‹ Contribution à l'étude des injections intra-utérines dans les suites de couches pathologiquesChapitre 21 sur 24 · Plus trace d’éruption · texte numérisé non relu

Plus trace d’éruption

OBsERvVATION II

- Empruntée à Brun (résumée).

D... 22 ans entre le27 avril 86 chez une‘sage-femme agréé. Accouchement normal.

Dans les jours qui suivent, les lochies sont un peu fétides on fait 5 fois par 24 heures des injections vaginales avec la solution de bi-iodure à 1/2000.

La femme se plaint de douleurs dans les reins, elle est prise d’un frisson le 5 mai au matin.

Dans la journée apparaît à la face une éruption très accentuée simulant variole ou rougeole au début, peau chagrinée, recouverte de petites papules rougeâtres assez marquées, qonflement des paupières, La femme se plaint de la gorge. Sur le voile du palais on observe trois où quatre papules entourées d’une zône rougeñtre engorgement ganglionnaire considérable,

T. soir 40’, — 0,50 sulfate de quinine. Todd,

Le 6 mai, l’éruption qui la veille avait envahi les membres supérieurs, envahit également les inférieurs.

T, matin 38°, soir 37°, On n’a donc pas affaire à une fièvre éruptive. Sur la face interne des cuisses et sur les parties en contact avec les compresses bi-iodurées érythème très intense.

Un peu de stomatite, salivation, douleur des gencives, engorgement ganglionnaire. Dans la journée du 6 diarrhée très intense et très fétide, La femme va plus de 25 fois à la selle, démangeaisons très vives.

Le 7 le bi-iodure est remplacé par l’acide borique.

L’éruption à diminué d'intensité, La diarrhée est encore abondante mais moins fétide, Gargarisme au chlorate de potasse, température 37° matin et 37°,4 le soir.

Le 8 tous les accidents ont presque cessé, la femme accuse seulement quelques douleurs pour manger,

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OBsErvariIon III

Empruntée à Brun (résumée).

0,34 ans, entrée le 27 avril 86, salle Ste-Anne 27.

Les membranes sont restées adhérentes après expulsion du placenta.

28 avril. — Les membranes sont toujours retenues, injections vaginales toutes les deux heures avec la s0lution de bi-iodure à 41/2000,

Le 29 avril. — Les membranes tiennent toujours temp, soir 37° on fait à cinq heures irrigation intrautérine avec 30 litres de la solution de bi-iodure étendus d'une fois 1/2 son volume d'eau.

Le 80 avril, — Matin et soir nouvelle injection au bi-iodure. T. matin, 37°4, soir 37°.

À 10 heures du soir la malade est prise d’un frisson assez violent. Elle est prise d’un tremblement qui a duré dix minutes, sueurs profuses, T, 38°2, 0.50 cgr. de sulfate de quinine. j

L 1: Mai.— Les lochies ne sont pas fétides. T. matin 37, 6: soir 37, un peu d’érythème à la face interne des cuisses et sur les régions en contact avec [a compresse bi-iodurée.

Le 2,—T matin 36°, 6 soir 368. Femme se plaint de douleurs dans les gencives qui sont rougeâtres et douloureuses, mastication pénible.

Ganglions sous-maxillaires engorgés, douloureux à la pression. On ne fait qu’une injection intra-utérine.

Le 3. — Les membranes sont expulsées. Les lochies ne sont par fétides. Mais les douleurs des gencives augmentent, la langue est tuméfiée, la malade éprouve dela difficulté pour mâcher et pour parler,

On cesse les irrigations et les injections au bi-iodure et on les remplace par des injections boriquées. Gargarisme au chlorate de potasse.

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Le 4, stomatite très intense. Gencives tuméfiées recouvertes d’un enduit grisâtre. Ulcération de même nature sur la muqueuse buccale et sur la face interne des joues. La langue est tuméfiée. A la face inférieure existent des ulcérations recouvertes d’exsudats grisâtre qui répondent à l'empreinte des dents. Salivation abondante.

Le 5, les-accidents sont stationnaires.

Le 6, stomatite diminue d’intensité. Le gonflement de la langue et les ulcérations persistent.

Le 8, la malade sort à peu près quérie.

Ces trois observations prouvent bien que le bi-iodure s’il ne provoque pas comme le sublimé d’accidents mortels est loin d'être d’une innocuité absolue. Sans être aussi affirmauif que Butte(1) qui « considère commetout aussi toxique que le sublimé, les autres sels de mercure, le bi-iodure par exemple », nous conseillons cependant de n’y recourir que dans des cas spéciaux, alors que d’autres anliseptiques beaucoup moins microbicides . mais d’une innocuité presque absclue comme le permanganate de potasse auront échoué: On ne devra jamais employer surtout en injection intra-utérine d’autre solution que celle dont se sert M. le professeur Pinard, c’est-à-dire à 1 pour 4000 et encore une anémie trop prononcée, des hémorrhagies abondantes qui mettent la femme en élat d’'infériorité morbide, et surtout le mauvais état dés reins sont-ils une contre-indication.

Acide phénique. — L’acide phénique fut le premier antiseptique employé méthodiquement et pendant long-

1. Butte. Du sublime comme antiseptique. Nouvelles archives d'Obstélrique et de Gynécologie, 1886, n° 4.

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temps il fut seul employé dans les services de chirur- ° gie et d’accouchements.

Aujourd’hui il est presque complètement abandonné, Cest à peine si son pouvoir bactéricide puissant contre le vibrion septique est une indication de lemployer dans le cas où la rétention de lambeaux de membranes ou de débris de placenta dans la cavité utérine auraient produit de l’infection putride. Il est même dans ce cas avantageusement remplacé par le permanganate

de potasse.

Quelques accoucheurs se basant sur ce fait que l’injection intra-utérine à l’acide phénique n’a pas besoin d’être suivie d’une injection d’eau bouillie simple avaient placé cet antiseptique en première ligne. Il

est certain qu’une injection de sublimé qui nécessite

- toujours un lavage consécutif est moins cfficace con-

tre les microbes pathogènes qu’une bonne désinfection à l’acide phénique.

Mais à quel titre doit-on faire la solution. L’expérience a prouvé que même la solution faible à 25 pour

1000 n’était pas supportée par les femmes. On est

donc forcé de n’employer lacide phénique qu’à 20 pour

1000. Dans ce cas même outre qu'il n’est pas un désinfectant très énergique il peut provoquer chez des femmes un peu sensibles une cuisson assez vive. Ce ne serait là qu’un petit inconvénient.

Malheureusement il en existe de bien plus sérieux. Ces accidents ontété très bien décrits dans les nombreuses thèses où l’intoxication phéniquée a été mise en

relief, Successivement Inglessi en 1879, Chevassus (1882)

Le ne Blusson 1884 et Brun dans sa thèse d’agrégation ont signalé tous les dangers de l'injection phéniquée. Quel- À quefois après une seule injection intra-utérine les accidents apparaissent comme dans le cas cité par Sébil-

lote dans une observation personnelle.

OBSERVATION DE SEBILLOTE (résumée).

Une femme entre à la clinique. {2 novembre 1890 à 8 h. matin. On lui fait la délivrance artificielle du placgnta que l’on fait suivre d’une injection intra-utérine à 11 h. 30. L’injection est de 2 litres préparée avec 1 litre de solution phéniquée à 5 0/0 et 1 litre d’eau bouillie.

A peine 100 gr. de liquide s’est-1l écoulé que la ma- : lade se trouve mal, se lève sur son séant les yeux et ‘la figure bouleversés.

Le cours du liquide est suspendu aussitôt, mais la malade retombe inerte, les yeux fermés, la bouche entrouverte, la face étles lèvres rouges et vultueuses, la respiration se suspend, le pouls devient imperceptible.

Immédiatement la tête est placée bas, on flagelle le visage avec un linge mouillé et la respiration reprend un peu mais reste faible, pouls petit, impossible à compter.

Un quart d'heure après le début de laccident la

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