III. Observations
OBSERVATION Î
S. GINSBERG, in LAGRANGE, Trailé des tumeurs de l’orbile, p. 21.
Une jeune fille de 29 ans avait, il y a trois ans, remarqué à sa paupière inférieure droite, une vésicule de la grosseur d'une tête d'épingle, qui augmenta considérablement dans les six derniers mois. Au point de passage de la paupière inférieure droite, près de la caroncule, se trouvait un kyste transparent, senrblable à une lentille quant à la forme et à la grandeur, et recouvert de délicats vaisseaux sanguins. Lors de l’extirpation, le sac fut fendu par derrière et enlevé en totalité. Au microscope, sur les coupes passant par le milieu et perpendiculaires à la muqueuse, la cavité est uniqu?, tandis que sur celles plus périphériques, elle semble constituée par des divisions séparées par d'étroites bandes. Ceci doit peut-être être attribué aux plissements produits par l’affaissement du kyste; de même les nombreuses sinuosités latérales. La surface interne est revêtue d'un épithélium continu qui est tantôt à une seule, tantôt à deux couches et se compose de cellules en partie cubiques, en partie cylindriques. En fait, l'épithélium est à une seule couche, le redoublement n'est qu'apparent, produit par des coupes obliques, inévitables, sur la pièce affaissée. Du contenu, il-ne reste que des résidus peu abondants, d’une substance jaunâtre finement granulée. Je n'ai pu trouver de rapports directs avec la muqueuse. Cependant, on voyait des coupes longitudinales, transversales et obliques des canaux épithéliaux, dont le plus antérieur débouchait dans la conjonctive, tandis que le plus postérieur s'ouvrait dans le kyste. Ceci doit s’interpréter par ce fait, que la coupe a dù atteindre les parties d’un conduit très contourné. L'épithélium de la muqueuse est à plusieurs couches,
cubique ou polygonal dans les couches inférieures, plat dans les superficielles, et renferme de nombreuses cellules à mucus.
Le tissu conjonctif sous-muqueux montre de forts amas de cellules rondes autour des vaisseaux et des nerfs, ainsi que dans Île voisinage du kyste et d'un tube épithélial qui sort de la conjonctive juste à côté de l’enfoncement épithélial déjà mentionné de cette membrane. Ce tube a été coupé en arrière par l'incision opératoire. Son canal est revêtu d'un épithélium à deux couches, de telle sorte qu'une couche de cellules cubiques est surmontée de belles cellules cylindriques allongées avec un noyau basal. La couche interne contient des masses de cellules à mucus. Près de la terminaison de ce canal se trouve un amas de cellules rondes en dégénérescence, dont les noyaux sont faiblement colorables, tandis que le protoplasma cellulaire prend la coloration et a un aspect brillant et homogène.
OBSERVATION Il
Une petite fille de 8 ans vient nous voir pour du larmoiement et des sensations de brûlure dans l'œil gauche. Juste au point de passage de la paupière inférieure gauche, un peu en dedans du milieu, se trouve un kyste transparent de la grosseur d’un grain de poivre, ovale, allongé et placé transversalement. En outre, il y avait un fort catarrhe. Le kyste fut extirpé in {oto par le docteur Kuthe, médecin en chef de la clinique; l'incision dans la conjonctive était éloignée d'environ deux centimètres de l'extrémité postérieure des glandes de Meibomius, tandis qu'en arrière elle s'étendait à peu près aussi loin sur la conjonctive bulbaire.
Le contenu kystique était un liquide séreux, dans lequel flottaient des petits grumeaux, amas blancs et délicats de cellules épithéliales. Ces dernières sont en partie normales, en partie en voie de dégénérescence. Dans quelques-unes on voit des gouttelettes claires non brillantes, dans d’autres le noyau est repoussé contre la paroi par une grosse goutte, souvent le noyau se colore faiblement ou pas du tout ; enfin on trouve des vésicules sans noyau, claires, ayant à peu près la grandeur des cellules normales. La paroi kystique est com-
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plètement revêtue d'une seule couche d'épithélium pavimenteux. Vers le dehors, le tissu conjonctif est plus régulièrement fibrillaire
qu'ailleurs. Par places, le kyste est entouré d'amas de cellules rondes.
Ces amas ont une forme annulaire. Le kyste s'étend jusque sous l'épithélium de la conjonctive, mais est séparé partout de cette dernière par une couche étroite de tissu conjonctif. L'épithélium de la muqueuse a en bas des cellules cubiques, puis polygonales, et en haut des cellules plates et parfois cylindriques entre lesquelles se trouvent des masses de cellules à mucus. Ce qui frappe surtout, ce sont des enfoncements épithéliaux nombreux, en partie pleins, en partie creux, striés sur les deux côtés du kyste. Dans la profondeur, on voit que les bâtonnets solides ont souvent une lumière ; puis les épithéliums polygonaux se modifient de telle sorte, que la couche la plus interne se transforme en belles cellules cylindriques avec un noyau basal, tandis que les couches extérieures se réduisent à une couche de cellules cubiques. On peut suivre les transitions assez clairement. Entre les épithéliums cylindriques, on trouve ici aussi de nombreuses cellules à mucus. Elles sont moins nombreuses que les bâtonnets pleins.
Un certain nombre d'enfoncements, en partie pleins, en partie creux, viennent déboucher sur un petit territoire de la surface de la muqueuse, dans laquelle sont situées un grand nombre de cellules à mueus très serrées. Dans la profondeur, on trouve d'un côté de larges sinuosités terminales des canaux à côté des kystes, sur une ligne représentant un prolongement de l'axe longitudinal de ces tubes. D'autres enfoncements situés à des endroits plus éloignés sont moins nombreux et moins profonds. Dans le tissu conjonctif, les amas de cellules rondes ne se trouvent pas seulement autour des vaisseaux et des nerfs, mais surtout autour de ces conduits, et en particulier près de ceux qui ont une lumière.
Je n’ai pas trouvé celte infiltration autour des plus grands bâtonnets épithéliaux, mais je l'ai rencontrée aux endroits où ces bâtonnets étaient encore petits. Très peu de formation folliculaire. Un amas sphérique de cellules rondes, dont la périphérie est bien séparée du voisinage par des cellules à noyaux très colorés, est situé sous l’épithélium de la conjonctive. Cet épithélium est ici très aminci, son
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épaisseur n'est que de 10 ; tout auprès, elle est de 20 y. Dans le milieu, un petit enfoncement creux pénètre quelque peu dans le follicule,
OBSERVATION III
Rocmax (1895).
Rogman fait remarquer que si certains kystes ont été bien décrits, jamais jusqu'à lui on n'a parlé des kystes qu'il va décrire.
Ces kystes apparaissent généralement sur la partie de la conjonctive bulbaire, située dans le champ de la fente palpébrale quand l'œil est ouvert, sans aucun symptôme inflammatoire concomitant, sous forme de phlyctènes arrondies, semi-transparentes, légèrement rosées, dont le siège semble être tout à fait superficiel au premier aspect. Quand on les fait mouvoir sur la selérotique par l'intermédiaire de la paupière propulsée ou au moyen d’un corps mousse, on s'aperçoit, contrairement aux observations de Sæmisch, que généralement ils ne font pas corps avec la muqueuse, mais qu'ils glissent, en appa-: rence, librement sous cette dernière. Une boutonnière pratiquée dans la conjonctive, à une certaine distance de l'endroit où ils se trouvent, si on veut éviter de les léser, permet de les faire sortir sans difficulté et de les recueillir intacts, sous forme de petites vésicules diaphanes, de nuance légèrement opaline et de la grandeur d'un grain de millet ou celui d'un pois. e
Comme nous l'avons dit plus haut, ils sont susceptibles, surtout quant ils ont atteint un certain volume, d'occasionner une gêne réelle.
Nous avons utilisé, pour en faire l'examen histologique, un des kystes extraits de la facon indiquée plus haut, du tissu sous-conjonctival, entre la cornée et la caroncule, chez une femme âgée de 54 ans.
Le petit kyste ayant une certaine ressemblance avec une perle fine a été fixé dans la liqueur de Flemming, traité par l'acide pyroligneux, durci et déshydraté par l'alcool. Les coupes ont été colorées par la safranine.
Pendant les manipulations nécessaires à la préparation, la vésicule s’est rompue, de manière qu'il n’a pas été possible d'en examiner le contenu.
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