChapitre 22 sur 31 · LÉ · texte numérisé non relu

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RE » contraire, ont une action élective sur l’axe cérébro-spinal. Il » agit à la fois sur le pouvoir respiratoire du sang et sur les > centres nerveux calorigènes, de telle sorte que son action > toxique, chez les animaux, est caractérisée par des altéra- » tions profondes du sang et des convulsions. »

Ajoutons que MM. Lépine et Porteret ont présenté la question sous un nouveau jour, au mois dernier, à l’Académie des sciences. Ils prétendent que les antipyrétiques mettent obstacle à la transformation du sucre englycogène hépatique, non seule-

ment par l'intermédiaire du système nerveux, mais en agissant aussi sur la cellule hépatique, directement in vitro. Ce fait n’est pas sans importance pour la théorie de l’action antithermique et antiputride de l’acide phénique, en particulier.

$ 2. Action antixymasique ou antiputride.

. Si l’on considère que le médicament produit toute son action, surtout dans des maladies comme l’érysipèle, le charbon (nous n’osons dire la septicémie) dont la nature parasitaire est hors de conteste, il semblerait naturel de croire que l’acide phénique agit surtout comme bactéricide; mais c’est encore une hypothèse qui mérite d’être démontrée.

Un véritable antiseptique doit empêcher la septicité de se produire dans les liquides et les solides abandonnés à la putréfaction et, de plus, prévenir ou guérir les affections produites par l’absorption des agents septiques. Nous avons déjà fait la part de l’acide phénique à ce dernier point de vue. Un résumé succinct des expériences in vitro, prouvant l’action bactéricide de l'acide phénique montrera combien la question est peu résolue.

Lemaire ouvre la voie en démontrantque le phénolen solution au centième arrête toute fermentation putride et tue instan-

US tanément les germes qui sont le « primum movens » des phénomènes chimiques de la fermentation. Danion recherche alors si l'acide phénique à aussi une action toxique sur « ces petits êtres qu’on retrouve dans différentes espèces de sang Infecté. » Il croit que cet agent, tout en arrêtant la putréfaction du sang typhoïde et varioleux, n’a aucune action sur le principe infectieux du sang; mais ses résultats ne sont pas concluants parce qu’il s’est attardé à constater si l’acide phénique arrête ou non les mouvements des microzoaires. Davaine est arrivé aux mêmes conclusions que Lemaire.

Demarquay et Colin prennent des liquides albumineux et les laissent se putréfier jusqu’à production de vibrioniens. Ajoutant alors de l’acide phénique, ils voient que les bactériens continuent à y vivre et à s’y développer. Pour eux, il n’y à de bactéricides que les solutions assez concentrées pour détruire les albuminoïdes; mais alors elles ne sont plus apphcables, disent-ils, en chirurgie. Pour Béchamp (1), quelques gouttes d'acide phénique empêchent à la fois le développement des infusoires et des moisissures, c’est-à-dire une fermentation non encore commencée; mais elles n’empêchent pas une fermentation déjà commencée et tout organisée de continuer son action ; la fermentation s'achève en dépit de l’acide phénique.

Tédenat dit, dans.sa thèse, qu’une solution phéniquée à 1 ° suffit à détruire les virus d’un liquide de culture; mais il s'explique: « les solutions immobilisentles vibrioniens qui s’agi- » talent dans une goutte de liquide putride placée sur une lame » de verre sous le microscope. En versant ces solutions dans » une quantité égale ou double de liquide septique, on n’y trou- » vait pas de microbes; mais le lendemain, on les voyait dans » l’éprouvette bien bouchée aussi nombreux et aussi mobiles » qu'auparavant ».

(1) Montpellier médical (novembre 1875). Revue des Sciencés médicales (t. VIII, p. 113).

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Bucholtz (1) a trouvé que les champignons de la levûre de bière perdent leurs propriétés de ferment par l’action prolongée d’une solution phéniquée à 1/200; une solution au 1/25 s’oppose à leur diffusion.

Miquel fait tomber le phénol de son premier rang parmi les antifermentescibles au 40° rang parmi les forts antiseptiques. Il nous apprend, en effet, qu’il faudrait au minimum 3 gr. 50 d'acide phénique pour arrêter le développement des bactéries contenues dans un litre de bouillon de bœuf; c’est dire que les tissus ou les liquides infectés de bactéries nécessitent, pour être atteints, des doses considérables. Bien que l’acide phénique soit un excellent antiseptique, ce n’est pas une raison, dit-il, pour qu’il agisse sur les micro-organismes qui ont pénétré dans l’économie et qu'il désinfecte l'organisme tout entier, comme lorsqu'il agit localement sur une plaie.

Fissinger (de Thann) a étudié les germes qui y trouvent ou non un terrain défavorable. Tandis que les vibrioniens anaérobies sont formellement exclus de son milieu, les vibrioniens aérobies, et en particulier le Bacillus subtilis, peuvent y végéter alors même que le parasiticide serait à la dose de 25/100.

L’acide phénique, dit J. Dougall, ne détruit pas la matière organique, mais la conserve et l’'embaume; 1l suspend l’action zymotique; mais bientôt il se volaülise et restitue à l’agent infectant toute son activité.

Pettenkôfer prétend que cet antiseptique est un simple coagulant englobant dans un magma d'albumine les corpuscules virulents.

Pour Gosselin et Bergeron, il faut une solution concentrée d'acide phénique pour empêcher l'apparition de la putréfaction dans du sang frais abandonné à l'air libre; mais 11 *% de phénol arrêtent complètement la putréfaction.

(4) Bull. Acad. méd., 1883.

« Toute maladie virulente est fonction de microbe », a dit Bouley. Par conséquent, ajoutent Rothe et Michelson, de l'action antifermentescible de l'acide phénique, il est permis de conclure à son action antivirulente. C’est ainsi que, pour ces auteurs, l'addition de 1 +, de phénol n’arrête pas les effets de la lymphe variolique, au lieu que ? *. sont suffisants. Du pus frais retiré de collections inflammatoires perd ses propriétés virulentes sous l'influence de 5 4 d'acide phénique ; cette quantité est insuffisante si l’on a affaire à du pus putride.

Enfin, M. Gaertner (1) a soumis à ses recherches les coccus du pus, les bacilles du sang de rate et de la fièvre typhoïde. Il a préparé des cultures pures de chaque champignon sur de la gélatine nourricière et a fait agir sur ces cultures pures des solutions aqueuses d'acide phénique à 1, 2, 3 °/, pendant un temps variable. Suivent ces résultats :

« Les bacilles de l’érysipèle sont tués dans une solution à 1 °/, au bout de 60 secondes ;

» Les staphylococci aureus et albus résistent à une solution de 1°, pendant 5 minutes et à une solution de 2 ?/, pendant ne |

» Les micro-organismes de la fièvre typhoïde présentent la plus grande résistance ;

» Mais tous les micro-organismes connus sont tués par l’action d’une solution aqueuse phéniquée à 3 *, continuée pendant 15 à 60”. »

Bien que la démonstration ne soit pas complète, ces résultats sont favorables à l’action antiseptique des injections hypodermiques phéniquées; mais permettent-ils d'espérer, comme le disent Pécholier et Brousse (2), une application utile au traite-

(4) Communication au 14e Congrès de la Soc. allem. chir. de l'office sanitaire imp. 1885. (2) Dictionnaire des sciences médicales.

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tir ment des maladies virulentes? « Cela est absolument impro- : » bable et la thérapeutique ne sera pas à ce point modifiée. » De même que chaque germe et chaque virus ont leur origine et leur existence spéciales, de même chacun d'eux exige pour sa destruction un agent approprié, spécifique.

Nous devons donc nous borner à enregistrer, sans les expliquer complètement, jusqu’à nouvel ordre, les effets indiscutables des injections sous-cutanées d'acide phénique surtout dans l’érysipèle et l’anthrax, et dire avec Vallin : « L’acide » phénique ne mérite ni l'excès de bien, ni l'excès de mal qu’on » en à dit; c’est en somme un assez bon antiseptique » et parfois un antithermique précieux.

$ 3. Action sur la sensibilité.

Nous n’entrerons pas dans le détail de toutes les théories qui ont voulu expliquer les phénomènes d’anesthésie, puis d'hypéresthésie survenant sous l'influence de l'acide phénique donné à doses toxiques; nous n’ajouterons qu'un mot sur l’action analgésique des injections hypodermiques en thérapeutique. L'opinion de Lemaire qui mettait en jeu la coagulation du sang dans les capillaires est démentie par ce fait contrôlé par nousmêmes que le sang reste à l’état liquide, après la mort, dans les vaisseaux des animaux non intoxiqués.

En somme, il s’agit plutôt d'une influence directe sur les centres nerveux, que d’une simple action sur les extrémités des nerfs. Ce qui nous confirmerait dans cette idée, c'est la persistance de l'effet sédatif que nous avons observée dans quelques-unes de nos observations.

Mais quelle portion des centres nerveux faut-il envisager ? Danion aurait toujours trouvé un certain degré de congestion

du cerveau à l’autopsie de ses lapins; nous n'avons rien trouvé . 8 F

de tel dans les deux autopsies que nous avons eu l’occasion de faire au laboratoire; aussi nous rangerons-nous plutôt à la théorie MM. Bert et Jolyet : l'acide phénique agit en particulier sur la moelle dont il mettrait en jeu la puissänce excito-motrice pour augmenter la sensibilité «la diminuer » et l'abolir ensuite.

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