SICHEL
Sichel retrace l'histoire d'un jeune soldat qui, en tombant sur l'épaulette de son camarade, produisit un traumatisme de l'œil, à la suite duquel un kyste se développa deux mois après.
OBSERVATION II
Hacue, 1881.
Hache nous donne la relation d'un kyste mesurant 1 millimètre de largeur sur 2 millimètres de longueur et occupant la partie moyenne de la conjonctive bulbaire, entre l'angle externe et les bords de la cornée, et il discute la pathogénie de cette tumeur :
« Après avoir éliminé, dit-il, l'origine glanduleuse, improbable à priori à cause de l'absence de glandes dans la portion bulbaire de Ja conjonctive, et à laquelle l'aspect du revêtement du kyste ne permet pas de nous arrêter, il reste deux hypothèses possibles : 1° l'existence d'une dilatation Iymphatique; 2° l'existence d'un épanchement séreux dans le tissu cellulaire sous-conjonctival. Nous n'osons pas nous arrêter à l'idée d'une dilatation lymphatique, à cause de la rareté des dilatations de ce volume et parce que, jusqu'ici, nul auteur n'en a signalé dans cette région; mais surtout parce que le revêtement du kyste ne présente pas une délimitation nette entre les cellules et que celles-ci ne sont pas rangées en séries assez régulières pour qu'on puisse affirmer l'existence d'un endothélium continu.
» Nous croyons donc, en somme, à la production, dans le tissu cellulaire sous-conjonctival (sous l'influence d'une cause indéterminée, probablement traumatique), d'un petit épanchement de sérosité qui aurait refoulé excentriquement le tissu cellulaire voisin ».
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OBSERVATION III
Baupry, 1882.
M. R... (de Roubaix) est adressé à M. le D' Baudry pour une tumeur de la conjonctive gauche.
M. R... dit avoir recu dans l'œil, il y a sept mois, une particule de sou're enflammé; la réaction, insignifiante, est combattue par des compresses d'eau froide; c'est seulement trois mois plus tard que parut une petite vésicule qui augmenta peu à peu, sans devenir douloureuse. Aujourd'hui, elle est un peu gênante et M. R..., très tourmenté, vient me consulter.
OBSERVATION [IV
Uurnorr, 1879.
La femme S.-F. de Berlin, âgée de 20 ans, fut opérée le 18 octobre 1877, par M. le professeur Schæler pour un strabisme convergent d'un degré élevé à l'œil droit. On pratique un avancement du droit externe avec excision simultanée d'un lambeau de conjonctive sur la lèvre externe de la plaie et l'on fit ensuite la ténotomie du droit interne du même œil. La réaction opératoire fut légère; cependant, l'extrémité du muscle avancé proémine en forme de bosse d’une facon singulière, recouvert par la conjonctive encore rouge. .
Après cinq semaines, le patient remarquait, après que l'injection de la conjonctive eut à peu près disparu, une élevure vésiculaire, limpide comme de l'eau, de 3-4 millimètres de hauteur, située au niveau du muscle droit externe avancé et éloigné de 4 millimètres Ænviron du bord externe du limbe cornéen. La conjonctive recouvrant le kyste ne présente aucune altération. Le kyste fut ponctionné et on
“retira un contenu absolument séreux, clair comme de l'eau. Bientôt,
cependant, le liquide se rassembla de nouveau. Alors on passa à travers le kyste un fil de catgut et on le serra également sans résultat, Le kyste avait grossi pendant cinq autres semaines, au point d’atteindre une fois et demi environ le volume qu'il avait auparavant. On décida alors, janvier 1870, une excision soigneuse du kyste, Le
malade fut chloroformé. En préparant le terrain, on reconnut que la vésicule était presque en contact avec la selérotique et recouverte
dans son tiers supérieur par le tendon du droit externe avancé.
Le contenu était clair et purement séreux.
L'examen anatomique de la paroi montre qn'elle est constituée par un tissu conjonctif assez compact et fibreux ; ce Lissu conjonctif ne présente ni arrangement particulièrement régulier, ni stratification. La surface intérieure du kyste est tapissée par un épithélium pavimenteux régulier, à cellules nucléées d'une seule couche. On ne put trouver ni dans la paroi, ni dans le contenu du kyste, rien qui pût être pris pour un corps étranger comme un cil coupé, etc.
Du reste, l'excision du kyste eut de bonnes suites, l'irritation disparut, le kyste ne se reforma pas et la position de l'œil ne fut modifiée en aucune manière.
OBSERVATION V
Uurnorr (1819).
Le 21 juin 1878 se présentait un marin, K. W..., âgé de 15 ans, avec un kyste de la conjonctive bulbaire de l'œil gauche. Six semaipes auparavant, le patient avait été heurté à l'œil gauche par une corde qui lui occasionna une plaie pénétrante longue d'environ un centimètre, à la paupière supérieure. Cette plaie entama le bord ciliaire et une partie du cartilage tarse. On voit maintenant la cicatrice fraîche et on remarque, au bord de la paupière, sur le côté de la muqueuse, deux cils qui, ayant été arrachés, sont logés dans la plaie. Environ huit jours après la blessure, le patient se crut complètement guéri. Cinq semaines après l'accident, sa mère lui fit remarquer qu'une vésicule s'était formée sur le « blanc de son œil ». Il vint alors à la clinique. La vue n'avait jamais été atteinte, l’acuité visuelle était normale, rien à signaler à l'examen ophtalmoscopique.
Environ un centimètre au dehors du limbe cornéen se trouve un kyste ayant presque la grosseur d'un haricot, situé dans le tissu sous-conjonctival du bulbe. La conjonctive n’est pas mobile sur la