ROMA AS
Pb ie tic paraissait facile ; la forme et la situation de la tumeur, sa consistance inégale et sa fluctuation très étendue, son indépendance d'avec l’utérus, tout semblait affirmer l'existence d’un volumineux kyste de l'ovaire, et j’ajouterai que par son peu de mobilité nous avions porté le diagnostic de kyste inclus. Ce diagnostic entraînait une conclusion. thérapeutique des plus nettes. L’ovariotomie fut proposée à la malade et immédiatement acceptée.
L'opération eut lieu le 22 mai. La malade, après les préparatifs ordinaires, étant endormie au chloroforme, je pratiquai une laparotomie
médiane; l’incision occupait toute la région sous ombilicale et dépassait,
-en haut, l’ombilic de cinq à six centimètres.
Nous nous trouvâmes immédiatement en présence d'un très volumineux kyste de l'ovaire, qui était non seulement inclus dans le ligament large, mais qui s’était développé dans l’épaisseur du mésocôlon descendant, qu’il avait dédoublé et dont il s’était revêtu. La partie
inférieure de ce côlon et VS iliaque passaient en écharpe au-devant
de la partie inférieure, et la partie supérieure du côlon descendant
était refoulée sur le côté droit de la masse kystique.
Après avoir ponctionné une vaste poche supérieure, qui contenait environ six litres de liquide hématique, nous avons incisé le feuillet péritonéal formant le feuillet externe de ce mésocôlon descendant, qui recouvrait -le kyste, aussi loin que possible de l'intestin, afin d’en respecter davantage les vaisseaux.
Par cette incision assez large, nous avons patiemment et longuement décortiqué la paroi du kyste dont là face profonde reposait sur la paroi postérieure de l’abdomen, sur l’aorte et sa bifurcation, sur l’utérus, et remontait jusqu’à la région rénale. Cette décortication fut longue, mais se poursuivit sans incidents notables autres que la rupture et la ligature d’un certain nombre de vaisseaux. Arrivés à la paitie inférieure du kyste, qui était développé aux dépens de l’ovaire gauche, nous l'avons trouvé fortement adhérent au bord gauche de l'utérus, et nous nous sommes immédiatement décidé à pratiquer de gauche à droite une hystérectomie subtotale, qui a été assez facile.
L'utérus enlevé, nous constatons la présence d’un petit kyste ovarique droit, inelus dans l'épaisseur du ligament large droit. Il est décor-
tiqué lui aussi, et extirpé. S
RE pen
Puis nous avons suturé soigneusement notre incision péritonéale et reconstitué entièrement le mésocôlon descendant et le méso de LS iliaque, que nous avions incisé pour pouvoir décortiquer le kyste. Après avoir péritonisé complètement tout le petit bassin, nous avons refermé le ventre par trois plans de suture, en mettant dans la cavité de Doug'as une mèche de gaze aseptique qui ressortait par la partie inférieure de la plaie.
Après celte longue opération qui avait duré une heure et demie, les suites furent des plus simples. La malade n’a jamais eu la moindre fièvre. La mèche fut enlevée au bout de 48 heures.
Les points de suture ont été enlevés le 3 juin. La malade a commencé à se lever le 17 juin, et elle a quitté l'hôpital, complètement guérie le 28 juin.
J'ai eu l'occasion de revoir M°° P. dans les premiers jours d'octobre 1907 : elle est en parfait état de santé et a pu reprendre sans difficulté
toutes ses occupations.
Examen de la pièce anatomique. — Elle est composée d’un volumineux kyste développé au-dessus de l’ovaire gauche, de l’utérus et des annexes droites.
1o Le kyste qui forme la masse principale porte, à sa partie antéro-inférieure, l'utérus coupé au niveau de listhme et adhérent à la paroi kystique par sa corne gauche. La trompe gauche n’a pas été sectionnée ; la trompe droite a été sectionnée au ras de l'utérus. Celui-ci est augmenté de volume, et porte un petit fibrome au niveau de l’'isthme. En arrière de l'utérus, et le débordant à droite et à gauche, on trouve une énorme masse kystique, dont la poche principale contenait six kilos de liquide hématique. Elle pèse, vide, 1.250 grammes.
Cette masse est irréguliérement arrondie, elle est formée de plusieurs cavités, et ses parois très inégales sont, par place, très épaissies, et ailleurs, principalement du côté droit, extrêmement minces.
A la partie inférieure et gauche de la tumeur existe une formation kystique allongée, qui semble partir de la corne utérineet se dirige vers la gauche, en passant au-devant du kyste ovarique, à la paroi duquel elle est accolée, puis elle s'infléchit en arrière en contournant la partie
latérale gauche du kyste sans y être intimement unie, car on peut intro-
OA duire le doigt entre ces deux parties ; plus loin elle s’aecole complètement à la paroi du kyste.
Une dissection attentive permet de voir que cette poche kystique allongée n’est autre que la trompe gauche hypertrophiée et dilatée. Elle contenait un liquide clair, très différent du liquide hématique du kyste.
Le kyste de l’ovaire est un kyste multiloculaire dont les cavités sont séparées tantôt par des cloisons complètes, tantôt par des cloisons incomplètes. Par places, on trouve quelques plaques dures calcaires, et dans quelques-unes de ces cavités des végétations papillaires. Lamasse formée par les annexes droites contenait un kyste ovarique multilocu-
laire dont quelques cavités contenaient aussides végétations papillaires.