DR RES
valions publiées sous ce titre ne sont pas démonstratives. Aussi les laissons-nous de côté.
La maladie est plus fréquente chez l’homme, nous trouvons 7 cas dans le sexe masculin, contre 4 dans le sexe féminin. L'âge ne parait pas jouer de rôle effectif. Le kyste se montre de préférence dans la région des culs-de-sac (supérieur et inférieur). Quelquefois cependant il se montre sur la conjonctive bulbaire de préférence dans la partie interne, entre le limbe et la caroncule. Leur cause n'est habituellement pas bien définie. Dans deux cas (Rombolotti, Aubaret) un traumatisme est incriminé. MM. Carra et Valois accusent aussi un traumatisme qui n’est pas prouvé. La cause habituelle reste donc en général problématique.
Le volume du kyste varie, depuis celui d'une tête d’épingle (Ginsberg), d'un gros grain de blé ou de poivre jusqu’au volume vraiment exceptionnel d’une amande (Cabannes et Lafon). Dans ces cas le kyste n’est pas libre au niveau de la conjonclive, il est profondément placé dans le cul-de-sac, surtout le supérieur, qu’il rembourre et qu'il comble. Lorsque le kyste est plus petit au lieu d’être profondément fixé, il est souvent énucléable, sousconjonctival, mobile sur la sclérolique. On peut voir aussi dans quelques cas, la mince membrane conjonctive qui les recouvre hyperhémiée tout autour. [lexiste aussi quelquefois une injection assez marquée des conjonclives.
Ces kystes sontremplis d'un liquideclair, transparent ou citrin. La ponction de ce liquide a pu permettre dans quelques rares cas d’en noter l'abondance et d'en faire l'examen cytologique et microscopique. Le premier examen du liquide a été publié par Rombolotti, en 1895. Le second par M. Aubaret, en 1902. Le troisième, par MM. Cabannes et Lafon, en 1907. Ce dernier examen, dû à l’obligeance de M. le professeur agrégé Sabrazès, est des plus complets et montre une proportion considérable, 30 p. 100 de cellules alvéolaires contre 29 p. 100 de leucocytes polynucléés, 18 p. 100 de cellules polyédriques variées et 10 p. 100 de lymphocytes. Cette proportion considérable de cellules alvéolaires est tout à fait intéressante à noter.
L'examen anatomo-pathologique de la paroi de ces kystes Dufourcq 6]
nous montre qu'ils naissent soit aux dépens des glandes acinotubuleuses de Krause, soit aux dépens des glandes de Henle, soit encore à la faveur des nombreux plis conjonctivaux qui occupent la région des culs de sac. C'est surtout aux dépens des canaux excréteurs des glandes que naissent ces cavités kystiques, refoulant ainsi les acini voisins qui sont atrophiés ou au contraire dilatés. L'épithélium qui tapisse ces cavités est variable : tantôt, c'est un épithélium plat en une ou plusieurs assises, mais, le plus souvent, l’épithélium est polymorphe, il est stratifié en deux, trois ou plusieurs couches, les cellules profondes étant cubiques et les superficielles cylindriques, quelquefois allongées comme de vrais bâtonnets. On note assez souvent de la dégénérescence muqueuse des cellules superficielles ; au proche voisinage de ces cavités souvent multiples ou multiloculaires, on a noté assez souvent des sortes d'enfoncements épithéliaux, boudins épithéliaux, pleins ou creux, contenant des cellules à mucus (sorte de dégénérescence mucoïde de l'épithélium). Lorsque plusieurs cavités voisines se fondent ensemble et s’unissent, le kyste prend ainsi avec ses invaginations multiples l’aspect de certains kystes de l'ovaire. Les cellules épithéliales qui tapissent la face interne de ces kystes reposent sur une membrane élastique, quelquefois conjonctive, comme dans un cas de Rogman. La conjonctive avoisinante est souvent enflammée, avec des vaisseaux sanguins congestionnés, néoformés et des lymphatiques dilatés, pouvant former de véritables espaces vacuolaires.
La pathogénie de ces kystes glandulaires est encore très discutée. [l est vraisemblable que des inflammations chroniques aboutissant soit à une oblitération du tube excréteur, soit à une prolifération anormale des acini glandulaires, soit encore à l'agrandissement avec accollement des replis normaux de la conjonctive, peut aboutir à la formation d'une sorte de cavité close qui sera l'origine ultérieure de l'évolution kystique. On peut très bien admettre l'influence du traumatisme, réalisant les conditions sus-énoncées par des invaginations épithéliales, la formation de cicatrices anormales, et créant ainsi des kystes qui