‹ Contribution À L'Étude Des Invaginations Intestinales De La Seconde EnfanceChapitre 28 sur 41 · NA 4 ANS · texte numérisé non relu

NA 4 ANS

A la quatrième rechute, l'enfant était extrêmement amaigrie, et l’on sentait une tumeur grosse comme une mandarine dans la fosse iliaque gauche. Cette tumeur apparaissait et disparaissait avec les crises douloureuses.

Laparotomie et désinvagination d’une portion du côlon, qui de l'angle droit du côlon transverse, s'était invaginé jusqu’à la terminaison du côlon descendant.

Obs. 6. — (Comby. Invagination intestinale chronique prise pour une dysentérie. Archives Médicales des Enfants. 1° Janvier 1912.)

Fillette de quatre ans, entre à l'hôpital pour une dysentérie.

Pas d'antécédents du côté paternel. La mère est une dyspeptique avec constipalion et une nerveuse. Tous ses enfants ont de la constipation habituelle et souffrent du ventre. |

Vers le 1° Juin, l'enfant a présenté une diarrhée qui a.persisté pen-. dant huit jours. À ce moment, la diarrhée devient glaireuse, l'enfant souffre de douleurs abdominales extrêmement vives, lui arrachant des cris. À plusieurs reprises, apparaissent des vomissements de matières filantes et incolores; les selles sont légèrement sanguinolentes.

A l'examen, on constate des douleurs abdominales très vives, localisées autour de l'ombilic. De ce point central, les douleurs irradient dans tout le ventre qui est dur et ballonné. La palpation profonde est impossible. L'enfant crie dès qu’on approche la main de la paroi abdominale, qui présente une défense musculaire généralisée et très accentuée.

. Ces douleurs sont exaspérées par l'ingestion des liquides ; les efforts de défécation le rendent encore plus atroces.

Les selles sont composées de liquides glaireux, sanguinolents. Un lavement de ratanhia atténue quelque peu leur caractère sanglant.

Un demi-centigramme de morphine est injecté pour calmer les douleurs, mais le résultat est médiocre. 2 R

Le 14 Juin, on preserit une potion au chlorure de calcium. Un lavement à l'eau boratée ramène du sang, des débris membraneux, de la râclure de boyaux. Jusqu'au 24 Juin, l'enfant recevra 160 centimètres cubes de sérum anti-dysentérique.

Pourtant les douleurs continuent. Depuis le jour de son entrée à l'hôpital, l'enfant n'a pas cessé de souffrir horriblement, poussant des cris, ayant des paroxysmes douloureux qui la font s’agiter et se tordre sur son lit. Au moment de ces paroxysmes, elle rend par l'anus quelques glaires sanglants. On ne sent pas de tumeur.

Le 18 Juin, le ventre est ballonné, la malade a eu des vomissements alimentaires et bilieux. On constate un œdème persistant de la

— 84 — ' Ë vulve. Les crises douloureuses, de plus en plus violentes, alternent avec des périodes de somnolence et d’abattement pendant lesquelles l'enfant reste repliée sur elle-même.

Peu à peu, les douleurs se calment. L'enfant ne s’agite plus : mais elle refuse de s'étendre dans son lit; elle reste assise et pelotonnée sur elle-même. -

Le ventre devient souple, et non douloureux à la palpation qui ne

révèle aucune tumeur. Les selles sont abondantes, non sanglautes, mais glaireuses et d'odeur fétide. Un peu plus tard, elles seront brunâtres, verdâtres et contenant moins de matières glaireuses.

Bientôt, 26 Juin, un litre de lait peut être pris et digéré. L'appétit renaît et l'enfant demande à manger; l'état général est meilleur, quoique lé ventre demeure tendu et sensible à la pression.

Le 29 Juin, apparaît une éruption scarlatiniforme, avec fièvre, angine et langue framboisée.

Les glaires'sortent continuellement de l’orifice anal et présentent une horrible fétidité. Les douleurs abdominales ont reparu et sont de nouveau intenses.

L'enfant meurt le 6 Juillet.

A l’autopsie, on trouve une péritonite généralisée. Gros boudin d'invagination colique en parlie sphacélé, le côlon ascendant a pénétré dans le côlon transverse et le côlon descendant. Cette invagination n’interrompt pas complètement le cours des matières : elle les laisse passer. On découvre une perforation à l’angle du côlon descendant; les anses intestinales sont agglutinées par des adhérences récentes. <

M. Comby fait suivre sa très intéressante observation des réflexions suivantes :

« Tout concordait à faire errer le diagnostic : l’âge de la malade, la disparition rapide du sang dans les selles, les rémissions trompeusés de la maladie, l'absence de boudin d’invagination appréciable à la pal-

pation, l'absence de boudin au toucher rectal, le passage des matières fécales, etc. »,

Au cours de notre étude, nous avons vu que, à part l'absence de la tumeur, tous ces signes sont habituellement observés au cours des invaginations de la seconde enfance. La palpation pratiquée sous anesthésie aurait sans doute permis de reconnaître le boudin d’ invagination. D'ailleurs, il est fréquent qu’une tumeur nettement sentie un jour disparaisse le lendemain.

PEN SRRE

Obs. 7. — (Delagenière. Archives Provinciales de Chirurgie. Décembre 1913).

L'enfant M..., Adrien, âgé de 5 ans, entre dans mon service à Fhôpital du Mans, pour un prolapsus t6tal du rectum, dans le courant | Le mois d'Octobre 1906.

Chétif el mal constilué, cet enfant présente une faiblesse générale de la paroi abdominale. Le ventre est saillant. On trouve en outre quelques signes de rachilisme, tels que nodosités costales, incurvation légère des libias, mais surlout cet enfant est atteint d'un prolapsus considérable du rectum.

La lumeur reste presque ment dehors. Sa réduction qui a: élé assez facile, il y a un an, est devenue très difficile et douloureuse el c'est pour cette raison que l'enfant a été dirigé sur l'hôpital. Il est impossible d’avoir des renseignements sur la date d'apparition de la tumeur. Voilà plus de 6 mois que la tumeur ne peut, pour ainsi dire, être réduite.

Cette tumeur mesure dans son ensemble, le matin au réveil, 12 cenüimètres de longueur. Si le malade se lève, au bout de quelque temps, la tumeur s'accroît jusqu’à mesurer 16 centimètres.

Elle est incurvée en arrière; l'extrémité libre présente un orifice ovalaire tel que celui qui est décrit sous le nom de sphincter de Nélaton. À sa base, la tumeur disparaît dans l'anus qui est distendu,

c’est-à-dire qu'au lieu de se continuer avec la peau de l'anus, la muqueuse présente une gouttière circulaire qui admet l'extrémité de l'index. Le doigt ainsi introduit pénètre à une profondeur de 4 à 5 centimètres, et là, rencontre un cul-de-sac muqueux circulaire.

Il s’agit donc chez cet enfant d’une invagination du gros intestin

dans le rectum, c’est-à-dire d’une invagination procidente de Delbet.

Laparolomie sur le bord externe du muscle droit du côté gauche. On trouve une anse oméga très considérable, dilatée et remplissant le bassin. Le cul-de-sac recto-vésical est extrêmement profond et se termine par une sorte de goultière demi-cireulaire au devant de l'intestin hernié. Désinvaginalion facile.

Anastomose colo-rectale avec sigmoïdorraphie de la portion supé. rieure du rectum et de l’anse oméga. L'anse ainsi exclue et accolée à elle-même, mesure 12 centimètres. Le cul-de-sac recto-vésical est comblé par quelques points de suture au catgut, afin d'en effacer la lumière et de prévenir une nouvelle descente de l'intestin dans le cul-

de-sac.

Guérison complète.

Obs. 8. — (Julliard. Prolapsus du rectum et invagination de l'S FRS Revue médicale de la Suisse romande, 1892).

* Enfant de 9 ans, chétif, pâle, peu développé. :

Il y a six mois, ses parents virent une tumeur rouge sortir de l'anus. Cette tumeur augmentait dans les efforts de défécation et diminuait peu après, sans disparaître jamais complètement. - Ar Ce prolapsus, n'étant pas soigné, augmente jusqu'à atteindre une longueur considérable.

A son entrée, le 22 Mars 1892, on constate un prolapsus long de 0 m. 25 sur 0 m. 10 de circonférence à la base et 0 m. 12 au sommet. ‘ La muqueuse est très hyperémiée, ulcérée et croûteuse au sommet. À l'extrémité inférieure de la tumeur, à gauche et au-dessous de l'orifice donnant issue aux matières, on trouve une perforation du diamètre d’une pièce de un franc, donnant également issue aux matières et con-. duisant dans l'intestin. Il y a des mouvements péristaltiques, ni à la partie supérieure de la tumeur.

Il n'existe aucun sillon entre l'anus et la tumeur : la peau se continue directement avec la muqueuse du rectum qui s’est retourné tout entier.

L'enfant est atteint de diarrhée avec inconlinence complète. Il rend ses matières.sans s’en apercevoir et n'éprouve jamais le besoin d’aller à la selle.

L’ appétit est bon. Pas de douleurs. Etat général satisfaisant.

I s'agit ici d'un prolapsus du reclum avec invagination de l'S iliaque et du méso-côlon. Il se compose de deux cylindres intestinaux ; l'un, externe, constitué par le rectum, présente de dehors en dedans : la muqueuse, la musculeuse et la séreuse; le cylindre interne présente de dehors en dedans : la séreuse avec le méso-côlon, la musculeuse et la muqueuse. Entre les deux cylindres, qui sont en rapport par leurs surfaces séreuses, se (trouve la cavité péritonéale prolabée.

Réseclion de 45 centimèlres d'intestin : 23 centimètres pour le cylindre externe, 22 centimètres pour le cylindre interne, Le prolapsus réduit, l'orifice anal reste béant; le sphincter ne se contracte pas.

Par le toucher, on reconnait que l'intestin a repris sa place; la suture circulaire, à 3 centimètres de l'anus, laisse facilentent passer le doigt.

Dès le troisième jour, le sphincter anal avait repris sa contractilité. Petit à pelit, les selles redevinrent volontaires et la diarrhée disparut.

Page 1