‹ Contribution à l'Étude des Kystes de l'IrisChapitre 8 sur 26 · SOUS · texte numérisé non relu

SOUS

En sectionnant l'œil d'avant en arrière et parallèlement, on constate dans. la chambre antérieure une petite masse blanchâtre, opaque, de forme ovoïde, avant refoulé en avant la cornée, en arrière, l'iris et le cristallin. Elle remplit la Chambre antérieure et la distend. La petite masse blanchâtre à un aspect assez homogène. Avec une aiguille on en détache facilement un fragment qui dans l’eau se désagrège en fines particules, formées de lamelles transparentes dont quelques unes sont comme chiffonnées, ayant tout à fait les caractères de fines lames épidermiques ayant subi la transformation cornéenne. Outre ces squames épidermiques on trouve quelques granulations graisseuses et des lames de cholestérine absolument typiques. À ce premier examen on se rend compte que la petite masse incluse dans la chambre antérieure est formée de lames épithéliales.

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La portion de l'œil contenant la plus grande partie de la masse blanchâtre, est emprisonnée dans la celloïdine, et ultérieurement débitée en coupes minces. En pratiquant les coupes au microtome, on constate que l'action de l’éther et de l'alcool dissout une grande partie des éléments de la masse contenue dans la chambre antérieure, et que, au lieu d’être compacte elle présente des fragments irréguliers. À un moment donné vers le centre de la tumeur une strie noire, rectiligne, tranche par sa couleur, sur ce qui reste des éléments accumulés dans la chambre antérieure. On peut soupçconner qu'il s’agit d’un poil fortement pigmenté.

Fig. 2 — Coupe antéro-postérieure de l'œil, dans laquelle se trouve la tumeur.

On examine ensuite l'une des coupes dans une goutte de glycérine. On constate que la strie noire est réellement un poil. Sur les coupes un peu épaisses, elle a la forme d'un bâtonnet arrondi fortement pigmenté, surtout aux parties périphériques. Les extrémités plongent dans une masse épithéliale qui l'entoure de toutes

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parts en avant et sur les côtés. Les éléments de voisinage maintenus par la celloïdine sont uniquement constitués par des squames épidermiques, des lamelles transparentes très régulièrement disposées.

Dans la Chambre antérieure, sous forme de petits blocs, sont des squames épidermiques, qui se relient par des trainées au bloc principal, voisin du poil.

La chambre antérieure est très agrandie. Le cristallin à été fortement refoulé en arrière. Sa face antérieure est excavée et déprimée en cupule. L'iris a suivi le mouvement de recul du cristallin, l'ouverture irienne est très auginentée, les bords sont très voisins de la périphérie du cristallin. L'iris est très amincei et comme étiré mécaniquement, Les procès ciliaires, surtout d’un côté, sont peu développés et comme tassés. La cristalloïde se voit encore en avant et en arrière. En avant, sur sa face antérieure recouverte de détritus oraisseux, et çà et là, de petits amas pigmentaires sans Continuité apparente avec lPiris.

Ces petits amas se retrouvent aussi à la face postérieure de la cornée qu'ils tapissent. Ces amas sont plus abondants à mesure qu'on se rapproche de la base de l'iris et des procès ciliaires.

Les lames de la cornée sont fortement tassées, la membrane est amincie. On trouve entre ces lames çà et là des ilots de granulations opaques, étalés etallongés entre les lames cornéennes : on en trouve même sous l’'épithélium cornéen. On constate aussi en faisant varier le point optique que ce sont des coupes de vaisseaux capillaires qui partent du himbe cornéen.

L'épithélium cornéen présente sa straüfication habi-

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tuelle. Sur aucune des coupes il n’a été possible de constater l'existence d’une membrane propre, limitant le contenu de la tumeur.

Le poil est en position oblique de la base de l'iris, vers le centre de la cornée. La base même n'a pas été examinée, n'offrant aucun rapport avec la tumeur.

A un très fort grossissement (1000 diamètres) le poil apparait plus nettement. On trouve que sa partie centrale se différencie de la partie périphérique. Les cellules stratifiées et pigmentaires y apparaissent netlement.

Fig. 3. — Coupe antéro-postérieure de l'œil, faisant vis-à-vis à la figure 2. On voit une dépression dans laquelle se trouvait la tumeur.

A la face postérieure de la cornée, il est impossible de découvrir la membrane de Descemet. On y voit des amas pigmentaires qui n'existent seulement que dans le voisinage d'insertion de l'iris. Ça et là, quelques ilots de ia membrane de Descemet.

A un même grossissement, l'examen du cristallin montre que cet organe a subi des modifications.

Les fibres sont encore visibles, mais en arrière et

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dans le voisinage des bords, on constate une transformation vasculaire. En plein cristallin, on voit de grands espaces dont quelques uns sont clairs et rappellent l'aspect de vésicules adipeuses, d'autres sont remplis d'un magma geranuleux.

En arrière de l'insertion de liris, la rétine garde son apparence normale.

En examinant spécialement quelques coupes, on y trouve les mêmes dispositions, et on arrive à constater, que le coté aminci du poil, est venu buter contre la face postérieure de la cornée.

L'extrémité plus large est dans l'axe du gros fragment. La cavité de la chambre antérieure parait énorme. La cornée, fortement bombée en avant, a perdu sa forme. La chambre antérieure, au lieu d’être limitée en avant par la cornée, et la lame de l'iris, parait limitée par une rigole.

Le refoulement du cristallin, est tellement accentué qu'on trouve à son pôle postérieur, une fente d'apparence triangulaire, comme si le cristallin était presque luxé. Le poil parait être greffé dans la chambre antérieure et les cellules de son bulbe ont donné naissance à des cellules qui ont proliféré.

En colorant au picrocarmin l'une des coupes, on trouve que la masse épidermique à pris une teinte, tout comme un épithélium ordinaire, dans certaines parties cette teinte est rougeitre, dans d’autres jaunâtre.

Quant au poil, il apparait plus nettement surle fond rosé de la celloïdine.

SYMPTOMATOLOGIE

Généralement, les symptômes apparaissent assez longtemps après le traumatisme, cause déterminante, la plupart du temps, de la tumeur.

En première ligne nous constatons la présence de la tumeur. Ensuite, on trouve parfois chez le malade, de légères poussées inflammatoires. L’accroissement du kyste est en raison directe de ces symptômes d’irritation.

L’œil s’accommode Souvent très bien de la présence du kyste, mais parfois aussi, quand la tumeur continue à croître, il peut y avoir intolérance, jusque un certain point.

Alors la tumeur par son envahissement du champ pupillaire est une gêne pour la vision. C'est justement ce qui s’est présenté dans le eas mentionné dans notre observation personnelle.

On constate encore quelquefois des phéno-

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mènes de douleurs périorbitaires, de la photophobie, du larmoiement.

Les complications sont le glaucome qui serait dû à la compression excercée par la tumeur adossée à la rigole de Fontana, il s'en suivrait des troubles d’excrétion dans la nutrition de l’œil d’où glaucome, ajoutons que ce phénomène est très rare; l’irido-choroïdite ; l’ophthalmie

sympathique.

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