LS S
maines avant son admission, à la suite d’une visite scolaire, un examen cardiaque fut conseillé. L'enfant menait une vie active et normale.
L'examen révélait un frémissement systolique notable, qui était maximum à la base le leng du bord droit du sternum ; de plus il y avait un frémissement diastolique important palpable à la base, qui était plus facilement perçu à droite qu’à gauche du sternum.
A l’auscultation il y avait un murmure diastolique très intense, entendu sur le sternum, maximum à droite. En outre on entendait dans toute la région précordiale un murmure systolique très rude, maximum à la base du cœur, ne se propageant pas au delà du sternum. Ce murmure systolique était transmis aux vaisseaux du cou et aux artères fémorales. Les bruits à la pointe étaient très sourds. Le pouls au dos du pied pouvait être facilement palpé à travers les draps, la tête branlait à chaque impulsion cardiaque. Le rythme était irrégulier avec de nombreuses extrasystoles.
A cela s’ajoutaient des symptômes de septicémie extrêmement graves. L’hémoculture révéla la présence de staphylocoques dorés.
A l’autopsie, on trouva que l’enfant avait une malformation congénitale du cœur décrite par Eisenmenger, c’est-à-dire une aorte. légèrement déviée à droite qui prenait naissance au-dessus d’une large déhiscence du. septum ventriculaire et une artère pulmonaire de dimensions normales. En outre, les valvules aortiques, en particulier celle qui surmontait la perforation septale, étaient rétractées et épaissies le long de leurs bords libres et la ligne d’insértion d’une valvule se trouvait à un niveau différent de celui des deux autres. Les valvules aortiques étaient très insuffisantes. Il était évident qu’il y avait eu une récente inflammation de la surface ventriculaire de la valve mitralé et de l’endocarde du
ag
rebord de la perforation septale. Il n’était cependant pas évident qu’il y ait eu un tel processus inflammatoire aigu sur les valvules aortiques. Au microscope, la transformation hyaline et fibreuse des valvules aortiques indiquait que les altérations de ces valves étaient anciennes et avaient précédé de longtemps l'infection staphylococcique terminale.
Toutefois l'insuffisance aortique -n’était pas connue depuis la naissance. À l’autopsie il n’y avait pas de présomption de syphilis ni macroscopique ni microscopique. La possibilité d’une endocardite bactérienne gué-
rie ne peut être exclue. Néanmoins il semble probable | que l'insuffisance aortique se rattachaïit en quelque sorte à la malformation congénitale qui intéressait la base de l’aorte. En somme nous croyons que ce cas représente un type de malformation congénitale du cœur qui est susceptible de s'associer à une insuffisance aortique.
c) Insuffisance aortique compliquant une tétralogie : de Fallot
On sait que l’association d’une communication interventriculaire, d’un rétrécissement de l'artère pulmonaire, d’un décalage de l'aorte à droite, et de. l’hypertrophie du ventricule droit réalisent le complexe décrit en 1888 par Fallot. Sa constatation est loin d’être exceptionnelle, mais nous n’avons pu retrouver aucune observation où soit mentionnée la coexistence de cette affection et d’insuffisance aortique congénitale. Cependant, étant donnée l’existence de l’associatiôn de cette insuffisance et des autres formes de communication intraventriculaire, il est probable que cette éventualité s’est parfois réalisée. :