‹ Contribution à l'étude des Kystes acquis de la conjonctiveChapitre 20 sur 30 · A RES · texte numérisé non relu

A RES

noyau bien distinct et un protoplasma finement granuleux; enfin, des restes protoplasmiques, résultant de la décomposition des globules blancs dans le liquide.

Examen analomique du tissu excisé. — L'examen anatomique démontra qu'il était formé par la muqueuse conjonctivale avec les caractères propres à celle qui revêt le globe oculaire. Dans les couches de son épithélium, on rencontre nombre de ses cellules avec des altérations qui se rapportent à la dégénérescence muqueuse.

Le tissu connectif qui est situé au-dessous, constituant le tissu propre de la muqueuse dans sa partie la plus superficielle, s'écarte bien un peu de sa structure normale, seulement il apparaît hypertrophié, en se présentant bien plus épais que d'habitude. En rapport avec cet état hypertrophique, les vaisseaux sanguins ont atteint un calibre bien plus grand que d'ordinaire. Dans les mailles dont ce tissu connectif se compose, on aperçoit une infiltration d'éléments lymphoïdes, mais on sait que cette infiltration d'éléments lymphoïdes a été décrite comme constante et normale par un grand nombre d'histologistes. Je n'ai jamais rencontré, au contraire, des vrais follicules lymphatiques. Ce n'est qu'en se portant plus profondément que le tissu connectif de soutien de la muqueuse prend une disposition particulière, c'est-à-dire qu'il se présente bien plus entouré avec une filtration de corpuscules Iymphoïdes moindre; des fibres, qui sont disposées plus régulièrement, réunies en faisceaux, disposées le plus souvent longitudinalement,se superposent par couches d'une manière uniforme, précisément comme on l'observe dans les formations conjonctivales, qui constituent le stroma desoulien durevêtement épithélial des kystes. Mais ce que la recherche histologique décela de plus caractéristique en relation avec le diagnostic clinique, c'est que cette zone conjonctive, présentant l'aspect d’un petit ruban, se continuait dans un épithélium formé d'un petit nombre de couches composées d'éléments cellulaires très comprimés. En quelques points des coupes, cet épithélium forme deux couches de cellules ; dans d'autres points, au contraire, peut-être à cause de l'obliquité de la couche, il en présente trois ou quatre. La couche la plus profonde, celle qui est contiguë au tissu conneclif, élant toujours formée par des cellules cubiques, avec un noyau assez gros et bien manifeste ; la plus super-

APT ee

ficielle, au contraire, étant constituée par des cellules plus grandes, plus aplaties, presque lamellaires, présentant cependant un noyau toujours bien reconnaissable,

OBSERVATION V

Dr Dusoys pe LaAviGerir, 1900.

M. F..., bien portant, vient me consulter, il y a environ trois mois, pour un petit kyste transparent ressemblant à une petite phlyctène, situé à l'union du limbe cornéen à la partie interne et un peu en bas et que l’on voit encore. Il avait peur que ce pelit kyste n'augmentât et ne devint plus volumineux. Sans attacher une grande importance à cette petite lésion, j'examinai en même temps les culsde-sac conjonctivaux et, à ma grande surprise, je trouvai dans la partie externe des deux culs-de-sac, symétriquement, une série de petits points jaunâtres un peu opalescents en très grand nombre formant comme un semis, sur toute cette partie de la conjonctive, de petits grains peu volumineux assez serrés les uns contre les autres et faisant saillie au-dessus de la conjonctive sans réaction inflammatoire apparente, sans douleur, puisque le malade n'en soupçonnait même pas l'existence. Le malade ne présente pas de sécrétion, aucune rougeur de la conjontive. Il n’a pas et n'a pas eu de catarrhe conjoncetival ayant précédé l'apparition de ces petits grains.

Pas de traumatisme. Il ne peut nous renseigner sur la date de leur apparition. Tout l'intérêt de cette observation est surtout dans lexamen histologique.

Examinées au faible grossissement, les coupes présentent de nombreuses lacunes kystiques, la plupart voisines de la surface et séparées par une mince membrane; quelques-unes moins étendues sont situées un peu plus profondément dans le tissu fibreux conjonctival qui constitue la trame profonde de la muqueuse. À un plus fort grossissement, on reconnait que ces cavilés kystiques sont limitées par une couche épithéliale continue, absolument identique à celle qui revêt la surface de la conjonctive. Celte couche épithéliale est d'autant plus régulière et épaisse que le kyste est moins développé,

Page 1