‹ Contribution À L'Étude Des Invaginations Intestinales De La Seconde EnfanceChapitre 23 sur 41 · DES INVAGINATIONS DE L'INTESTIN GRÊLE · texte numérisé non relu

DES INVAGINATIONS DE L'INTESTIN GRÊLE

Les invaginations de l'intestin grêle, exceptionnelles chez le nourrisson deviennent plus fréquentes dans la première et dans la seconde enfance : 30 p. 100 des cas, d'après le rapport de Grisel. -

- Un fait domine l’étiologie : la présence d'un corps étranger dans la lumière de l'intestin ou dans l'épaisseur de ses parois. C'est ainsi que nous trouverons, à la lecture des observations; un hématome inlra-pariétal (purpura de Hénoch) un polype, un peloton d’ascaris, un diverticule de Meckel. Nous étudierons à part les invaginations par diverlicule de Meckel.

Le purpura de Hénoch est plus fréquemment observé en Angleterre que dans notre pays, où l’on ne connaît guère que le purpura infeclieux bénin. I est caractérisé par des érises de douleurs abdominales violentes, des vomissements et le passage de sang et de mucus dans les selles. La gravité des symptômes abdominaux le fait distinguer des autres formes de purpura hémorragique. Cette affection peut se compliquer d'invagination intestinale, qu'elle simule d’ailleurs parfaitement. L’ observation de Martin est un exemple d'invagination iléo-cæcale survenue au cours d'un purpura de Hénoch. Nous citons plus loin quatre cas d'invaginalion du grêle.

Comme corps étrangers agissent aussi les vers intestinaux : oxyures et ascaris, en provoquant une perturbation dans le périslaltisme réflexe intestinal.

L'invagination constituée, l'œdème apparaît. Même dans les

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interventions précoces, la gangrène apparente ou discrète commandait la résection. Il est arrivé qu’un intestin ayant paru en bon état à l'opérateur, portait des lésions gangréneuses qui nécessitèrent une seconde intervention.

La douleur, accompagnée de vomissements qui ne manquent jamais, est le premier signe. Elle est surtout péri-ombilicale; atroce et paroxystique : c'est la douleur d’invagination, que nous avons décrite. La tumeur est péri-ombilicale et est le siège de gargouillements. Sa consistance est pâteuse. Elle est mate à la percussion. Il est assez souvent difficile de la reconnaître, même sous änesthésie ; et le toucher rectal, plus que jamais nécessaire, permettra de la sentir dans le petit bassin. La contracture de l'abdomen s'oppose à la palpation pendant la durée des crises.

Les selles sont le plus souvent normales. La constipation n'est pas absolue, la diarrhée n’est pas sanglante. Lorsqu'une maladie hémorragipare a causé l’invagination, les selles sont franchement sanglantes. Toutefois, l'arrêt des matières et des gaz a élé noté. |

Le péristaltisme intestinal est souvent visible à travers la paroi abdominale. Il est très puissant et a contribué dans certains cas à provoquer le valvulus de l’anse invaginée.

Cette variété d'invagination est d'un pronostic d'autant plus sombre que l'intervention a été plus lardive. La résection intestinale donnait jusqu'à ces derniers lemps une mortalité effrayante. Le pronostic est aujourd’hui moins sombre, où la résection intestinale est pratiquée d'emblée, dès les premières heures de l’invagination.

Il existe pourtant des exemples de guérison spontanée de l'invagination entérique. Ce n'est point par désinvagination spontanée : le péristaltisme ascendant ne produira qu’une invagination rétrograde surajoulée; c'est l'élimination spontanée de l'anse invaginée qui, dans des cas non exceptionnels, terminera la maladie d'une façon relativement heureuse.

Le premier travail d'ensemble, et peut-être le seul qui ait été publié sur cette question remonte à 1835 et William Thomson en est l’auteur. Il a rassemblé 35 observations, parmi les-

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quelles 7 se rapportent à des garçons de la deuxième enfance (de 4 ans et demi à 16 ans) et un seul à une fille. Il y a 13 adultes du sexe masculin, 12 du sexe féminin. Dans un cas, le sexe nest pas mentionné. L’anse éliminée’ appartenait dans 5 cas à l'intestin grêle, dans 2 cas à la région iléo-cæcale, dans 1 cas au gros inteslin. Quatre cas se terminèrent par la mort.

Nous donnons ci-dessous une analyse succincte de ces observations.

Obs. 6. — Fille de 11 ans. Douleurs abdominales, pouls rapide, hoquet, vomissements fécaloïdes. Aspect effrayant faisant prévoir une terminaison fatale et prochaine. Le soir même elle rend par l’anus trente-trois centimètres d'intestin comprenant le cæcum, une Ne du côlon et du mésocôlon. Guérison.

Obs. 14. — Garçon de 4 ans 1/2, souffrant de la petite vérole. Rend dans une selle tout le cæcum et son appendice, 15 centimètres-d'iléon et 10 centimètres du côlon. Guérison rapide.

Obs. 15. — Garçon de 6 ans, ne paraissant pas souffrir beaucoup, au début. -Aggravalion rapide. Vomissements fécaloïdes. Douleurs atroces, fièvre intense. Enfin émission d’une porlion d'intestin de « plusieurs pouces de long ».

Les fonctions inteslinales redeviennent rapidement normales et le malade guérit.

Obs. 16. — Garçon de 17 ans, souffrant de la dysenterie, Région cæcale tuméfiée, dure et douloureuse. Souffrances atroces. Selles sanglantes, d’odeur fétide. Le 10° jour, émission par l’anus d'un fragment de tube intestinal, long de 15 centimètres, avec du pus et un ichor sanglant. Les jours suivants, de petits fragments d'intestin furent encore éliminés. L'élat général s’améliora et l'appétit revint, même difficile à contenir. Guérison.

Obs. 148. — Garçon de 15 ans. Douleurs intenses péri-ombilicales, Vomissements bilieux. Enfin évacuation alvine de 51 centimètres d'intestin grêle, suivie deux jours après d’une évacuation de 15 centimètres d'iléon. Ce garçon, mal remis d'une pareille aventure, négligea les règles de régime les plus élémentaires, et mourut d'indigestion deux mois après l'élimination de ces deux fragments d'intestin.

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