‹ Contribution À L'Étude Des Invaginations Intestinales De La Seconde EnfanceChapitre 13 sur 41 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

L'INVAGINATION ILÉO-CŒCALE

La tête de l’invagination est constituée par la valvule de Bauhin, qui télescope le côlon et s'engage dans le gros inteslin suivie du cæcum, de l’appendice et d’une partie plus ou moins longue de l'intestin grêle.

Nous avons vu plus haut que cette variété est beaucoup moins fréquente dans la seconde enfance que dans le premier âge. Au point de vue étiologie, nous avons rencontré cinq fois la tuberculose intestinale, quatre fois l’appendicite, deux fois le purpura de Hénoch. L'observation de Vianney ne mentionne d’autre étiologie qu’une disposition anatomique particulière. Nous rappellerons trois observations intéressantes par la lenteur de l'évolution.

Il n’y a pas de maladie dont l'allure clinique soit plus dramatique ; il n’y en a pas dont la symptomatologie soit aussi réduite.

Un symptôme apparaît le premier, qui éclipse par son intensité et sa constance les signes objectifs qui ne tardent pas à se manifester : c’est la douleur. Elle est à ce point caractéristique qu'elle déroute le diagnostic du médecin qui n’a jamais observé l'invagination, et que, au premier coup d'œil, elle se fait reconnaître au praticien qui l’a déjà observée une fois.

Rafinesque a très bien décrit la douleur d'invagination.

« C'est, dit-il, une douleur qui survient soudainement, devient le plus en plus vive, s’accompagnant d'un sentiment de brûure, de torsion et d’arrachement, et délermine une angoisse xtrême. Puis la souffrance diminue graduellement ou rapidenent pour reparaître à intervalles variables.

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«La colique produite par une invagination a quelque chose de spécial dans son intensité et sa persistance. Son intensilé est attestée par les qualifications qui lui sont appliquées dans presque toutes les observations. Ce sont des douleurs cruelles, terribles, d'une extrême violence, des spasmes atroces, des coliques horriblement violentes; le mot expressif « agony » se trouve fréquemment répété dans les observations anglaises. La colique oblige le patient à se courber en deux, à comprimer l'äbdomen, quelquefois à se rouler sur le sol dans un état d'angoisse inexprimable. Ailleurs, le malade, en proie à une profonde anxiété, pousse des cris et se croit au moment de mourir de douleur ». ;

Ce caractère d’acuité extrême n’est pas Constant. Ainsi il était plus atténué chez le malade que nous avons observé à l'Hôpital Trousseau, dans le service de notre Maître Triboulet où l'enfant se metlait en posilion genu-pectorale; plus atténué encore dans l'observation de Dehelly, où le malade, au moment des crises, se remuait dans son lit et gémissait doucement; et dans l'histoire que nous avons racontée plus haut, notre malade présentait une crise douloureuse des plus caractéristiques. Nous ne croyons pas cependant que la douleur soit plus intense lorsque l’invagination siège sur l'intestin grêle.

Chez ces trois malades que nous avons observés, un caractère nous à frappé : c'est la périodicité des crises, qui se succédaient à intervalles réguliers. D'autres auteurs, frappés de cette périodicité, comparent les crises douloureuses au travail d'une femme en couches. Cependant, ce retour périodique des crises paroxystiques serait loin d’être la règle. « Assez souvent, écrit Rafinesque, les attaques de douleurs sont séparées, au début du moins, par de longues intermissions assez prolongées parfois pour avoir fait croire à des guérisons suivies de récidives ».

Dans les variétés- iléo-cæcales, la tumeur est toujours observée, à une période quelconque de la maladie. Il peut arriver qu'elle disparaisse un jour pour reparaître quelques heures plus tard; elle peut être sentie au moment des douleurs, présente: des mouvements péristaltiques, visibles à travers la paroi, se

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