‹ Contribution à l'étude des injections hypodermiques et parenchymateuses d'acide phénique: Expérimentation et CliniqueChapitre 24 sur 31 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

Nous n'avons pu trouver qu’une seule observation de typhique soumis aux injections sous-cutanées d'acide phénique, nous la reproduisons in eætenso, en première ligne.

OBSERYATION. I

Thèse Van Over, page 35.

Fièvre typhoïde grave.— Administration de l’acide phénique en boissons,

lavements et injections hypodermiques pendant huit jours.

Injection hypodermique de 0,25 centigrammes d’acide phénique matin et soir. Sueurs profuses après ces injections, Le soir le malade est allégé.

Injection à 11 heures du matin. T. à 5 heures, 380; à 8 h. 30, 38,8; à minuit, 38.

Injection à 3 h. 1/2 du soir. T. à 5 h. 30, 38,6.

‘Injection à 10 heures. Le thermomètre s'élève dans la matinée pour marquer 39,8 à midi; il reste stationnaire jusqu'à 3 heures et descend après.

Au 34° jour, l'injection est faite à 4 h. 30 du soir, avec une température de 40,8. À 6 heures, la température est descendue d'un degré (39,7).

En somme, de véritables intermissions se sont produites dès qu’on a eu

- recours aux injections sous-cutanées. À chaque injection, le plateau ther-

mique a été rompu. Outre cette transformation d'une fièvre continue et franchement rémittente, l'allure habituelle du type fébrile semble renversée.

Si l'acide phénique est administré dansla journée, c'est chaque soir qu'ont

lieu les rémissions et l’exacerbation quotidienne est tranportée dans la matinée. Le pouls et la respiration ont suivi ces variations. Pendant un certain laps de temps, l'acide semble n'avoir pas agi ou seulement légère-

ment. Peut-être faut-il attribuer cette diminution d’action à l’accoutumance.

Dans nos observations, il nous est souvent arrivé de voir une élévation thermique se produire tout d'abord sous l'influence de l'acide phénique; mais la chute ne se fait pas longtemps attendre (Voir observations).

À. Action antiphlogistique.

OBSERVATION II (personnelle)

Phlegmon ancien du ligament large propagé à la fosse iliaque.

Crises douloureuses fébriles.

(Voir planches 1 et 1 bis).

B... (Marie), 30 ans, cultivatrice, couchée au lit 22 de la salle 4 (service de M. le D' Poinsot), est entrée le 11 septembre 1888.

Elle a fait, le 14 octobre 1887, son quatrième accouchement, sans aucune complication. Elle s’est levée le troisième jour ; son enfant est mort neuf jours après sans cause connue. Le vingtième jour après l'accouchement,

elle commença à «enfler de partout», ce qui nécessita un mois de repos au lit, Elle put travailler néanmoins pendant tout l’été. Au mois d'août, les règles revinrent pour la première fois depuis l'accouchement ; mais elles furent suivies de vives douleurs et de gonflement du ventre. Cette tuméfaction : reparait, depuis cette époque, par crises irrégulières, dans l'intervalle desquelles le ventre conserve toujours un certain degré d'empâtement.

La fosse iliaque gauche est également toujours plus ou moins doulou-

reuse à la pression. Le toucher vaginal révèle dans le cul-de-sac latéral gauche, la présence d’une tuméfaction rénitente, non dépressible au doigt, séparée de l'utérus par un sillon appréciable.

Nous ne sommes pas à l’époque des règles.

22 septembre : Douleur très vive dans la fosse iliaque gauche persistant depuis deux ou trois jours. Vague sensation de fluctuation profonde avec empâtement dur par places. M. Boursier se propose, si cet état continue, d’aller chercher le pus en pratiquant une ouverture abdominale. La température monte le soir à 38,8.

Injection de 0,50 centigr. de solution phéniquée (glycéro-phéniquée) au niveau du point douloureux.

23 septembre : Le thermomètre ne rate plus ce matin que 37,6. La malade s’est sentie soulagée presque aussitôt après l'injection et a pu dormir toute la nuit.

Le mieux s’est continué durant toute la journée.

Dans la soirée, se manifeste encore un petit mouvement fébrile (38,2) de peu de durée.

24 septembre : La température est retombée, le soir, à 37,8.

25 septembre : Tm. 37,8. Ts. 37,2. Pas de douleur.

La température se maintient dans les 37° jusqu’au 30 octobre.

30 octobre : Depuis deux jours seulement, la malade commence à ressentir quelques douleurs sourdes dans le côté gauche du ventre. Insomnies. Sensation de pesanteur dans le petit bassin. Empâtement dur.

4 octobre : La température est descendue à 37,2. L'action s’est fait sentir, au dire de la malade, environ une heure après la piqûre qui «a endormi totalement la douleur » et la malade elle-même.

47 octobre : L'époque des règles est passée depuis cinq jours et la malade n’a «rien vu ». Douleur très vive dans le flanc gauche avec irradiation dans les lombes. Frissons. Le thermomètre marque 39° Le soir. Peau chaude ; pouls accéléré.

48 octobre : Tm. 38°. Ts. 38,8.

Injection de 0,03 cent. d'acide phénique loco dolenti.

19 octobre : La température est à 37,2 le matin et à 37,8 le soir, mais sans frissons, sans douleur.

20 octobre : Tm. 37°, Ts. 37,3.

Nous avons quitté le service peu de temps après, mais nous savons que la malade est sortie de l'hôpital le 17 novembre, sans avoir eu de nouvelles crises pendant cette période d’un mois. L'induration existe toujours dans la fosse iliaque gauche, mais à un degré bien moins accusé qu’au moment de l’entrée de la malade. En tout cas, il ne peut-être question de péritonisme hystérique.

OBSERVATION III (personnelle)

Hématome de la fesse par coup de pied de cheval.

Auriat, Jean, 43 ans, charretier, entré Le 1% août 1888 dans le service de M. le D' Poinsot, salle 10, lit 24, ne présente à signaler aucun antécédent héréditaire ni personnel. |

La veille, dans la matinée, ce malade a recu dans la fesse droite un coup de pied de cheval à une distance de deux mètres environ. Il a pu continuer son travail jusqu'à quatre heures de l’après-midi; mais il ressentit bientôt dans l’aine une douleur tellement vive, qu’il dut quitter le chantier pour se mettre au lit.

En se couchant, il sentit sous le doigt, à la racine de la cuisse, quatre ou cinq petites glandes. Pendant loute la nuit, le point contus a été le siège d’une inflammation très intense se traduisant par une sensation de cuisson extrêmement pénible.

Le lendemain, on constate une large ecchymose occupant toute la région fessière du côté droit, plus foncée à la partie inféro-externe, Chaleur vive au toucher. Sensation d'empâtement profond sans fluctuation ni rénitence.

Le 2 août, au matin, l'interne du service croit devoir faire appliquer six sangsues au niveau de la fesse; mais il s'ensuit une exagération des phéno-

mènes douloureux et un accroissement notable de la bosse sanguine.

65 mt

5 août : Elal stationnaire. Douleurs spontanées très aiguës. Température locale (rès élevée. Teinte noirâtre de l'ecchymose.

6 août : J'injecte sous la peau de la face postérieure de la cuisse droite, à la limite inférieure de la tuméfaction, À gramme de solution d'acide phénique à 0 gr. 50 pour 20 grammes, dans laquelle est incorporée une certaine quantité de glycérine.

7 août: Une demi-heure après l'injection, le malade à commencé à dormir pour une grande partie de la nuit. Les douleurs spontanées ont disparu. La main appliquée au niveau de la région malade constate une diminution très notable de la chaleur.

8 août : Dans la soirée je fais une nouvelle injection dans les mêmes conditions et à dose égale.

9 août : L’empâtement diminue d’une facon sensible. Toute douleur a disparu. ;

15 août : Le malade sort guéri.

Remarques. — Nous regrettons de n’avoir eu à traiter qu'un cas de ce genre. Nos injections ont-elles entravé la tendance qu'ont généralement ces collections sanguines à suppurer? Toujours est-il que l’action antiphlogistique et calmante à été des plus manifestes, aussitôt après la première injection.

B. Applications post-opératoires ( Action antithermique et antiputride).

OBSERVATION IV (résumée).

(Publiée par M. Bourster dans les Bulletins de la Société de Médecine de Bordeaux).

Fracture compliquée de la jambe droite. — Résection des extrémités des fragments du tibia. — Accidents septicémiques. — Injections sous-cutanées

d'acide phénique. — Guérison.

Bb: (R.), sculpteur sur pierres, 43 ans, tombéd’une hauteur de 15 mêtres environ, est transporté sur un brancard à l'hôpital Saint-André où il est admis salle 48, n° 29, dans le service du professeur Denucé suppléé par M. le professeur agrégé A. Boursier.

La jambe droite portait une plaie à sa partie antérieure, à l'union des deux tiers supérieurs avec le tiers inférieur. Elle baignait dans le sang, car la plaie avait beaucoup saigné ; mais l'hémorragie étaitarrêtée. Le membre était complètement fracturé à ce niveau et les fragments formaient un angle obtus à sinus ouvert en dehors. Au fond de la plaie, remplie de caillots, on apercevait des fragments osseux. Crépitation multiple facile à percevoir à distance. Le fragment supérieur du libia fait saillie en avant, taillé en bec de flûte, tandis que le fragment inférieur remonte en arrière et en dehors. Le péroné est également fracturé.

Lavage phéniqué de la plaie, réduction laborieuse des fragments, pansement de Lister, gouttière en fil de fer doublée de ouate, potion alcoolique. Le malade n’a pas de choc. La température est à 38°4. Dans la soirée, frisson violent ayant duré deux heures,

4 février : Nuit agitée, pansement de Lister renouvelé sous le spray.

6 février : Pansement, la plaie suppure assez abondamment, mais les chairs sont violacées et saignent facilement. Le soir la température atteint . 40° 4.

— 67 — 8 et 9 février : Aspect gangréneux de la plaie. Pus abondant et s’écoulant mal. Le fragment supérieur est mal maintenu, la peau est décollée et dénudée dans une étendue de 5 à 6 centimètres, Le malade a de la fièvre,

un facies inquiet, la langue sèche,

10 février : Aggravation de l'état local; altération du pus retenu, large incision du foyer de la fracture et résection des parties saillantes des fragments, 5 centimètres pour le fragment supérieur du tibia, 4 centimètre pour le fragment inférieur. Gouttière plâtrée avec pansement de Lister sur la plaie.

Du 12 au 22 février : Amélioration de l’état général et local. Pansement quotidien sous le spray phéniqué. Plaie rose avec suppuration moindre;

bourgeons de bonne nature.

24 février : Bourgeons charnus recouvrant complètement et maintenant en place les fragments osseux. Tendance à la cicatrisation de la plaie. La

température ne dépasse guère 38°.

Du 2 au 5 mars : La plaie va moins bien; arrêt de la cicatrisation ; bour-

geons charnus pâles et blafards.

6 mars : Frisson de deux heures. Température 40,2. Bourgeons pâles, atoniques, recouverts d’un enduit blanchâtre, adhérent, rappelant de loin la

pourriture d'hôpital.

Du 6 au 15 mars : Etat grave. Températures vespérales toujours fort élevées. Etat local persistant malgré les applications réitérées de citron et de perchlorure de fer. Langue blanche. Constipation opiniâtre. Inappétence. Vomissements. Urines rares et très chargées.

16 mars : Frisson de deux heures. Température, 410.

47 mars : Je cautérise énergiquement la plaie au thérmo-cautère, et de plus, sur le conseil du professeur Denucé, je fais pratiquer une injection sous-cutanée de À gramme de la solution suivante : eau, 20 grammes ; acide phénique, 1 gramme.

Pas de frisson le soir. Température, 39,9.

18 mars : Même traitement; cautérisation de la plaie au thermo-cautère

et injection de 1 gramme par jour de la solution phéniquée. La température s'est subitement affaissée ; le malade va mieux.

Du 19 au 25 mars : Amélioration progressive; appétit, sommeil. La courbe thermométrique est considérablement descendue. La plaie, pansée tous les jours à l'alcool phéniqué, a repris bon aspect. Les injections sous-cutanées ont été faites chaque jour à la même dose,

26 mars : Suppressions des cautérisations et des injections.

Pendant le mois d'avril, la cicatrisation s’est complètement terminée et, le 18 juin, la fracture est complètement consolidée. Le malade est envoyé aux eaux d'Ax, d'où il revient marchant facilement avec une canne et une

semelle de 3 centimètres pour éviter la claudication.

Réflexions. — On pourrait se demander, ajoute M. Boursier, si la guérison n’est pas due plutôt aux cautérisations de la plaie qu'aux injections. Mais Follin lui-même convient que si la cautérisation est pratiquée après les frissons, la mort est à. peu près inévitable. Il existe deux cas de guérison; mais alors la cautérisation à été pratiquée avec de la pâte au chlorure de zinc, déterminant une eschare épaisse, et l'amélioration s’est faite lentement. Dans l'observation ci-dessus, au contraire, la plaie a été simplement touchée au fer rouge qui modifie beau coup moins profondément les tissus que les caustiques potentiels. De plus, dès le surlendemain de l'emploi simultané des cautérisations et des injections, nous voyons un abaissement brusque de température et un changement complet de l’état général. Or, nous ne connaissons pas de fait qui puisse nous permettre de rapporter au fer rouge la production de semblables résultats. Nous sommes donc forcé d'admettre qu'ils sont dus à l’action des injections phéniquées, tout en reconnaissant volontiers que l'emploi du fer rouge à pu contribuer à leur succès.

une

OBSERVATION V (personnelle) Ostéomyélite prolongée du tibia. — Evidement de l'os.

Voir planche 2:

F.., Pierre, 22 ans, cultivateur, entre à la salle 19, lit 26, le IL février 1888 ; il est porteur de fistules osseuses multiples siégeant au niveau du tiers moyen du tibia gauche,

Abcès au même niveau à l'âge de dix ans, Incision ayant donné issue à une notable quantité de matière et à de petits morceaux d'os, Au mois de novembre dernier, douleur dans le genou gauche ; en même temps tuméfaction à la partie moyenne de la jambe. Issue de pus et de sang coagulé. Depuis cette époque, persistance de fistules osseuses.

Le 10 avril, M. Boursier pratique l'évidement du tibia malade.

Incision longitudinale au niveau de la fistule la plus supérieure, donnant accès dans une cavilé remplie de fongosités et de pus, véritable puits au fond duquel on trouve un séquestre en aiguille pénétrant jusque dans la cavité médullaire. Même incision pour les autres fistules. Curage très laborieux de tout le tissu lardacé et fongueux. Badigeonnage de toute la surface cruentée au chlorure de zinc. On use largement du thermo-cautère.

13 avril : Douleur vive au niveau de la clavicule gauche.

14 avril : La température est à cinq heures du soir de 38,6. Pus retenu dans la plaie ; lavage abondant,

45 avril : Ts. 40,4.

16 avril : Ts. 40,2, Pouls à 120.

. A7 Avril : Tuméfaction avec fluctuation profonde au niveau du tiers interne de la clavicule, plongeant un peu dans le creux sous -claviculaire,

.-On fait sous la peau du bras une injection d'acide phénique au 206, la température étant à 40,2. Deux heures après, le thermomètre marque 39,4; le pouls est à 116.

18 avril: 2e injection, Ts. 39,2.

19 avril :.3°-injection toujours d’un gramme de solulion. Ts. 38,2.

no

20 avril : 4° injection de 0,50 cent. seulement. Ts. 38,2.

L’'abcès de la région sterno-claviculaire diminue sensiblement de volume ; la douleur est beaucoup moins vive.

21 avril : Tm. 37,4. Ts. 37,6. ;

26 avril : La température qui depuis cinq jours, était normale, monte le soir à 38°, Injection de 0 gr. 02 d’acide phénique sous la peau du bras.

98 avril : IL semble que les urines aient une légère teinte brune; mais, dès le lendemain, elles reprennent leur couleur normale. Tout rentre dans l'ordre. La température ne dépasse pas 37,6 jusqu'à la sortie du malade.

Guérison complète.

Remarques. — Outre leur action évidente sur la température, les injections phéniquées semblent avoir eu ici une in- -fluence favorable sur la marche de l'affection, comme devait le faire prévoir leur action immédiate dans les cas de furonculose. On sait, en effet, depuis Pasteur, qu’il y à une grande similitude, sinon identité, entre le microbe du furoncle et celui de l'ostéomyélite.

OBSERVATION VI (personnelle)

Cure radicale d’une hernie inguinale droite irréductible. — Phlegmon

gangréneux des bourses. Hyperthermie.

(Voir planche 3).

B... (Jean), 40 ans, charretier, est opéré par M. le professeur agrégé Pousson dans le service de M. le D' Poinsot, le 45 novembre 1888. - Le 19 novembre, la température monte à 38,4 le soir. Le scrotum est le siège d’une vive tuméfaction ; un phlegmon est imminent. | Le 21 novembre, le thermomètre marquant 39° à 10 heures du matin, j'injecte sous la peau du triangle de Scarpa 15 divisions de solution phéni-

quée au vingtième. À 5 heures et demie, nouvelle injection de 20 divisions

PAR RS TT Ce M 1. er te JTE CPE SES p » : Le

ù ke D dans le même point mais du côté opposé. Le sulfate de quinine à la dose de 60 centigrammes est donné au malade (T.s. 39,4. Une plaque de sphacèle se montre à la surface du scrotum,

92 novembre : À 10 heures, troisième injection de 5 centigrammes d'acide phénique (T. 39°) sous la peau du bras. À 5 heures, la température a baissé de 2 dizièmes de degré ; or, une heure à peine s'est écoulée depuis que la quinine a été absorbée. Injection de 10 divisions sous la peau du bras, La plaque de sphacèle reste stationnaire.

23 novembre : la température est à 39°; il y a donc une différence d’un degré avec le résultat de la veille, Les urines ont une teinte acajou avec reflet brunâtre; couleur café au lait par l'acide nitrique, chocolat par le perchlorure de fer. On supprime la quinine. Ts, 38,1. Diminution très notable de la tuméfaction phlegmoneuses des bourses.

2% novembre : Tm. 38°. Le scrotum est presque revenu au volume qui lui restait après l'opération. Le soir, la température est de 38,4. Injection à 4 heures de 10 divisions (injection sous la peau du bras).

25 novembre :.la température est normale (37,5) mais elle est de 38,4 le soir. L'action de l'acide phénique s’est fait sentir dès le lendemain sur la température vespérale elle-même.

Remarques. — Cette observation semblerait prouver l’action des injections hypodermiques. phéniquées sur, la gangrène; mais elle est surtout 'très concluante au. point de vue du phlegmon. On pourrait se demander si la quinine n’a pas eu une certaine influence sur l’abaissement de la température, mais nous ferons remarquer que cet agent n'avait pas eu le temps d’être absorbé le 22 novembre et qu’il n’amena par sa suppression aucune élévation thermique tant que furent continuées les injections phéniquées. D'ailleurs la quantité était trop faible pour produire de tels effets. j

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OBSERVATION VII (personnelle)

Amputation de jambe pour ulcère. — Hautes températures.

G... (Léonce), 40 ans, journalier, est revenu à plusieurs reprises dans le service de M. le professeur Boursier, suppléant M. le docteur Poinsot, pour un yasle ulcère de la jambe, Tous les moyens de conservation (traitement phéniqué, bandelettes de diachylon, greffes) ayant échoué, on se décide à une intervention radicale. |

L'amputation est pratiquée au tiers supérieur, le 22 octobre, par M. Boursier, qui est forcé de faire un lambeau interne insolite en raison de l'insuffisance de peau du côté externe, Alcoolique endurci, le malade est très difficile à chloroformer ; l’hémostase n’est obtenue qu’à la condition de laisser plusieurs pinces à demeure dans le moignon saupoudré de poudre de bismuth.

23 octobre : Tm. 38,8. On enlève la suture profonde,

Ts. 39,2. Le pansement est entièrement souillé.

24 octobre .: ‘Tm,:38,6. Ts. 38,7, On attribue l'hyperthermie à la présence des pinces.

26 et 27 octobre : Soulevé pour les besoins du pansement, le membre est pris de mouvements spasmodiques. On croit expliquer la température persistante de 38,7 par le fait de la constipation, le malade n'étant pas allé à la selle depuis le malin de l'opération ; mais, malgré un lavement purgatif très efficace, la température estencore, à une heure de l'après-midi, à 38,9. C'est alors que j'injecte, sous la peau du bras gauche, 0 gr. 05 d'acide phénique. Le thermomètre montant encore, à six heures du soir, à 38,8, j'injecte 0 gr. 03 de plus. À huit heures, il y a 6 dixièmes de degré en moins.

28 octobre : La température est descendue à 37,6 :et ne va qu'à 38° le soir.

29 octobre : Tm. 38,5. Odeur infecte, Une grandepartie des sulures alâché.

Débris d'aponévrose sphacélés. Traïnées de phlébite autour du moignon.

PR UT Lu PR ns 7 v. nitèc Lee € Porn M he © 2h PR S ? PA

PR Spasme traumalique. Pas de frissons. [1 y a une accalmie passagère après le pansement (37,7) mais dès 5 heures du soir, le thermomètre marque 38,7. J'injecte 5 centigrammes au niveau de la racine de la cuisse gauche du côté de l’amputation.

30 octobre : Ts. 38°.

Dès le lendemain, la température est retombée dans les 37° et le mieux

s'est prolongé. Le malade n’est pas encore sorti de l'hôpital.

OBSERVATION VIIT (personnelle)

Ostéomyélite diffuse du fémur. — Amputation. -- Mort.

Y..., Catherine, 63 ans, entrée le 11 avril 1888 à la salle 2 (service de M. le D' Dudon), est amputée de cuisse le 24 octobre.

28 octobre : La température est, depuis deux jours, à 39,5 Le soir et 38° le matin. À une heure de l'après midi (T. 38,6) injection de 5 centigrammes d'acide phénique sous la peau du bras. A 3 heures, le thermomètre ne marque plus que 37,8.

29 octobre : La température remonte le soir à 39,2. L'œdème envahit la racine de la cuisse. Injection de 4 centigrammes.

30 octobre : T m. 38°; T s. 38,6. On cesse les injections pour des raison particulières. Le surlendemain, la malade meurt avec une température de

40° le matin.

OBSERVATION IX (Communiquée par M. Gomsau», externe du service).

Plaies multiples et compliquées de l’avant-bras. — Guérison.

P..., Jean, 43 ans, tanneur, entre le 28 juillet 4888 dans le service de M. le professeur agrégé Boursier, suppléant M. le D' Poinsot, salle 10 bis, lit 30, pour une série de plaies de l’avant-bras droit.

Ce blessé a été pris en écharpe par une machine à lames parallèles, dite | 10F

dE ébuteuse; il en est résulté une dizaine de plaies uniformément espacées sur l’avant-bras gauche et très profondes. L'articulation radio-carpienne est complètement ouverte; le radius est à nu sur une surface de deux centimètres dans son tiers supérieur. Muscles -épicondyliens sectionnés. Sutures musculaires, tendineuses. Drainage. Ligature de la radiale dans la plaie. Le soir, la température est à 39,3. Bain antiseptique deux fois par jour.

29 juillet : Tm. 39,4. — Ts. 39,9.

30 juillet : Le soir on fait sous la peau de chaque bras une injection de O.gr. 03 d'acide phénique. |

31 juillet : Tm. 38,2. — Ts. 39°.

Nouvelle injection phéniquée.

A août : Sensation de brûlure et de picotement au niveau du pli du coude. Tm. 37,9. — Ts. 39°. Même injection.

2 août : Tm, 38°. — Ts. 38,5. Mème injection.

3 août: Tm. 37,9, — Ts. 38,1. On cesse les injections. La réunion est en

très bonne voie.

Les bains phéniqués ont été employés de concert avec les injections.

Dans ce remarquable essai de conservation du membre supérieur, le malade est sorti de l'hôpital avec le libre usage de ses cinq doigts.

OBSERVATION X (personnelle) Ostéosarcome de l’épaule. — Amputation inter-scapulo thoracique.

(Voir planche 4).

D..., Joseph, 20 ans, cultivateur landaiïs, non paludéen, vient à l'hôpital Saint-André réclamer les secours de la chirurgie contre une vaste tumeur sarcomateuse de l'épaule. En raison de la marche rapide et de l'extension du mal, M. le DE. Monod, suppléant M. le L' Dudon à la salle 414, se

propose d'en dépasser les limites en faisant subir au malade l'opération de Berger.

Le surlendemain 42 octobre, le {hermomètre placé dans l'aisselle après le premier pansement, marque 39,4. Le soir, à cinq heures, la température est à 39,6. Pensant que l'opéré, affaibli par la perte considérable de sang qu'il a faite, doit absorber rapidement, je me borne à injecter sous la peau du bras gauche 0 gr. 03 d'acide phénique pur en solution dans la glycérine. Aucune douleur au moment de l'injection.

A 7 heures, c'est-à-dire deux heures après, la tempéralure a baissé de 6 dizièmes de degré. Le lendemain matin, elle est tombée à 380. Langue rosée et humide. Pas de céphalalgie ni de bourdonnements d’oreille.

43 octobre : À 4 heures du soir, T. 39°. Malgré deux injections d'acide phénique de 0 gr. 03 chacune, la température a gagné à 8 heures 2 dizièmes de degré. Le malade est couvert de sueur.

14 octobre : Tm. 38,2. On fait le pansement: pas de pus retenu. Les urines sont sédimenteuses, mais leur teinte ne dénote aucun degré d’intoxication phéniquée. Le soir, je ne fais pas d'injection; la température monte à 40° pour descendre le lendemain matin à 37,8. Le malade n’a pas eu de frissons. Moiteur. Pas de salivation.

15 octobre : Ts. 39,5. L’urine versée dans un verre à expériences présente à la partie supérieure un anneau brun, témoignant de l'élimination de l'acide phénique.

A 5 heures, j'injecte quinze divisions de solution phéniquée. À 7 heures 1/2T; 39%

16 octobre : Pas de frissons pendant la nuit. Tm. 37,6. L'analyse des urines ne révèle aucune trace d'albumine; on n'obtient pas, par l'acide azotique, la réaction caractéristique de l'acide phénique. La température vespérale reste la même (37,6), deux hevres après l'injection de 3 centigr. d'acide phéniqué. Constipation très intense.

17 octobre : Cette constipation explique la température élevée de 38,8; mais il faut y joindre la rétention d’une notable quantité de pus auquel on donne issue par une large incision. Drainage, pansement. Ts. 38,5, à cinq heures. Injection de 0,05 centigr. d'acide phénique. T. 38° une heure

après l'injection.

18 octobre : Tm. 37,5. Ts. 37,8. Le malade en a fini avec les températures élevées. Tout rentre dans l'ordre.

Dans les quinze jours suivants la température maxima a été de 38. Les

suites de l'opération sont excellentes.

Remarques. — Nous avons là un cas de fièvre traumatique ou d’hyperthermie post-opératoire dans lequel les injections hypodermiques phéniquées nous ont presque toujours donné un abaissement de température qui, pour ne pas être très marqué, n’en est pas moins manifeste. Notons que le malade n’a jamais présenté aucun signe d'intoxication. Quant à la marche générale de la température, elle à été chaque jour décroissante à partir de son degré maximum (40°).

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