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CHOIX DU LIQUIDE DE L'INJECTION

Avec M.M. Ribemont-Dessaignes et Lepage (1) nous reproduisons les nombreuses qualités que doit réunir un antiseptique en obstétrique pour être considéré comme bon:« D’un prix peu élevé, sans odeur désagréable, facilement supporté par la femme, ne déterminant chez elle, ni érythème local, ni intoxication générale, il ne doit pos être irritant pour les mains de l’accoucheur. Son pouvoir microbicide doit être grand, de telle sorte qu’il suffise à faible dose pour assurer l’antisepsie. Mais d’autre part il ne doit pas être toxique. »

Nombreux ont été les antiseptiques employés depuis la découverte de leur pouvoir microbicide. Nombreux aussi ont été les accidents tant généraux que locaux produits par leur toxicité pour l’organisme. Nous passerons en revue les principaux, signalant succincement leurs avantages et leurs inconvénients pour ne précomiser que ceux qui, s'ils ne sont pas parfaits, ont tout au moins l’avantage de ne pas produire d’accidents.

Sublimé. — Le sublimé d’après les expériences de

Tarnier et Wignal estle meilleur antiseptique. En so-

{, Ribemont-Dessaignes et Lepage, Précis d'obstétrique.

use lution à O0 gr. 20 pour 1000 il tue le vibrion sceptique en deux minutes. Même, toujours d’après les recher-. ches de Tarnier, on n’a pas avantage à augmenter le titre de la solution. Celle à 20 pour 1009 est aussi efficace contre le streptocoque qu’une autre à cinquante centigrammes et même un gramme par litre. Le sublimé devrait doncêtre l’antiseptique de choix.

Malheureusement à la dose de 0,20 pour 1000 il est déjà très toxique et ne peut être employé en injection intra-utérine qu’en le faisant suivre d’une injection d’eau : bouillie qui réduit de beaucoup son pouvoir microbicide.

Les accidents peuvent être légers et se réduire à des coliques avec diarrhée ou à des érythèmes provoquant des démangeaisons qui déjà sont très désagréables pour la femme. Mais ce re sont là que de petits acCidents. Malheureusement ïl en existe d’autres d’une gravité beaucoup plus grande. Le tube digestif en estle siège de prédilection. La gingivite est de règle elle peut s'accompagner de stomatite. Non seulement les dents sont déchaussées et les gencives saignantes, mais la muqueuse des joues peut devenir le siège d’ulcérations quise recouvrent de plaques blanchâtres pseudo-mem” braneuses, La malade, on le comprend, ne s’alimente qu'avec beaucoup de difficultés.

Plus sérieux encore sont les accidents du côté du gros Intestin : diarrhée intense avec ténesme rectal ; les selles d’abord liquides, deviennent muqueuses puis sanguinolentes, leur contenu renferme des débris de

muqueuse et des fausses membranes. Les urines tou-

me IQES jours peu abondantes peuvent devenir sanguinolentes. Du côté de la peau l’érythème produit des démangeaisons si vives qu’elles privent les malades de repos jour et nuit.

Tel est le tableau des accidents signalés fréquem-

ment à la suite de simples injections vaginales quand

le vagin était le siège de plaies étendues.

On comprend dès lors que les injections utérines de bichlorure doivent être proscrites. Les dangers sont encore plus sérieux quand ils éclatent au moment même de l'injection. La malade ressent de vives douleurs dans le ventre et des picotements dans la gorge ; dans la bouche un goût métallique et mauvais. Les vomissements sont fréquents, et le pouls s’agite puis apparaissent les symptômes de lintoxication grave cités plus haut.

Dans les chservations de Sébillote (1) nous trouvons qu’en général la mort survient vers le troisième ou le quatrième jour. Il rapporte cependant trois cas où les malades ne succombèrent qu'après le quinzième jour. :

Si l’on s’en rapporte en plus aux préceptes de Tarnier (2) qui déconseille le sublimé dans les cas de rétention du placenta et des membranes, dans les hémorrhagies abondantes qui facilitent l’absorption, dans les plaies anfractueuses du périnée et du vagin, et dans

tous les cas d’albuminurie et de cachexie, l’emploi de

1. Sébillote. Th. Paris, 1891. ‘ 2, Tarnier. Leçons cliniques recueillies par Potochi.

re cet antiseptique en injections intra-utérines doit être rejeté d’une façon absolue.

Bi-iodure de mercure. — Beaucoup moins toxique que le sublimé et à poids égal beaucoup plus antiseptique, le bi-iodure de mercure semble être le meilleur microbicide. M. le professeur Pinard l’a adopté depuis 1883 et tant dans son service de Lariboisière qu’à la clinique Baudelocque il n’a eu qu’à se féliciter de cet antiseptique. Tarnier (1) qui lui aussi a expérimenté le le bi-iodure ne le trouvait pas préférable au sublimé : « J’ai soumis dit-il aux injections de bi-iodure pendant les suites de couches toutes les femmes d’une de nos

salles et de temps en temps j'ai noté des accidents,

tantôt de la gingivite et de la salivation, tantôt de la diar-

rhée ». …

D'autre part nous trouvons dans la thèse d’agrégation de Brun trois cas dans lesquels lintoxication par le bi-ivdure est hors de doute. Ces observations ontété prises toutes les trois dans le service de M. Pinard,

nous nous permettons de les résumer.

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