‹ Contribution à l'étude des injections intra-utérines dans les suites de couches pathologiquesChapitre 10 sur 24 · LA · texte numérisé non relu

LA

montée du lait, on s'était habitué à considérer cette dernière comme la cause des accidents. Aujourd’hui nous savons que toute ascension thermique est le signe révélateur d’une infection. Il est donc de toute nécessité pour le médecin de prendre mätin et soir dans les jours qui suivent l’accouchement, la température de son accouchée.

Dès que le thermomètre marquera 38°, il faudra intervenir. Dans la grande majorité des cas une intervention simple, et à la portée de‘tout praticien, nous voulons parler des injections intra-utérines, entravera le processus morbide. Voici du reste ce que M. Chantemesse écrivait en 1890 : « on peut dire sans exagération, toute maladie coïncidente étrangère aux suites de couches étant écartée, qui, le second, le troisième ou le quatrième jour après l’accouchement dépasse ou même atteint 38° est l'indice d’une affection puerpérale.

Cette infection va être grave ou légère, elle peut dans certains cas quérir spontanément, même quand la température a atteint un chiffre plus élevé, mais elle existe et fait craindre à tous les accidents de la septi-

cémie puerpérale généralisée »,

Depuis 1890 la pratique obstétricale a prouvé sans jamais les démentir ces assertions de M. Chantemesse. Combien d'infections ont pu être évitées grâce à ce que nous appellerons le traitement de la première heure. Cest pourquoi nous ne saurions trop insister sur la nécessité de pratiquer dès la première élévation de température le lavage intra-utérin. Elles sont légions les observations dans lesquelles on remarque qu'après une première injection la température s’est abaissée à la normale pour ne plus s’élever à nouveau, ou tout au moins dans lesquelles les injections intra-utérines ont à elles seules suffi pour arrêter la marche d’une septicémie puerpérale au début, qui promptement allait devenir mortelle.

Que de fois au contraire pour avoir temporisé, le médecin a pu voir l’état de son accouchée, empirer de Jour en jour.

Evidemment il est des cas où une petite élévation de température est due à l'infection d’une plaie du vagin, du périnée ou de la vulve Nous avons vu dans l’exposé de Pinfection qu’en général, dans ces cas, le microbe reste cantonné à la surface de la plaie, mais qui peut assurer que cette plaie soit la seule porte d’entrée de linfection ?

Dans le doute il ne faut pas s’abstenir. Les statistiques et la pratique journalière démontrent en effet que plus on attend et moins les résultats de linjectionintrautérine deviennent satisfaisants. Si l’on intervient tardivement on provoquera sans doute, le plus souvent,

un abaissement de température, et un arrêt des acci-

dents, mais le mieux ne sera que momentané et vingt-

quatre heures plus tard, quelquefois même avant, la maladie aura pris toute son intensité. D'où vient cette amélioration passagère ? Assurément de ce que le liquide antiseptique a détruit les germes pathogènes présents dans l'utérus et a entraîné au dehors après les avoir dissoutes, les toxines engendrées par ces germes. Mais bon nombre de microbes ont déjà quitté la cavité utérine pour pénétrer dans l'organisme soit par les lymphatiques soit par les veines, soit même dans linterstice des cellules musculaires de l'utérus. La solution antiseptique pourra stériliser la culture microbienne avec laquelle on la met en contact, elle n’arrivera pas à désinfecter les tissus déjà envahis. Peut être cependant l’action des antiseptiques sur l'organisme déjà infecté pour n'être pas très efficace n’est-elle pas absolument nulle, et telles formes de septicémie qui autrefois auraient été sûrement mortelles aujourd’hui finissent par guérir, c’est là du reste l’idée de M, Labadie Lagrave : «Soit dit-il, que, les in fections tuent un certain nombre de micro-organismes, diminuant ainsi la masse des agents pathogènes soit qu’elles atténuent leur virulence, elles ont pour résultat de produire des formes mitigées, des formes accessibles à la thérapeutique. » C’est pour cette raison, alors même que depuis deux ou trois jours déjà la malade présente une élévation anormale de température qu'il ne faut pas négliger de faire ce qui es encore .n notre pouvoir. Pratiquons une injection dans

’utérus. Agissant {trop tardivement il est bien certain

que nous n’obtiendrons pas tout le résultat souhaitable, mais peut-être arriverons-nous à mitiger linfec- . tion. Qu'on examine la façon dont mouraient il y a trente ans les femmes en couches. La péritonite vient en première ligne. M. Labadie Lagrave la montre

chiffres en mains.

Aujourd’hui les eas de péritonite sont rares. Ils ont cédé le pas à la phleymatia alba dolens, forme essentiellement mitigée. Ainsi donc quand bien même le praticien aura été appelé trop tard pour assister au début de Pinfection, qu’il tente cependant une injection plutôt que de rester inactif. Le liquide injecté aura toujours lPavantage d’imbiber les parois utérines, de dissoudre les ptomaïnes qui infiltrent ces tuniques de

l’utérus et de les entraîner au dehors

Ainsi donc et nous ne saurions trop le répéter le devoir du médecin en présence d’une accouchée dont la température atteint 38° quand bien même son pouls n’arrivait pas à 100 et à plus forte raison s’il dépasse ce chiffre est de faire une injection intra-utérine ; que surtout il ne s’attarde pas à rechercher la cause de la fétidité des lochies, certes on a vu des cas où la mauvaise odeur de celles-ci était dûe à leur arrêt plus ou moins long dans le vagin. Mais aujourd’hui où une désinfection vaginale est toujours faite avec soin, ces cas sont bien rares. La fétidité doit bien plus souvent

être incriminée à l’état de l'utérus.

Nous terminerons donc ce chapitre par une citation

de M. le Professeur Pinard qui sera un puissant point

SALE LE, DS É Lx

de 20 = d'appui en faveur de nosarguments. Voici ce que nous lisons :

« La différence de gravité des accidents puerpéraux (en supposant bien entendu le rein et le foie sains) tient simplement àla plus ou moins grande quantité de produits septiques absorbés par la plaie utéro-vaginale ; à la plus ou moins grande rapidité avec laquelle se succèdent les doses absorbées. Alors même que la fièvre traumatique, premier degré de l'infection, s’est déclarée, si on agit énergiquement sur sa cause on prévient la septicémie ; si on agit assez à temps et assez énergiquement sur l’endométrite septique, on prévient ou on arrête la lymphagite, la péritonite et la phlébite. Question de dose, de profondeur plus ou moins grande d: pénétration de l’agent septique. Le tout est d’aller plis vite en besogne que ce dernier et alors qu’il a p'aiétré dans l’économie de mettre celle-ci sûrement

à l'abri de l'absorption de doses nouvelles ».

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