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Boyer, en 1821, Maunoir, de Genève, en 1825, Redenba- ‘cher en 1828 font paraître les premiers travaux et séparent les kystes congénitaux des autres tumeurs du cou, principalement de celles du corps thyroïde.
Redenbacher, frappé par les connexions de la tumeur quil avail observée avec le plancher de la bouche, tend à la confondre avec la grenouillette sublinguale, puisqu'il intitule son travail : De ranula sublingua Sspeciali cum causa congenitu.
Un peu plus tard, en Allemagne, Walter et Ebermayer relatent l'observation de quelques cas de kystes congénitaux du cou, et en 1839 Draste faisait également un article sur ce sujet dans les Annales hanovriennes.
Mais ce qui est beaucoup plus important que tout ce qui avait été fait jusqu'alors sur la question, Heusinger, en 1839, à la suite de ses recherches sur les fistules congénitales du cou, établissait les relations qu'il y a entre les kystes du cou et les fentes branchiales de l'embryon ; c'était le premier auteur qui Jetait quelque lumière sur la pathogénie de ces tumeurs.
À cette époque-là, également, en Angleterre, César Hawkins dans une étude*des kystes du cou chez le nouveau-né, remarque le prolongement de ces tumeurs vers les organes profonds, les difficultés d'extraction dont sont causes les adhérences avec ces organes et les dangers d'une intervenlion par trop précoce à cause de la gravité des hémorragies chez les tout jeunes enfants.
À partir de cette époque les travaux se multiplient sur celle question des kystes congénilaux du cou.
En 1842, Wernher, en Allemagne, un peu plus tard Holmes Cootes (1849), en Angleterre, et en France Cruveilhier,
ou Broca, Nélaton, Lebert apportent de nouvelles clartés sur ce sujet.
Enfin l'ouvrage classique de Lannelongue et Achard, paru en 1886, résume tous les travaux antérieurs sur la question. Us divisent les kystes congénitaux du cou en kystes dermoides, mucoïdes et mixtes, d'une part. D'autre part ils en séparent nettement les kystes séreux congénitaux ou lymphangiomes kstiques dont ils pensaient que la nature est tout à fait différente des autres.
Mais tandis que les études spéciales se poursuivaient sur celle question des kystes du cou des théories pathogéniques sur les kystes en général voyaient le jour. Elles sont aussi magistralement exposées dans l'ouvrage de Lannelongue et Achard.
La plus ancienne est celle de Geoffroy Saint-Hilaire ou de l'inclusion fœtale: Il assimile les kystes dermoïdes à des monstruosités ; il entend établir l'échelle tératologique comme l'échelle ou la série zoologique ou botanique. C’est une série qui part du simple kyste pililère pour aboutir aux frères siamois, disait Broca. D'après cette théorie, le kyste se produirait
1° Soit qu'il y ait inclusion d'un jeune embryon dans un autre antérieurement conçu et qui se développe par superfétation ; |
2° Soit quil y at gémellité et arrêt de développement ;
3° Soit enfin qu'il y ait une monstruosité dans le germe, qu'il y ait un œuf à deux germes.
Malgré l’ingéniosité de cette théorie, il est bien difficile de l'appliquer à-la plupart des cas de kystes congénilaux, car si parfois on a rencontré des kystes assez complexes dans l’ovare principalement et où on a pu distinguer des organes fœtaux, il est impossible de voir dans des kystes
ne très simples et même dans la plupart des kystes complexes où il n'y a pas le moindre reste authentique de fœtus, la moindre relation avec les monstruosités.
Du reste, lorsqu'on a vu des kystes dermoïdes qui contenaient 300 dents, comment admettre qu'il y ait eu inclusion fœtale, cela supposerait 6 germes dans un septième.
ET puis un fœtus enkysté est un cadavre momifié, un kyste dermoïde est une partie essentiellement vivante de l'orga-
nisme.
= Donc la théorie de l'inclusion fœtale était indubitablement inexacte pour la grande majorité des kystes, quoique Verneuil lui-même ne se refusait pas à l’admettre pour certaines tumeurs.
La seconde théorie, qui prétendait donner la elef de la pathogérnie des kystes congénitaux, fut exposée par Lebert : c'est celle de l'hétérotopie plastique. Lepert disait : « Beaucoup de tissus simples ou composés et des organes plus complexes même peuvent se former de toutes pièces dans des endroits du corps où on ne les trouve pas normalement. » I] n'’admettait l'inclusion que là où il reconnaissait la forme d'un embryon.
Comme on le voit cette théorie ne tenait aucun compte de l'origine congénitale des kystes, dermoïdes ; le développement embryonnaire n'est pour rien dans leur formation, 1l y a production aulogène des kystes par l'organisme luimême en vertu d'une aberration particulière de la nutrition.
Aujourd'hui cette théorie ne tient pas debout, mais elle a eu l'avantage de ne plus faire considérer seulement le siège et la forme des kystes congénitaux, mais aussi la nature des tissus.
Enfin la troisième théorie qui explique la pathogénie des kystes dermoïdes est la théorie de Verneuil dite de l’enclavement. Elle a l'avantage de reposer à la fois sur les données
LA Ne d'anatomie générale mises en lumière par Lebert et sur les données lératologiques.
Cette théorie considère les kystes dermoïdes comme dérivant du tégument cutané de l'embryon, dont une portion, restée pour ainsi dire en arrière pendant le développement fœtal, se serait enclavée au sein des autres tissus.
Cette théorie, que les Allemands veulent injustement attribuer à Remak, est bien de Verneuil, qui l'éxposa dès 1852,
c'est-à-dire bien avant que Remak en parlât.
Elle à été depuis lors généralement acceptée.
Mais dans ces dernières années certains auteurs ont observé, dans quelques kystes dermoiïdes du cou, une particularité qui avait passé jusqu'alors inaperçue, c'est la présence de tissu Iymphoïde dans la paroi du kyste.
On voit l'intérêt qu'a au point de vue de la pathogénie de ces kystes cette constatation anatomo-pathologique, ear si pour les Kystes dermoïdes purs la théorie de Verneuil paraît mattaquable, elle est insuffisante pour expliquer ces cas spé- Caux, car on ne voit pas trop comment le tégument externe pourrait donner du tissu Iymphoïde.
C'est en Allemagne que des observations semblables à celle qui fait le sujet de cette thèse ont été relevées. La plus ancienne paraît être celle de Lücke, en 1861, maïs presque toutes les autres sont récentes, celles de Kolmann (1898), de Sultan (1898).
En France, Albarran, en 1885, le premier cite une observation semblable, mais il n'y a rien dans le traité de Lannelongue et Achard. Broca parle de l'existence de tissu lymphoïde dans les kystes congénitaux du cou, dans le Traité de Duplay et Reclus, en 1898.
A Montpellier, en 1900, la thèse de Gigante, inspirée par
APR ES Jeanbrau, à pour sujet une observation semblable, et à Paris, en 1905, la thèse de Coltelloni.
Nous verrons tout à l'heure, en étudiant la pathogénie de ces kystes dermo-lymphoïdes ce qu'est la théorie branchiale et comment celte théorie complète et modifie heureusement la théorie de Verneuil et permet d'expliquer la formation de
ces kystes.