‹ Contribution à l'étude des Kystes acquis de la conjonctiveChapitre 23 sur 30 · I. Anatomie · texte numérisé non relu

I. Anatomie

« La conjonctive se compose, comme toutes les muqueuses, de

» deux couches : une couche profonde, le chorion ou derme; une

couche superficielle ou couche épithéliale.

» Derme.— Le derme de la conjonctive est hérissé de papilles qui donnent à sa surface libre un aspect velouté. Ces papilles sont toujours plus développées sur la conjonctive palpébrale que sur la conjonctive bulbaire. Sur cette dernière, elles diminuent en nombre et en volume au fur et à mesure qu'on se rapproche de la cornée.

» Au point de vue de sa conslitulion histologique, le derme conjonctival se compose d'un stroma conjonctif dans les mailles duquel se trouvent des amas de cellules lymphatiques. » Couche épithéliale. — L'épithélium de la conjonclive varie dans sa constitution anatomique suivant les régions que l'on considère.

» a) Sur les portions de Ia conjonctive qui sont en rapport avec le larse, cet épithélium se compose de deux couches : l'une superficielle, formée par une seule rangée de cellules cylindriques; l'autre profonde, formée également par une seule rangée, rarement par deux, de cellules plus petites et plus ou moins aplaties. Les cellules cylindriques ont de 10 à 25 y. de longueur. Leur surface libre présente une espèce de disque ou plateau cuticulaire qui se distingue nettement du

Ole

reste du corps cellulaire, en ce qu’il est moins granuleux et qu'il réfracte plus fortement la lumière. Ces disques se réunissent latéralement avec ceux des cellules voisines et, par leur ensemble, simulent assez bien une membrane limitante hyaline.

» Quelques histologistes rejettent l'existence des cellules cylindriques à la surface libre de la conjonctive et décrivent, à leur lieu et place, un épithélium pavimenteux. Les coupes transversales, pratiquées et figurées par Ciaccio et par Reich, ne laissent pourtant aucun doute à cet égard : elles nous montrent une couche continue de belles cellules cylindriques. Tartufferi, à son tour, qui a soigneusement étudié cet épithélium sur la portion tarsienne de trente conjonctives normales, a constamment rencontré une couche de cellules cylindriques et il pense que les auteurs qui décrivent encore un épithélium pavimenteux n'ont examiné que des conjonclives altérées ayant perdu leurs cellules superficielles et mettant alors sous les yeux de l'observateur les cellules de la couche profonde.

» On à signalé dans la couche épithéliale superficielle l'existence d’un certain nombre de cellules ayant subi la dégénérescence muqueuse et rappelant par leur aspect les cellules caliciformes de la muqueuse intestinale. Ces cellules s'observent principalement sur les yeux des vieillards ou sur ceux qui sont affectés d’un catarrhe chronique et ne sont peut-être que

» des productions pathologiques.

» b) Sur la conjonclive du cul-de-sac et même sur la portion externe de la conjonctive bulbaire, nous retrouvons encore la couche des cellules cylindriques, avec les mêmes caractères, Quant à la couche épithéliale profonde, elle est plus épaisse et comprend maintenant deux ou trois assises de cellules arrondies ou rendues polyédriques par pressions réciproques. » c) Dans le voisinage du limbe conjonclival, l’épithélioma revêt peu à peu les caractères de l'épithélioma pavimenteux stratifié, que nous avons décrit sur la face antérieure de la cornée.

» d) De même, dans le voisinage du bord libre des paupières,

» il subit des modifications de même nature, qui le rattachent

> par gradalion insensible au tégument externe.

» La couche épithéliale de la conjonctive est séparée du cho- » rion, ici comme dans toutes les muqueuses, par une mince » couche hyaline où membraneuse basale, qui se continue » directement, au niveau du limbe, avec la lame élastique anté-

> rieure de la cornée » (Testut, Anatomie descriptive).

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