‹ Contribution à l'Étude des Kystes de l'IrisChapitre 5 sur 26 · PATHOGÉNIE · texte numérisé non relu

PATHOGÉNIE

La pathogénie des kystes de l'iris a eu à enregistrer nombre de théories différentes. Ce qui a pu le permettre, c’est sans contredit le nombre assez limité de cas. Cette affection .de l'iris étant assez rare, certains auteurs ont conclu à une genèse qui varie beaucoup surtout quand il faut exclure toute origine traumatique.

Nous étudierons les différents types suivant lesquels nous avons pu grouper les kystes de l'iris, et nous tâcherons de tirer une classification de ce

genre de tumeur.

Kystes Séreux

On range dans cette catégorie, l’ensemble des tumeurs dont le contenu n'offre pas une consistance ferme. Il varie du liquide le plus limpide, à

une sérosité légèrement pâteuse.

La cause la plus ordinaire de la dégénérescence kystique de l'iris est sans contredit le traumatisme. La proportion en est un peu moindre que pour les kystes perlés, où Masse accuse le traumatisme avec plaie externe dans

83 °/, des cas.

Ici, nous avons à compter sur les origines congénitales, et quelquefois même on ne trouve pas de blessure, et on ne saurait davantage en imputer la cause à une malformation fœtale.

Quand nous trouvons le traumatisme à l’origine, celui-ci peut être de nature différente.

Ou bien c’est un choc violent sans lésion de la cornée, ou bien encore c’est une perforation de cet organe avec pénétration de corps étrangers.

Guépin a observé un kyste séreux, à la suite d'opération de la cataracte par broiement.

D'’aprés Eversbuch, la contusion violente de l’œil produirait la dégénérescence kystique de cette façon : « Une hémorragie se produirait dans l’angle irido-cornéen, et une exsudation dans le ligament pectiné, ainsi que dans les lamelles avoisinantes ».

M. Wecker admet une pathogénie qu'il défend

depuis longtemps. D’après sa manière de voir, le

kyste serait dù «à un simple plissement ou à une déformation sacciforme de l'iris ». [Il ajoute même que «la trame irienne n’est nullement disposée à la formation de kystes, attendu qu’elle ne renferme aucun élément tubulaire ou glandulaire, apte à une distension pathologique (tumeurs par rétention).

Le fait que la seule partie libre du tractus uvéal, celle qui flotte dans la partie antérieure de l’œil, devrait présenter cette prédisposition à la formation de pareilles tumeurs, était déjà de nature à faire penser qu’une cause accidentelle, un traumatisme, devait livrer l’élément essentiel à pareille production morbide.

« Aussi, a-t-on absolument abandonné l’idée d'unendésgénérescence Cystoide nde- l'iris vet n’admet-on plus que les tumeurs solides (épithéliales) formées par greffe, et les kystes à contenu fluide, résultant d’un plissement de l'iris ou d’une déformation sacciforme de cette membrane ».

Le mécanisme, pour M. Wecker, diffère essentiellement de celui d’Eversbuch. Ici, le kyste ne serait pas formé par exsudation après une hémorragie, mais voici comment s’explique l’auteur :

« J'admets non seulement qu'un enclavement du

ln

pli irien (supposant toujours une plaie avec synéchie antérieure) peut aboutir à la formation d’un kyste de l'iris, je présume non seulement que pareil fait peut être la conséquence naturelle de la formation d’une synéchie postérieure en fer à cheval, mais je suis d’avis qu’à la suite d’un ébranlement violent de l’œil, avec faible déplacement ou luxation complète du cristallin, il peut s'effectuer un plissement de l'iris, qui devienne le point de départ d’une dégénérescence cystoïde ». Par ces mots « dégénérescence cystoïde », l’auteur veut parler de formation d’un kyste non spontané.

Donc, d’après M. Wecker, il pourrait, à la suite d’un choc violent se faire un repli du bord pupillaire, ou même, il admet la possibilité. d'unsplissement sur a -continuité dela membrane irienne. Et pour conclure, 1l résume la genèse des kystes iriens à ces genres de production

1° Soit à la suite d’un enclavement, d’un pli d’iris dans une plaie cornéenne, l'humeur aqueuse secretée dans ce pli s’y trouvant retenue

2° Soit que pareille dégénérescence se produise par la formation d’une synéchie posté-

rieure en fer à cheval.

JMOU- enfin, que par Suite d'unurenversement et du plissement de l'iris, cette membrane subisse dans sa totalité cette dégénérescence cystoïde.

Ces théories ont été combattues plutôt par des faits que par de nouvelles données scientifiques.

NOUS EN TENIENdIONS Me AAnOUS MyérrOnNs MPSWeckermæsSe "défendre contre eFeuer. qui, dans lanmWren. Med "Presse 18/75 XVI 4" et 9 avait cité deux cas qu'il considère comme distincts par leur pathogénie, des autres faits rencontrés jusque là. Ici, il n'y avait aucun traumahsme ce quibniabencore rèn de bien étonnant, car on pourrait avoir eu affaire avec des kystes congénitaux, ou avec certains qui n'étant pas congénitaux ne peuvent certainement pas invoquer le traumatisme.

Ce que Feuer trouve d’essentiellement particulier dans ces kystes, c’est qu’ils sont dûs exclusivement à la division du tissu de l'iris en deux couches et non à° la formation des plis iriens.

En outre des règles générales qui semblent

présider à la pathogénie de ces kystes,

moe

M. Wecker admet que dans certains cas il n’est pas absolument nécessaire ni d’un enclavement préalable de l'iris dans une plaie, ni d’une synèchie postérieure, comme nous

l'avons déjà dit plus haut.

Poursles cas nquissSortentedéteemtaure pathogénique, il s’en rapporte à la faculté qu’à l’iris de se replier. sur lui-mème-Mil. combat l’idée que de telles tumeurs se puissent développer dans Wiris tquiwne renferme aucun élément propre au développement de pareilles

néoformations par rétention.

En s’avançant d'avantage, en se basant sur l’anatomie pathologique, il dit « Je ne saurais partager l’avis de M. Feuer en admettant avec lui qu'il ne serait pas compréhensible, comment et pourquoi l’uvée en perdant son pigment, se transformerait en un épithélium aussi distinct. » M. Wecker ajoute que cela s’observe dans le cas de distension progressive, l’épithélium pigmenté subit la même distension que sa

membrane d’enveloppe.

Pour conclure M. Wecker demande que des observations postérieures viennent prouver la

possibilité d’une production cystoide séreuse

SET ne

indépendamment d’un plissement. Car n’en ayant alors aucune preuve, ilcroit ne pouvoir « admettre un semblable développement, en contradiction avec tout ce que nous enseigne l’anatomie pathologique ».

Plus récemment, Schmidt-Rimpler est venu nousapporter deux casobservés parlui, etchezqui les différentes théories dela genèse pathogénique seraient obligées d'accepter un nouveau genre de production.

Cet autcur a observé un kyste séreux de l'iris, dans un œil qui était le siège de kératites récidivantes, sans qu'il y ait eu perforation de l’œil. D'apres lui. le "“mécanisme -Seérait celui-ci. L'ouverture des espaces lymphatiques (décrits par Fuchs et dont nous avons parlé ànotrechapitre d’anatomie) aurait été obstruée. Le kyste se serait alors formé par rétention. C’est ici un cas, qui ne serait, ni d’origine traumatique,ni même dû à une malformation congénitale, mais qui se serait créé delui-mème, parsuited’uneirriltation devoisinage. Nous en donnons même l’observation, où l’on voit comment l’auteur classe ce genre de tumeur. Il l’appelle « kyste idiopathique ».

Ce nom est donné à la catégorie des kystes

Re

dont l’origine est encore inconnue. Peut-être un examen plus attentif de la part de l’auteur auraitil pu faire rentrer ce cas dans l’une des classes que nous étudions.

À. l’appui de la théorie de Schmidt-Rimpler, nous trouvons un cas opéré par le professeur Hirschberg. I nous est rapporté par Ginsberg qui se basant sur l'examen microscopique de ce cas, en arrive à conclure dans le sens de Schmidt-

Rimpler.

Pour lui, les kytes séreuxnon traumatiques, sont dus à une rétention de la lymphe et sont

par conséquent des kystes par rétention.

Kystes Congénitaux

SI nous en arrivons aux kystes congénitaux nous voyons avec quelques preuves à l'appui la possibilité d'admettre cette étiologie comme très naturelle.

Dans notre chapitre d'anatomie nous avons consacré un paragraphe spécial à l’embryologie. Là, nous montrons aussi comment l'iris peut

prendre naissance.

HO

Par suite des invaginations spéciales des éléments fœtaux, on peut se rendre compte sans qu'il soit besoin d’en décrire le mécanisme, de la façon dont un bourgeon égaré de l’ectoderme peut se trouver pris dans le tissu irien. Melle de Rozenweilg nous en présente un cas tout à fait caractéristique.

Il s'agissait d’une enfant de 3 mois présentant un KYstémdepuisrla naissance” Fe professeur Euchs fit l’opération et enleva la tumeur avec le tissu irien sous-jacent.

L’examen microscopique montra qu'il s'agissait d’un kyste dermoïde. L'auteur lui donne comme origine l'inclusion d’un bourgeon égaré de Heéctoderme:

Le cas de. Clark parait moins affirmatif. [ei, le kyste bien que ne reconnaissant qu'une origine congénitale, est de nature séreuse. Ceci nous éloigne de la nature dermoïde qui pour elle seule semble faire une classification à part.

iMest résreitabletquestescas de Melle bvon Rozenweig soit unique, cependant il nous parait suffisant pour en tirer la conclusion qu'un kyste

dermoïde congénital est possible.

Ame

Kystes perlés

La pathogénie des kystes perlés est, comme nous l’avons dit dans notre chapitre d’Historique, un fait plus établi que celle des autres classes.

Une misé au point, avec expériences et preuves concluantes à l'appui, à été faite par Masse, de Bordeaux en 1885. La rareté de ce genre de kyste est plus grande que pour les autres, aussi nous sommes heureux, d’avoir à ren présenter un Cas personnel "que-nous avons étudié tout spécialement.

À notre observation, nous avons ajouté un examen microscopique d'anatomie pathologique fait sous la direction de notre maitre Male ProfessSeurme\ugien

L'étiologie "des kystes "perles esindue d’après les observations trouvées, à un traumatisme.

Comme nous l'avons dit déjà dans notre chapitre d’historique, c’est à Rothmund et à Masse que nous devons la connaissance la plus

parfaite que nous ayons de ces kystes.

he

La première théorie, donnée par Rothmund,

admet déjà l'inclusion de téguments externes.

Le principe de cette théorie est resté. Il se résume en ceci : le kyste perlé est dû à la greffe et par suite à la prolifération d’un tissu épithélial transplanté dans l'iris par un traumatisme. Cet épithélium vient, en général déSeiésuments externes (peau, CIS) "qui. Sé trouvent au voisinage de l'œil.

Mais jusque-là, rien de précis et d’affir- MALNHÉMNONOVÉE M ITOUVENUNANRVETe PETER s’élevant contre la théorie de Rothmund, il le décrit sous le nom « d’épithéloma perlé de l'iris ». Nous donnons ailleurs son observation. Ce QUE NON OVeM TOOL NC ete la possibilité d’une greffe sur le tissu irien, tissu, qui pour Imñe peut ten AucunetaconsSesmprèéter anla prolifération . de: cellules” épidermiques. : Une Sretectenempeut Adil-1Spréniremquesurdune plaie récente ou envoie de bourgeonnement.

Il fait l’examen histologique, ét il y trouve les mêmes éléments que nous trouverons pour LES MEVS Les perles MIS EDOuOmREenCOre Surele « Manuel d’histologie pathologique » de

MM. -Cornil et Ranvier qui désignent, dit-1l,

l'espèce de tumeur qui l’occupe sous le nom

d’épithéliome pavimenteux perlé.

La forme macroscopique même est encore une preuve ‘invoquée pour soutenir Sa théorie « Comment Rothmund explique-t-il pourquoi un lambeau d’épithélium conjonctival, grelffé sur l'iris, s’y développerait sous forme de kyste, c’est-à-dire poche creuse, tandis qu'une greffe épidermique donnerait naissance dans les mêmes conditions à une tumeur pleine, comme l’épithélioma perlé ? »

Malgré cela, les faits observés plus attentivement, ont détruit toutes ces allégations de

Monoyer.

La grande part due au traumatisme, la présence de cils, sont des symptômes suffisants pour qu’on s’y arrête un moment.

Le traumatisme, relevé toujours dans l’étiologie, indique spécialement qu'il est nécessaire dans la production des kystes perlés.

Le genre de trauma plus spécial qu’on rencontre, est celui avec plaie pénétrante de l'extérieur vers les parties profondes.

La fréquente présence de cils formant un

Page 1