‹ Contribution À L'Étude Des Invaginations Intestinales De La Seconde EnfanceChapitre 29 sur 41 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

INVAGINATIONS DE L’APPENDICE

L'inflammation chronique de l’appendice est une cause fréquente d'invagination iléo-cæcale. L’appendice peut aussi s'invaginer totalement ou partiellement dans le cæcum et deux cas se présentent : ou bien le cæcum reste en place, ou bien une invagination iléo-cæcale se déclenche. Moschcowitz a prétendu qu'il existait des variétés, appendico-appendiculaires. Nous n'avons pas rencontré d'observations justifiant cette hypothèse, assez difficile à admettre.

Invagination veut dire : retournement en doigt de gant. C’est pourquoi nous ne considérons pas comme invaginations de

l'appendice les cas où ce petit organe se blotlit ou s'enfouit

dans le caput cæct.

Dans les invaginations véritables, le retournement siège à la

valvule de Gerlach; il n’est arrêté que par la boursoufflure des parois ou la formation d'adhérences entre les surfaces séreuses. Dans ce cas, un fragment d’appendice est encore visible.

Lorsque le retournement est total, il ne reste aucun segment

apparent, mais en suivant les bandes du cæcum, on peut tomber sur son point d'insertion. L’appendice a la forme d’une

tumeur intra-cæcale.

Cette invagination, dit Modohoo mit peut entraîner une inva-

gination iléo-cæcale, à collier colique, avec apparition du

boudin à l'anus.

feu

Pathogénie.

Partielle ou totale, l'intussusception appendiculaire est comparable à l'iléo-colique trans-valvulaire. La muqueuse de l’appendice continue celle du cæcum, et de même que la valvule iléo-cæcale est une amorce d’invagination de l’iléon, de même la -valvule de Gerlach constitue un point faible.

Les contractions énergiques de l'appendice ont élé constatées sur le vivant par Jalaguier, dans deux cas de hernie infantile où le cæcum avec son appendicé, était descendu dans les bourses. Quand on prenait l'appendice entre les doigts, on le trouvait mou, petit, à peine perceptible; peu à peu, il grossissait, doublait ou triplait de volume. En même temps, il devenait. dur, s’incurvait et constituait une tige rigide. Ces modifications, on les voyait même, grâce à la minceur des parois du scrotum, chez l’enfant (Monod. Bulletin de l'Académie de Médecine, 7 Novembre 1905).

Elles peuvent être reconnues au toucher rectal, comme dans. un cas de Jalaguier (Obs. 1 du rapport de Monod), rapporté comme un exemple de réduction spontanée d'une invagination de l’appendice dans le cæcum, alors qu'il y avait seulement enfoncement du caput cæci par un appeudice rigide.

Nous avons pris connaissance de vingt-six observations de cas d'invagination appendiculaire. Dans deux cas (obs. 1 et 3 du rapport de Monod), il n'y avait pas retournement en doigt de gant de l'appendice à travers la valvule de Gerlach. Seize fois, l'invagination de l’appendice élait totale; huit fois partielles. Enfin, dix fois l'invagination de l’appendicite n'avait pas entraîné à sa suite un segment quelconque du tractus intestinale. C'est sur cette dernière particularité que nous nous baserons pour classer nos observations.

Tantôt on pensait à l’appendicite, ét l'on trouvait une invagination. Tantôt on avait diagnostiqué une invagination iléocæcale. L’ pus faisait la preuve du diagnostic, mais on ne tardait pas à s’apercevoir que l'appendice en totalité ou partie invaginé dans le cæcum, empêchait la réduction parfaite.

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