‹ Contribution à l'étude des Injections HypodermiquesChapitre 8 sur 54 · ART UN · texte numérisé non relu

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En 1982, en Allemagne, Kohn-Richard. et Hiller font des essais d'injections sous-cutanées : purgatives. Kohn-Richard répète les expériences faites chez l’homme par Luton et Fronmüller. Il injecte, comme eux, 1 gramme d'une solution d'aloès à 1/10, il n'obtient aucun résultat avec cette dose et même avec des doses bien supérieures. Il exécute, sans succès, toute une série d'expériences sur des aliénés en leur injectant quotidiennement o gr. 60 centigr. de la solution. Avec l’aloïne : même résultat chez l'homme et chez les animaux. Kohn Richard observe encore un certain degré de toxicité à la suite des injections sous-cutanées d’aloïne. D’après lui, celles-ci provoquent des gastrites hémorragiques et ulcératives, des ecchymoses des muqueuses stomacale et intestinale et une néphrite avec formation de cylindres foncés, finement granuleux, à bords lisses ou dentelés. Avec l’aloïne de Merck (des Barbades) la dose toxique en injection sous-cutanée est de 0 g. 1Q centigr. par kilog du poids de l'animal pour les chiens ; la dose toxique pour les lapins est plus grande car ceux-ci présentent une plus grande résistance à l’intoxication. Enfin Kohn trouve l’aloïne dans les urines par la méthode de Borntræger. Cette méthode consiste à ajouter à une teinture alcoolique d'aloès, le double de son volume de benzine; on agite, on décante la benzine quand elle prend une teinte vert jaunâtre ; on ajoute alors quelques gouttes d’ammoniaqué et on chauffe. L'ammoniaque prend une couleur rouge violet à condition que le milieu soit alcalin.

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Hiller expérimente les substances suivantes :

° L'aloïne, administrée sous la peau en dissolu: tion dans la glycérine chaude, elle est purgative à la dose de quinze à vingt centigrammes et l'injection n’est pas douloureuse ;

° La colocynthine de Merck, dissoute dans un mélange à parties égales d'alcool, de glycérine et d’eau à la dose de dix milligrammes en injections sous-cutanées, elle produit des selles abondantes au bout de 4 à 5 heures avec des coliques. Au point injecté une vive douleur persiste pendant quinze à vingt minutes ;

3° La citrilline extraite par Merck de la e quinte, ne peut être employée : l'injection est très douloureuse, produit de la rougeur et de l'œdème ;

4° La cathartine, n'a donné aucun résultat ;

5° L’acide cathartinique, doit être employé | en solutions concentrées (moyenne 1/10); ces solutions donnent lieu à des accidents locaux sans grand effet purgatif ;

6° L'’acide cathartique, purge en solution alcaline à la dose de o g. 10 centigr. injectés sous la peau ;

7° L’extrait d'élaterium nigrum (germanicum) ne donne aucun résultat.

Il expérimente également avec l’élaterium blanc anglais, l’élatérine cristallisée, la leptandrine, l’évonymine, la baptisine : toutes substances extrai- ‘tes du concombre. Elles purgent toutes, introduites par la voie endermique, mais elles diffèrent au point de vue de la facilité de leur emploi. Hiller

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conclut : ce sont les substances extraites de l'aloès et de la coloquinte qui agissent le mieux.

En Angleterre en 1886, Dudley et Castle publient les résultats de quelques expériences sur les effets purgatifs de quelques injections hypodermiques 1° L'acide cathartique à doses suffisantes (2 grains) donne chez de jeunes chats d’abondantes évacualions ;

2° La podophyllotoxine donne chez les jeunes chats des effets très rapides et très énergiques ; à la dose de cinq milligrammes, elle produit un certain effet chez l'homme ;

3” L’élatérine à la dose de un demi à un milligramme a donné rapidement chez de jeunes chats, des selles abondantes ; | Ÿ

4% Une solution très faible d'élatérium détermine chez un chat un empoisonnement grave sans effet purgatif.

En 1892, Binet'observe que le sulfate de magnésie détermine de la paralysie du système nerveux et que tous les sels de magnésie arrêtent le cœur en diastole ; mais ces sels se distinguent des. autres métaux : baryum, calcium et strontium en ce qu'ils provoquent une paralysie rapide du système nerveux périphérique ; en cela, le magnésium est un paralysant moteur, analogue au curare.

En Htalie, en 1894, Fusari el Marfori montrent que des doses modérées de sulfate de soude et de magnésie produisent dans l'intestin du chien une abondante sécrétion de mucus qui, s'’opposant à l’ab-

AMEN jp sorption, donne de la diarrhée. Si on injecte le sulfate. de soude dans les veines : pas de sécrétion de mucus, mais un vomissement stercoral prouvant. l'excitation des mouvements intestinaux ; et l’auteur conclut en disant que le péristallisme intestinal n’est qu'un phénomène accessoire de l'action purgative.

En 1896 Clopatt de Helsinfors Finlande) fait quelques recherches expérimentales sur les mouvements de l'intestin, sur les purgatifs, leur-action sur la sécrétion et le péristaltisme. Comme Carnot et Glénard de nos jours, il cherche à saisir sur le vif les mouvements intestinaux et il emploie la technique suivante : ouvrant le ventre des lapins, il tire une anse qu'il ligature en deux endroits distants de dix centimètres et il injecte dans cette anse le purgatif dont il veut étudier l’action ; un manomètre relié avec l’intérieur de l’anse indique les variations de la pression, augmentation ou diminution ; de plus, les mouvements de l'intestin sont inscrits par l'intermédiaire d’un tambour de Marey. Il obtient les résultats suivants : expérimentant avec l'infusion de coloquinte, de séné, de rhubarbe, avec le calomel, l'huile de ricin, de croton, il n'obtient avec ces substances aucun effet ni sur le péristaltisme, ni sur la sécrétion. Dans un cas, avec l'huile de ricin, il observe un peu d'augmentation, du péris- * taltisme ; dans un autre cas, avec le séné, il obtient une augmentation ‘de l’épanchement intestinal mais avec le gros intestin et non avec l'intestin

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grêle. Avec le sulfate de magnésie, il fait 7 expériences, il constate une augmentation dans la sécrétion, intestinale, aucune influence sur les mouvements péristaltiques. Le sulfate de soude lui donne une augmentation de, pression intraintestinale et des mouvements péristaltiques surtout intenses aussitôt après l'injection.

La même année, Scarpinato dePalerme étudie la manière de purger par la méthode sous-cutanée.

Après 1900 nombreux sont les travaux sur les mouvements de l'intestin et le mode d'action des purgatifs ; pour étudier le péristaltisme intestinal, les physiologistes sont amenés à injecter ces purgatifs soit par la voie hypodermique, soit par la voie intraveineuse. À

En 1900, Sabbatini et Fasola étudient les mouvements de l'intestin. Un peu plus tard Cannon, après avoir fait ingérer à des chats, du sous-nitrate de bismuth observe les mouvements de l'intestin sur l'écran fluorescent.

En 1903, Simon introduit par des fistules intestinales faites à des chiens de petites balles de bois attachées à un fil ciré portant des marques : celles-ci servent à noter la vitesse avec laquelle la balle parcourt l'intestin de la fistule à l'anus ; le péristaltisme, constate-t-il, est plus rapide dans les premières portions de l'intestin grêle que dans les dernières ; le mouvement de progression dans le gros intestin est très lent.

Walter Dixon expérimente l’action des purgatifs

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les plus usuels par la voie hypodermique : il conclut que la plupart des purgatifs végétaux — aloès, coloquinte, séné, podophylle — ont la même action par voie sous-cutanée que par voie buccale ; seulement l'emploi de ces injections hypodermiques est peu pratiques à cause des abcès très fréquents qui suivent ces injections. Avec le sel de Sedlitz à la dose d’un gramme d’une solution à 2-3 %, Dixon observe des mouvement péristaltiques et obtient un effet purgatif. Le sulfate de magnésie en injection hypodermique à amené une véritable purgation chez plusieurs de ses malades. Dixon signale les expériences de Hay sur les animaux avec ces injections et celles de Finke chez l'homme. Ce dernier doute de l’action purgative du sulfate de magnésie en injections hypodermiques.

Mac Callum publie le résultat de ses expériences : il étudie l’action des sels purgatifs sur l'intestin et établit un tableau de ces sels par ordre de puissance décroissante en injections sous-cutanées et intraveineuses. En première ligne, il place le chlorure de baryum : c'est le sel de beaucoup le plus actif, mais c'est aussi le plus toxique si l’on pense que 0,75 cenligr. à 1 gr. de ce sel injectés dans les veines d’un cheval suffit à le purger presque aussitôt. Viennent ensuite le citrate, le fluorure, le sulfate, le ‘tartrate, l’oxalate, le phosphate de soude; ces sels, d’après M. Callum, agissent très bien par la voie intraveineuse et ils amènent une augmentation quelquefois considérable du péristaltisme. Citons, à ce sujet,

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une de ses expériences : Mac Callum prend deux lapins du même poids, morphinés ; l'intestin est mis à nu, puis il injecte dans la jugulaire 1 cc 1/2 de citrate de soude n/8 : il constate immédiatement des mouvements péristaltiques intenses chez les deux ‘animaux. Le sulfate de magnésie, comme le chlorure de calcium, injecté sous la peau, dans les veines où simplement en badigeonnage à la surface péritonéale de l'intestin arrête les mouvements péristaltiques. Mac Callum, dans d’autres expériences, montre que les sels de baryum et de soude en injections sous-cutanées augmentent aussi la sécrétion

il opère sur des anses intestinales coupées aux deux bouts mais conservant leurs connexions vasculaires el nerveuses ; sur l'intestin isolé et plongé dans le sérum physiologique, il observe pendant 4o à 45 minutes la conservation des mouvements péristaltiques et il augmente considérablement ces contractions en ajoutant au sérum un sel purgatif de baryum ou de soude ; sous leur influence également, les mouvements péristaltiques suspendus reprennent pendant un certain temps. Il établit, contre la théorie de Schmiedeberg que « l'effet purgatif des sels n’est pas dû à une diminution dans l’absorption par l'intestin mais à l’exagération du péristaltisme, provoqué lui-même par une hyperexcitabilité générale du système nerveux. L'action purgalive des sels introduits par voie buccale ne s’exercerait qu'après absorption de ces sels dans le sang ; l'injection intraveineuse de ces sels provoque

les mêmes effets laxatifs que l'ingestion. Ces sels ont en outre une action sécrétoire. » Mac Callurn montre encore que le chlorure de calcium et le sulfate de magnésie sont les antagonistes des sels de baryum et de soude : ils diminuent le péristaltisme intestinal par suite de leur action inhibitrice générale sur l’excitabilité nerveuse. Le citrate de soude, d’après lui, produit un effet purgatif rapide et certain par la voie sous-cutanée ou intraveineuse.

En résumé, pour Mac Callum, les sels purgatifs, qu'ils soient ingérés ou injectés, agissent en’provoquant un hyperexcitabilité générale. « Gette action des sels purgatifs est donc une action non spécifique, mais portant à la fois sur tous les muscles du corps, sur le système nerveux et glandulaire. » Par la voie buccale, l’action de ces sels est moins rapide que par les voies sous-cutanée ou intraveineuse.

Magnus, en 1904, en Allemagne, commence à publier des notes sur ses recherches au sujet des mou vements de l'intestin grêle en survie des mammifères..Jusqu’en 1908, il poursuit ses études. IL opère sur des fragments d’intestin de chats, de chiens et de lapins. Ges fragments sont placés dans le liquide de Ringer-Eocke traversé par un courant d'oxygène et chauffé à la température du corps ; l'intestin est fixé et un fil avec serre fines attaché à l'organe transmet le mouvement à un levier. L'intestin plongé dans le Ringer manifeste de très vifs mouvements comparables à ceux d’une masse de vers grouillants, mouvements vermiculaires, mouve-

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